Lettre du Général d'armée Pierre de Villiers                                                                               Lundi 27 Mars 2017

 

Menace

 

 

Mon cher camarade,

 

Je  vous écris ces quelques mots depuis l’Australie où je rencontre, en ce  moment même, nos homologues militaires.  Chaque semaine, des signaux, venus des cinq continents, accréditent  l’idée d’une dégradation sécuritaire. Le monde semble, chaque jour, plus  instable et plus incertain. Ici, à l’autre bout du monde, je le mesure  tout autant. L’évolution n’a pas pu vous échapper ;  vous êtes – ou vous serez bientôt – en première ligne.

 

Nul ne peut dire précisément, aujourd’hui, comment la situation évoluera demain. Le brouillard de la guerre  s’épaissit. Le pire n’est pas certain, mais tout devient possible en raison de l’expansion du terrorisme islamiste radical et du comportement belliciste de certains  Etats-puissance.

 

Ces  deux types de menaces sont distincts, mais non disjoints. Dans les deux  cas, les stratégies reposent sur  l’imprévisibilité, l’intimidation et le fait accompli. Dans les deux  cas, la conflictualité sort du seul champ physique pour se porter  massivement sur le champ virtuel de l’information et du cyber. Dans les  deux cas, l’élévation du niveau d’agression passe  par la prolifération, les trafics d’armes ou le réarmement.

 

Car  le monde réarme. Deux exemples simplement : l’Asie consacre, cette  année, 100 milliards de dollars de  plus que l’Europe à sa défense. De l’autre côté du Pacifique, les  Etats-Unis projettent d’augmenter leur budget de 9% pour atteindre 639  m