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350è anniversaire du dernier rempart de Marseille

Vidéo ce cette visite sur le lien suivant :  https://youtu.be/N-wqHFh4LUY

Madame, monsieur,

Chères et chers collègues et confrères,

Chères et chers amis,

Accueil des participants par la présidente Alice Faure et Jean Noël Beverini

 

Je vous prie de bien vouloir trouver ci-joint la relation de la célébration du 350° anniversaire du dernier rempart de Marseille, ce  samedi 3 décembre.

 

Veuillez recevoir, avec mon souhait de bonne lecture, l'expression de mes plus sincères et amicales  salutations.

Jean Noël Beverini (membre de la commission culture de l'AACLEM).

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Un bel anniversaire: 350 bougies pour le Rempart historique de Marseille.

 

Quel bel anniversaire! Si inattendu il y a encore quelques semaines. Ce n'est pas tous les jours que l'on a la chance de célébrer 350 ans d'existence! Car tel est bien l'âge respectable, cette année, du dernier rempart de Marseille datant de 1666.

 

Sous la présidence d'Alice Faure et la conduite de Jean Noël Beverini, l'Association des Amis de l'Huveaune et nombre de ses passionnés se sont retrouvés samedi 3 décembre à 11 H 00 rue des Lices, au coeur du 7° arrondissement de Marseille, devant le fragment du vestige long toutefois d'une centaine de mètres, comme le rappelle Adrien Blès, l'ami tant regretté, dans son Dictionnaire des rues de Marseille (Ed. Jeanne Laffitte). Le site est l'un des plus riches de l'Histoire de la cité: à deux encablures de l'Abbaye de Saint-Victor, de la "via sancta" (la rue Sainte), de l'ancien arsenal des Galères et de la rive Sud du Port dominée par la basilique de Notre-Dame de la Garde. Quel site plus historique! Que rêver de plus riche? Ce désir de restauration du rempart se fonde également sur cet écrin historique au sein duquel il s'élève. Comment le maintenir dans un tel état d'oubli, d'abandon et de dégradation? N'ayons pas peur des mots: une aberration.

 

Quelle honte, en effet. Notre rempart qui a toujours été pacifique est l'une des cinq fleurs de lys du Grand Siècle à Marseille:

- L'Hôtel de ville est sans surprise entretenu,

- Les Forts Saint-Jean et Saint Nicolas également,

- La vieille Charité a retrouvé une jeunesse accueillante.

- Seul le rempart du Grand Siècle est tombé et reste dans l'oubli. Incohérence. Si les murs ont parfois des oreilles, ils peuvent difficilement parler (Je reprends là une belle expression). Les oreilles municipales, elles, sont restées fermées.

 

Belle découverte que la présence et l'adhésion de nombreuses autres associations venues appuyer cette volonté de restauration du rempart et sa remise dans un état de dignité qu'il n'aurait jamais dû quitter. Le CIQ Saint-Victor (M. Gilbert Laurens), le collectif Laisse béton (M. Guy Coja), Marseille Autrement (M. Jacques Ricodeau), le Comité du Vieux Marseille (M. Jacques Mouton), l'AACLEM (M. Egon Holdorf), Marseille Patrimoine et Mémoire (M. Jean Marc Deveney). Ils étaient tous là dans une douce fraîcheur de fin de matinée du dernier mois de l'année mais dans une chaleur de conviction et d'amitié difficile à exprimer. Magnifique constatation que cet intérêt puissant pour notre patrimoine historique marseillais. Je vous prie de croire que cela fait chaud au coeur et justifie tous les efforts entrepris pour réveiller de leur satisfaisante somnolence "les ouvriers qui s'endorment comme les vierges folles de l'Évangile".

 

Après l'accueil côté Sud, rue des Lices, passage du côté Nord, côté ville si tagué, et comme le faisait remarquer un participant:

-" Le côté "campagne" est net; c'est le côté ville qui est atteint!"

Il n'y a pas de mots pour décrire ces maux.

 

Évocation des trois histoires de notre rempart:

 

-  Tout d'abord, Nicolas Arnoul et sa construction qui accorde à la ville un nouveau poumon pour respirer. Nicolas Arnoul, si oublié. L'homme auquel Colbert confia la mission de créer l'arsenal des galères et de rénover une ville qui s'endormait. Il est vrai que notre Nicolas, qui commença sa carrière comme commissaire de la marine, aimait peu les marseillais. Il choisit portant Marseille pour dernière demeure. Son tombeau a été détruit.

 

- Ensuite nos fiers cordiers marseillais qui donneront son nom au Boulevard de "La Corderie". Ils s'installèrent au pied du rempart qui offrait tout l'espace nécessaire à leur activité pour confectionner et commettre leurs cordages, si prisés car Marseille était réputée dans ce bel Art maritime. Moment de sourire quand il fut évoqué que le rempart aurait pu être aussi un lieu de rendez-vous galant selon l'expression du temps: "Mettre une femme sur le rempart". La galanterie n'a pas d'âge! Les flèches de Cupidon seraient les seules que notre coquin de rempart aurait alors connues.

 

- Enfin, Jean-Baptiste de La Salle et l'Institution des Frères des Écoles chrétiennes. "La première ZEP de Marseille  en 1707"  selon la si évocatrice et heureuse appellation de Marsactu dans l'un de ses articles. Jean-Baptiste de La Salle, poursuivant l'oeuvre du curé de Saint Laurent, décide de créer ici la première école gratuite pour les enfants pauvres de Marseille. Enseignement en français dispensé en classes collectives. Comme le rappelle ensuite Jean-Pierre Simi, vice-président des Amis de l'Huveaune, les Frères enseignaient le français, la lecture, le catéchisme, les mathématiques, l'histoire et la géographie, le dessin, l'architecture et ... à Marseille précisément l'hydrographie parce que nous sommes un port. Comment avoir oublié tout cela? Tout cela que raconte notre rempart comme nul autre monument à Marseille. Nous devrions avoir l'oreille particulièrement attentive et ouverte pour des raisons qu'il est inutile de préciser.

 

Retour côté "campagne" , c'est à dire rue des Lices. Alice Faure dévoile la belle couronne de fleurs accrochée sur le rempart au dessous de la plaque de bronze rappelant son élévation en 1666. La caméra toujours fidèle de Jacques Mouton enregistre depuis le début de la matinée le déroulement de l'anniversaire du rempart. Merci Jacques. Le docteur Annie Levy-Mozziconacci nous fait l'honneur de sa présence d'autant plus remarquable qu'elle est la seule élue à être présente en adhésion totale au soutien de cette "action légitime". Merci Docteur. Irons-nous jusqu'à dire: une élue qui brise le "mur" (ou le rempart) du silence! Grand moment d'émotion lorsque Jean et Magali Djidjijian, en costume traditionnel, se mettent à jouer des airs provençaux avec tambourins et galoubets. Jean, grand ami, professeur de musique en Conservatoire, est un ancien de la prestigieuse Musique des Équipages de la Flotte de Toulon. Tous deux ont choisi des partitions exceptionnelles: la musique du Grand Siècle! Au pied du rempart, pour l'anniversaire de ses 350 ans. Quel symbole! Quel symbole aussi d'entendre la "Coupo Santo" résonner ici. Mistral, le grand Frédéric doit applaudir, j'en suis sûr. Un car de touristes descendant de Notre-Dame de la Garde s'arrête. Quelle belle image donnée de la ville et de ses traditions. Un moment, chacun oublie les Tags irrévérencieux, pour plonger seulement dans l'Histoire, dans la richesse culturelle de notre ville et de notre Provence.

 

Noël est un temps de miracle. Que le Père Noël municipal puisse nous apporter dans sa hotte la bonne nouvelle de la restauration de notre rempart. "I have a dream ..." Cela nous rappelle un espoir. "Légitime" aussi.

 

La journée est loin d'être terminée et se poursuit au Cercle de Garnison où nous sommes attendus pour déjeuner. Avec les deux Forts, Saint-Nicolas où nous sommes et Saint-Jean que nous avons en face de nous, le Grand Siècle nous saute à nouveau dans l'assiette! Nouvelles interprétations enthousiastes de nos deux musiciens. Jean explique que déjà dans le Versailles du Roi Soleil les instruments de musique provençale étaient présents. Il a à coeur de transposer aussi des partitions classiques pour nos instruments traditionnels. Ceux sur lesquels Jean et Magali jouent sont d'ailleurs remarquables par leur qualité sonore, leur ancienneté, leur décor en frises gravé dans le hêtre et le noyer. Une très gracieuse figure féminine apparaît entre deux guirlandes de feuilles d'olivier. Magali enchante en commentant, non sans humour, le costume provençal qu'elle porte si gracieusement. Quelle belle présence d'amitié.

 

Alice et son époux, le docteur Jacques Faure, cardiologue, les remercient chaleureusement. Élisabeth Plantey, si férue d'Histoire et de généalogie, Paul Di Roma ancien urbaniste en chef de l'État, dont la présence avec son épouse est remarquable et symptomatique, comme celle de Égon Holdorf, vice-président des Anciens combattants de la Légion Étrangère (AACLEM) et son épouse, le major Futin, représentant le maître principal Philippe Chovet, premier vice président de l'ACOMAR et président régional, madame Spinosa, du 7° arrondissement et qui découvre le Cercle, Jean-Luc Fontaine et madame, actifs s'il en est au sein des Amis de l'Huveaune, et tant d'autres, à tous ..., Merci pour votre présence à cet anniversaire de notre historique Rempart. Voyez, désormais je je qualifie avec la majuscule qu'il mérite. Jean-Pierre Simi et René Pierini couronnent (couronner est le bon verbe, nous sommes au Grand Siècle) l' après midi, le premier par la présentation de l'exposition qu'il a spécialement préparée sur les remparts de Marseille, sa passion, et qu'il commente sous les regards attentifs et admiratifs non seulement de nos amis et naturellement de son épouse Jacky, mais des présents au Cercle pour le déjeuner et qui sont enchantés de telles découvertes et animations musicales et historiques. Au sommet des remparts du Cercle qu'il connaît bien, René Pierini fait revivre également l'histoire de nos antiques murailles. Lui qui fouilla  si souvent de si nombreux sites en compagnie d'archéologues reconnus fait surgir de notre profonde mémoire ancestrale les remparts archaïques, hellénistiques, romains et médiévaux de Marseille.

 

Moment de nous quitter et de remercier le Cercle Ganteaume pour son remarquable accueil, car il n'est pas de meilleure Compagnie qui ne sache se séparer. Il est, dans l'Histoire des hommes, des murs qu'il faut abattre. Plusieurs ont été abattus. Il en est d'autres qu'il faut respecter. Le mur de la Corderie, notre dernier Rempart historique, est l'un de ces murs. Un mur qui unit. Un mur qu'il convient enfin d'honorer. Puisse cette magnifique journée d'anniversaire être entendue. Il est urgent d'entendre.

 

Jean Noël Beverini

 

Interventions des nombreuses associations venues soutenir l'action de restauration du Rempart: CIQ Saint-Victor (M. Gilbert Laurens) Collectif Laisse béton (M. Guy Coja)

Marseille Autrement (M. Jacques Ricodeau) Comité du Vieux Marseille (M. Jacques Mouton)

AACLEM (M. et Mme Egon Holdorf)

Marseille Patrimoine et Mémoire (M. Jean-Marc Devenez)

La passionnante Histoire de notre rempart: L'intendant Nicolas Arnoul, les cordiers de Marseille et Jean-Baptiste de La Salle

Dévoilement de la gerbe de fleurs en l'honneur des marseillais bâtisseurs du rempart par la présidente Alice Faure en présence du docteur Annie Levy-Mozziconacci (élue)

Jean et Magali interprétant des compositions musicales provençales datant du Grand siècle

Quel symbole au pied même du Rempart!

Nos amis musiciens à nouveau au Cercle Ganteaume durant le déjeuner: Plus qu'un concert: une émotion avant de découvrir l'exposition de Jean-Pierre Simi et les commentaires de René Pierini