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Mon histoire

Avant tout, comment ai-je découvert la vérité ? Je me suis toujours intéressé à la vie de mes parents. Des zones d’ombre subsistaient sur la période passée à la légion. C’est par internet que j’ai appris la vérité.

 

Malgré mon état civil avec naissance le 30 juillet 1963, ma Mère et mon Père m’ont toujours dit que je suis né à Puteaux le 16 juin 1962. Juste après ma naissance, ma Mère me confia à Madame Denyse Durand-Ruel et au Capitaine Philippe Durand-Ruel.

 

Ma mère se refugia en Belgique. J’ai fêté mes 1 an chez les Durand-Ruel. Lors de mon séjour en France en 1982, j’ai pu

voir un film de mes 1 an en super 8mm. Ensuite ma mère fuit à Madrid. Un légionnaire me fait passer les Pyrénées,

pour prendre un vol avec elle à destination de Buenos Aires en Argentine, pour y rejoindre mon grand-père le Général Paul

Gardy, mon père le Capitaine Michel Besineau et mes trois soeurs Anne, Catherine et Nathalie.

 

Ils étaient déjà installés à la Mission Tacaagle dans la province de Formosa avec mon Oncle le Capitaine Michel Glasser marié à ma tante Jacqueline Gardy. Denyse Gardy était, elle, marié avec l’ingénieur Garrigue et ma tante Dafné Gardy, âgée à l’époque de seulement 17 ans était, elle, célibataire.

 

Faisaient également partie de ce groupe le Capitaine Magnasse, le Capitaine Christian Disher, Bertrand de Gaurostarsou et plusieurs familles Pieds Noirs, les Dourain, Espinosa, Roques, Villin, Berchébachon, Demaret, Marcel Ligier entre autres.

 

Ma mère Nicole s’est mariée avec mon Papa le Capitaine Michel Besineau à Sidi Bel Abbes en 1955. En 1956, est née ma

soeur Anne, en 1957, ma soeur Catherine et en 1960, ma soeur Nathalie. A Alger, Juste après la naissance de Nathalie, ma mère a eu un terrible accident de voiture avec une dauphine contre un camion militaire. La collision fut frontale. On lui a enlevé un rein et la rate.

 

Les médecins pronostiquaient qu’elle ne pourrait pas accoucher d’un autre enfant. Le 16 juin 1962, je suis né à Puteaux et en 1963 est né Esteban a Mision Tacaaglé Formosa.

 

 

Ma soeur Anne a 4 enfants, Catherine a 3 enfants et Nathalie a 3 enfants, moi malheureusement je n’ai pas d’enfants. Le Général Gardy est arrivé en Argentine tout seul. Ma Grand-Mère était morte en 1962 d’un cancer à Anglet. Son fils François Gardy est resté en France. Seules sont venues en Argentine ses quatre filles Nicole, (ma Mère), Jacqueline mariée avec le Capitaine Michel Glasser, Denyse mariée avec l’ingénieur Gérard Garrigue, et Daphné célibataire (17 ans).

 

Le gouvernement français donna du matériel (tracteur, voiture, camion, charrue) et de l’argent au Pieds Noirs, le gouvernement Argentin nous donna de la terre (fiscale ?) à défricher. C’était de la forêt et nous vivions dans des conditions difficiles, c’est une province très pauvre sans eau potable ni électricité avec un climat tropical avec des périodes

épouvantables de sècheresse et chaleur en été de 45 degrés à l’ombre.

 

La circulation se fait sur des pistes en terre. La ville la plus proche et capitale de la province est Formosa à environ 250 kilomètres. Quand il pleuvait nous étions coincés pendant 5 à 6 jours en attendant que la route s’assèche.

 

Mes parents sont arrivés en Argentine sans connaitre un seul mot d’espagnol. De plus, dans cette région on parlait le Guarani ou le Tobas (référence à des tribus indiennes).

 

Personne ne cultivait la terre. Leurs multiples tentatives se sont souvent soldées par des échecs. Ils firent du tournesol et quand la culture était Les Tobas Les Guarani Philippe et Nicole Besineau

 

 

prête à être récoltée, les perroquets l’ont ravagée et ils ne purent la récolter.

 

En 1963, ma mère a accouché de mon petit frère Esteban. Il mourra à l’âge de trois ans empoisonné par le « paration », un insecticide utilisé dans la culture coton. Ce fut un coup très dur pour ma famille.

Esteban et Philippe

 

 

En 1969, De Gaulle vient en Argentine pour un voyage officiel. Je m’en souviens très bien, j’avais à l’époque 6 ou 7 ans. Un régiment de gendarme vint à la ferme pour s’assurer que personne ne prenne l’initiative de vouloir l’assassiner. Ce fut également la période où il signa une amnistie qui permit ainsi à l’ensemble de ma famille de pouvoir retourner en France.

 

Mon Oncle le capitaine Michel Glasser et son épouse rejoindra la France et fera toute sa carrière à la société Otis (ascenseurs). Il fut directeur pour l’Argentine, le Brésil, le Mexique et le Liban. Mes parents, mon grand-père, et quelques autres Pieds Noirs ne voulurent pas rentrer car ils avaient une haine contre la France. Mon grand-père faisait un voyage chaque année en France avec le LEUGENIO (paquebot italien). Ainsi en 1975, il prit sa peugeot 404 pour monter à Buenos Aires (1400 kms). Il quitta l’autoroute dans la ville de Rosario. Un train le tua net à un passage à niveau.

 

Ce fut un coup très dur pour notre famille, surtout pour ma mère qui avait pour lui une profonde admiration. J’ai également été très affecté. Je me souviens qu’à chacun de ses voyages en France, il me ramenait un mécano. C’est lui qui me montait

les camions et les grues pour que je puisse jouer avec. Il me les démontait ensuite. J’ai de très bons souvenirs de mon

grand-père. Je me souviens aussi des corrections qu’il me donnait. Je les ai bien mérités car j’étais terrible. A l’âge de 4 ans je conduisais les tracteurs et les voitures. Je vivais tout nu et pieds nus. Ma mère me reconnaissait parmi les Indiens car j’avais les fesses blanches. À l’âge de 12 ans, ma mère m’obligea à aller à Buenos Aires rejoindre mes soeurs et rentrer au collège français. Ce fut un coup très dur pour moi car tout d’un coup, j’ai dû m’habiller, me chausser et communiquer avec

beaucoup de monde.

 

Mes parents décident d’acheter une propriété de 20 hectares à 60 kilomètres de la capitale Buenos Aires. Ma mère qui faisait

remarquablement la cuisine, décide de créer un restaurant « Chez Nicole ». J’ai fini mon BAC et j’ai travaillé ensuite dans le restaurant d’où ma passion pour la cuisine. J’ai également fait des études de cuisine gastronomique.

 

Après mon BAC, je devais faire mon service militaire. Comme j’avais la double nationalité, je devais choisir ou le faire en Argentine ou en France ou encore être déserteur. Malheureusement, j’ai choisi l’Argentine et de ce fait j’ai fait la guerre des Malouines. Je fus affecté à un régiment qui s’occupait de l’approvisionnement en munitions. Pendant 4 mois, nous chargions jour et nuit des trains et des camions de munitions. La guerre se termine en Octobre 1982. Comme je ne peux pas commencer mes études d’agriculture car l’année scolaire était commencée, je décide de partir en France pendant moins d’une année chez les Durand Ruel à Rueil Malmaison et au Château de la Valouze à la Roche Chalais en Dordogne (propriété de Philippe Durand-Ruel.

 

À cette époque, la soeur de ma mère Denise a dit à mon père Michel Besineau et à ma mère : « dites-lui la vérité car Philippe Durand Ruel et Roger Degueldre étaient de très bons amis ». Mais mon père répondit :

 

« Philippe est mon fils et je ne veux plus que l’on reparle de cette histoire. »

 

J’ai vécu une semaine à Rueil-Malmaison et une semaine au Chateau de La Roche Chalais.

 

A Paris, j’ai aidé pour les expositions des artistes tel que Cesar, Armand, Jean-Pierre Rainaud, Christo, Laviet et autres. Au Chateau nous faisions des orchidées. 

 

A Paris, j’ai connu dans des réunions des parachutistes tel que Daniel Lot (le prisonnier des Viets), Capitaine Bonelli, le Capitaine Pierre Sergent (Qui est venue plusieurs fois en Argentine chez mes parents) Le Général Jaques Favro.

 

Le jour de la Légion, le 30 avril, nous étions à Aubagne. J’ai assisté à la remise de la main du Capitaine Danjou au Commandant Morin. Le soir nous avons couché chez Elie de Saint Marc. Pour la période des vacances de juillet, je suis parti en Corse pour travailler dans un camping. A Bonifacio, les Corses ne nous ont pas laissés travailler. Tous les après-midi, j’allais à la porte de la caserne de la Légion.

 

Je suis reparti de France. J’ai fait comme convenu des études d’agriculture. Je suis ensuite retourné à Formosa dans la propriété de mon oncle où nous faisions des cultures maraichères (environ 300 ha de tomates, poivrons, aubergines, courgettes, et citrouille. J’y ai travaillé pendant 4 ans et je suis retourné à Buenos Aires. Là-bas, et j’ai été embauché dans une entreprise qui fournissait des produits à base d’herbes aromatiques dans toutes les grandes surfaces de la capitale.

 

En 2000, mes parents me proposent de monter ma propre entreprise dans leur ferme. C’est comme cela qu’est née "Zeralda produits aromatiques et petit légumes". J’avais comme clients les grandes surfaces et une quarantaine de Restaurants. Ma mère et mon père, avaient monté le restaurant "Chez Nicole" dans les années 1982. Ils eurent beaucoup de succès pendant une quinzaine d’années. Ma mère était une excellente cuisinière. Moi, j’ai pris gout à la cuisine grâce à Elle. J’ai fait des études de chef restaurateur. Puis, j’ai monté mon restaurant dans la propriété qui s’appelait "Bambu casa de te" qui a très bien marché jusqu’à ce que l’on découvre ma maladie.

 

C’est comme cela que j’ai dû abandonner mon travail et aller vivre à Buenos Aires près de l’hôpital où je me fais soigner actuellement. Je ne peux plus travailler. J’ai une importante insuffisance cardiaque (15 % du coeur). Mon coeur se détériore de jour en jour. J’espère pouvoir être inscrit sur une liste d’attente en vue d’une greffe. Cette greffe ne sera pas facile car ici en Argentine le don d’organe n’est pas aussi avancé qu’en France. Mon épouse est l’unique revenu de la maison. C’est pour nous très difficile d’arriver à la fin du mois.

Cette situation me déprime.

 

***

 
Le 22 nov. 2016 à 10:47, Philippe Besineau a écrit :
 

Bonjour  Monsieur Constantin Lianos,

 

merci beaucoup pour avoir remis une plaque en la mémoire de mon Grand Pere avec qui j'ai vécu toute mon enfance. Je vous envoie quelques photos du General.

 

Avez vous connue mon Pere et ma Mère ?. Je m excuse de mon français ecrit car je parle parfaitement mais je commets des horreurs d'orthographe, je vous prends plus de votre temps merci beaucoup en memoire de mon Grand Pere.

 

Très amicalement

Philippe Bertrand Roger Besineau