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LETTRE D'INFORMATION - OCTOBRE 2017

Armée française : perte de confiance

Après des décennies de réduction de leurs effectifs et de diminution de leurs ressources financières, les armées sont  d’autant plus en situation critique qu’elles sont engagées dans de nombreuses opérations longues et difficiles. Dans le prolongement de ces années qui ont suscité chez elles le doute et la méfiance, les évènements de cet été ont conforté ces sentiments chez nombre de chefs et de cadres militaires. Il appartient donc aux responsables politiques de restaurer d’urgence la confiance ébranlée, non par des promesses ambigües, mais par des décisions claires et par des actes cohérents.

Une baisse continue de l’effort de Défense depuis 40 ans

Tous les gouvernements, depuis près de 40 ans, n’ont eu de cesse de prélever tous les ans, et malgré les lois de programmation votées, une part des ressources destinées à la Défense. Le budget de ce ministère a ainsi constitué une variable d’ajustement utilisée en vue de réduire le déficit systématique de  celui de l’Etat sans d’ailleurs y parvenir. En effet, les responsables politiques de tous bords ont prélevé des sommes considérables au détriment des armées sans que cela ait eu un quelconque effet sur la dette. 

Ainsi, en moins de 40 ans,  le budget consacré aux armées (hors pensions de retraite) est passé de près de 3% du produit intérieur brut (PIB) en 1980 à moins de 1,5%  aujourd’hui. En outre, la professionnalisation effectuée dans un cadre financier toujours plus contraint a conduit,  à partir de 1996, à une réduction considérable des effectifs à laquelle se sont ajoutées la suppression de 54 000 hommes durant la période de la loi de programmation (LPM) 2009-2014 et celle de 26 000 hommes durant la LPM de 2014-2019. Il aura fallu les attentats de 2015 puis de 2016 pour que soient suspendues puis arrêtées des déflations prévues.

Des conséquences graves et durables

Depuis lors, les hommes et les femmes des armées, sollicités dans de nombreux engagements opérationnels  au-delà de leurs possibilités, s’épuisent. Ces déflations ont aussi induit d’innombrables dysfonctionnements dont l’exemple le plus connu est le fiasco du logiciel de paiement de la solde des personnels de l’armée de Terre « Louvois ».  Six  ans après le constat de cette situation, de nombreux militaires ne perçoivent toujours pas le montant exact des rémunérations dues, ce qui entraîne pour eux des complications, voire des situations  financières critiques. Ce contexte, pourtant inacceptable et qui n’aurait jamais été supporté par aucune autre institution ou entreprise, le sera par les armées jusqu’en 2021 soit encore pendant plus de 10 ans, montrant de manière très concrète, l’indifférence, voire le mépris affichés par la classe politique envers ceux qui servent la France et parfois meurent pour elle.

Notre armée est aujourd’hui  à bout de souffle, et la crédibilité des dirigeants politiques est durablement entamée par trop de promesses oubliées, d’attitudes et de propos méprisants le plus souvent tenus, d’ailleurs, par des ignorants de la chose militaire.

Quelles perspectives ?

Les déclarations et les engagements pris ont été nombreux durant la campagne électorale : « remontée en puissance », « 2% du PIB », « première puissance militaire européenne » … Mais qu’en est-il dans les faits ?

1- Le chef d’état-major des Armées à qui il revient de veiller notamment à l’équipement et aux bonnes conditions de vie des soldats qu’il commande, jusqu’au sacrifice de leur vie si la mission l’exige, a dû démissionner, quelques jours après avoir été prolongé d’un an, pour avoir exposé sans détour la réalité de la situation des armées aux représentants du peuple devant la commission de la Défense.  

2- Une coupe de 850 millions d’euros  sur le budget 2017 contraint à des reports de programmes d’équipement et des incertitudes demeurent sur le devenir des sommes « gelées » du budget de cette année.

3- Pour 2018, le gouvernement annonce une augmentation de 1,8 milliard d’euros du budget dont 200 millions iront abonder le poste Opex. Donc, à périmètre constant, c’est en réalité 1,6 milliard avec lequel il faudra financer ce qui n’a pas pu l’être en 2017 du fait de la coupe de 850 millions. On voit qu’en réalité  l’augmentation n’est plus que de 750 millions d’euros. Il n’y aura donc pas de remontée en puissance mais une légère remontée budgétaire si toutefois les sommes gelées sont disponibles en fin d’année, ce qui devrait permettre au moins de financer les engagements pris par monsieur Hollande avant de quitter sa fonction.

4- L’objectif annoncé d’un budget (hors pensions et Opex) de 2% du PIB en 2025, rappelé par madame Parly le 6 juillet 2017 devant la commission de la Défense, a évolué, notamment quand à Toulon elle a déclaré qu’en passant de 32,7 milliards à 34,4 milliards de 2017 à 2018 le budget passera  de 1,78 à 1,83% du PIB. Or le PIB 2017 est estimé à 2 283 milliards et la prévision pour celui de 2018 est de 2 349 milliards, ce qui fait passer le budget hors pensions de 1,43% à 1,46%. Cette ambiguïté jamais levée est perçue comme une tromperie, particulièrement dévastatrice au sein des armées.

Soutenir notre armée : un devoir 

Les Français, qui aiment leur armée et en qui ils ont confiance à 85%,  veulent majoritairement qu’elle soit mieux équipée. Quant au soldat, il ne croit plus guère aux déclarations et promesses d’une classe politique qui ne s’est souciée de son armée que pour  soigner sa propre  image.

Les Français exigent maintenant de ceux qui dirigent le pays et qui envoient son armée combattre l’ennemi islamiste, les ressources financières indispensables à sa remontée en puissance : il faut rétablir la cohérence de ses capacités, remettre en état et moderniser ses matériels, accroître ses effectifs, améliorer les conditions de vie de ses soldats. 
Ils exigent aussi que soit reconnu à leurs chefs le devoir absolu de dire la vérité à la représentation nationale et à la Nation tout entière y compris, s’il le faut, à travers les médias.

L’ASAF soutient l’armée. Elle développera son action pour que cette institution demeure au cœur de la Nation et dans celui des Français, et pour que la Défense reste le premier devoir de l’Etat.


La REDACTION
www.asafrance.fr

 

 COREE, ALLONS NOUS VERS LA GUERRE ? 

Thomas Flichy de La Neuville 

Il y a deux jours une officine britannique déclarait que le risque de guerre était à prendre au sérieux en Corée. Cette annonce mérite quelques réflexions : 

1 – Le duel rhétorique entre Donald Trump et Kim-Jong-un profite aux deux présidents. Il permet aux Etats-Unis en pleine rétractation géopolitique de donner l’illusion de la puissance. Il permet d’autre part au président de la Corée du nord de négocier en position plus avantageuse le prochain accord nucléaire.

2 - Véritable pont entre la Chine et le Japon, la Corée fut très tôt soumise à des forces extérieures antagonistes influant sur le destin des royaumes qui la constituaient. C’est ainsi que le royaume du Koguryo au nord, s’opposa à celui de Baekje au sud-ouest. Après avoir résisté pendant longtemps à la pression chinoise, le môle de résistance du nord fut transformé en une marche militaire de la Chine. Quatre commanderies militaires y furent installées dès le VIIe siècle. Cette contrée inaccessible, fut soumise aux attaques de l’Empire maritime Japonais à la fin du XIXe siècle.

3 – Les petites phrases de Kim-Jon-Un doivent être mises en perspective. Depuis les années 1850, les récits de voyage en Corée soulignent en effet l’importance de la culture du parler haut et de la provocation chez les Coréens du nord. Le missionnaire catholique français Charles Dallet (1829-1878) écrivait : « En Corée en parle toujours sur un ton très-élevé, et les réunions sont extraordinairement bruyantes. Crier le plus haut possible, c’est faire preuve de bonnes manières » Or « Ceux des deux provinces du Nord, sont plus forts, plus sauvages, et plus violents que les autres Coréens ».

4 – La Corée se présente comme un théâtre ancien de la lutte entre empires maritimes et puissances continentales. En 1894 et 1895, la Chine continentale s’oppose à la puissance maritime japonaise. Quelques années plus tard, la Russie tsariste y est battue par le Japon. Aujourd’hui, la puissance navale américaine s’est substituée à celle de l’empire japonais. Même si les empires maritimes et continentaux se jaugent depuis des millénaires sur la péninsule coréenne, ils ne se font qu’exceptionnellement la guerre. 

5 – Malgré les tensions en cours, l’idée de complémentarité entre les deux Corées est présente depuis longtemps dans les médias des deux pays. L’expression traditionnelle namnam pungnyŏ, suggère par exemple que le couple coréen idéal est celui que forment un homme du Sud (namnam) et une femme du Nord (pungnyŏ). 

6 - La Chine est aujourd’hui le seul pays du monde à entretenir des relations étroites avec les deux Corées dans le contexte d’une péninsule coréenne divisée. Globalement, la politique chinoise vis-à-vis de la péninsule comprend trois tendances : réduction des tensions concernant le dossier nucléaire nord-coréen, maintien des liens traditionnels et des relations économiques avec la Corée du Nord et coopération économique avec la Corée du Sud. Quant au programme nucléaire nord-coréen, il constitue un enjeu de sécurité majeur pour les autorités chinoises, non pas parce qu’il constitue une menace directe dirigée contre la Chine, mais par ses éventuelles conséquences sur une prolifération à l’échelle régionale.   

7 – L’évolution économique des deux Corées peut nous surprendre : ainsi, la Corée du Sud se rapproche actuellement  de l’Iran, pays avec lequel elle entretient  des relations économiques très suivies. A l’inverse la Corée du nord, s’intègre depuis les années 2000 dans l’économie libérale mondialisée. Les négociations se font d’ailleurs de plus en plus en dollars ou en yuans.

8 – Notre imaginaire littéraire entretient une double image de la Corée qui se présente à la fois comme le pays du matin calme et le royaume des ermitages. C’est peut être dans la mesure où la Corée représente un espace marginal dans notre conscience collective que nous avons du mal à nous extirper des discours simplificateurs à son égard. En réalité, le regard de la France en Extrême-Orient a longtemps porté ailleurs, vers une péninsule symétrique de la Corée mais située au sud : l’Indochine.

La Chine n’a donc aucun intérêt à déstabiliser la péninsule coréenne, ce qui provoquerait des migrations très importantes sur son territoire. Les Etats-Unis sont encore trop empêtrés au Moyen-Orient pour concentrer l’intégralité de leurs forces dans le Pacifique. Qui plus est, leurs problèmes intérieurs sont actuellement leur priorité. Quant au Japon, il n’a aucun intérêt à ce que la péninsule coréenne se réunifie car un géant émergerait à moyen terme à ses côtés. Pour ces raisons variées, la montée en cours des tensions doit être nuancée.

Général de Villiers : « La logique du toujours plus avec moins conduit tôt ou tard à la défaite »

© photo Constantin LIANOS - www.monsieur-legionnaire.org)

Depuis quelques mois, le chef d’état-major des armées (CEMA), le général Pierre de Villiers, publie régulièrement des « lettres à un jeune engagé » dans lesquelles il défend les valeurs qui doivent animer chaque militaire.

Dans sa dernière livraison, le CEMA aborde un sujet délicat en ces temps de campagne électorale. En effet, il a choisi de parler des « moyens » nécessaires aux armées pour qu’elles puissent accomplir leurs missions, au-delà de la force morale dont font preuve, chaque jour, les militaires français.

Dans les affaires militaires, il n’est pas possible de tout maîtriser. Et, pour le général de Villiers, il faut donc « accepter que certains paramètres puissent nous échapper ». En revanche, poursuit-il, « s’il y a bien un paramètre sur lequel le pays dispose d’une liberté souveraine pour agir, c’est celui du choix des moyens pour assurer sa défense. »

Et, pour le CEMA, c’est une question de « lucidité » pour « évaluer la menace à son juste niveau et comprendre le danger, avant qu’il ne soit trop tard » mais aussi de « volonté » afin de « consentir, à temps, les efforts nécessaires et suffisants à la régénération de la force. » Et d’insister : « dans le brouillard de la guerre, il y a, au moins, une chose de sûre : la logique du ‘toujours plus avec moins’, poussée au-delà de toute mesure, expose les soldats et conduit, tôt ou tard, à la défaite. »

Comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises, le général de Villiers a de nouveau parlé d’un « effort de guerre », qui relève de la « responsabilité du pays ». Insistant sur le fait que le devoir des armées est d’entretenir et d’employer leurs moyens « à bon escient » car, dit-il, « nous ne sommes pas ignorants des difficultés budgétaires du pays », le CEMA rappelle simplement qu’il faut des moyens pour couvrir le « besoin d’équipements pour protéger, de munitions pour combattre, de soutien logistique pour durer, de personnels formés, entraînés et motivés pour gagner. »

« Nous ne nous plaignons pas. Nous demandons seulement à avoir les moyens de nos responsabilités, au quotidien, bien sûr et, encore plus, au combat », résume-t-il.

 

Lettre du Général d'armée Pierre de Villiers                                                                               Lundi 27 Mars 2017

 

Menace

 

 

Mon cher camarade,

 

Je  vous écris ces quelques mots depuis l’Australie où je rencontre, en ce  moment même, nos homologues militaires.  Chaque semaine, des signaux, venus des cinq continents, accréditent  l’idée d’une dégradation sécuritaire. Le monde semble, chaque jour, plus  instable et plus incertain. Ici, à l’autre bout du monde, je le mesure  tout autant. L’évolution n’a pas pu vous échapper ;  vous êtes – ou vous serez bientôt – en première ligne.

 

Nul ne peut dire précisément, aujourd’hui, comment la situation évoluera demain. Le brouillard de la guerre  s’épaissit. Le pire n’est pas certain, mais tout devient possible en raison de l’expansion du terrorisme islamiste radical et du comportement belliciste de certains  Etats-puissance.

 

Ces  deux types de menaces sont distincts, mais non disjoints. Dans les deux  cas, les stratégies reposent sur  l’imprévisibilité, l’intimidation et le fait accompli. Dans les deux  cas, la conflictualité sort du seul champ physique pour se porter  massivement sur le champ virtuel de l’information et du cyber. Dans les  deux cas, l’élévation du niveau d’agression passe  par la prolifération, les trafics d’armes ou le réarmement.

 

Car  le monde réarme. Deux exemples simplement : l’Asie consacre, cette  année, 100 milliards de dollars de  plus que l’Europe à sa défense. De l’autre côté du Pacifique, les  Etats-Unis projettent d’augmenter leur budget de 9% pour atteindre 639  milliards de dollars, en 2018.

 

Tout  nous indique que nous avons changé d’époque. La France et, plus  largement, le continent européen ne sont  plus totalement préservés des crises, qui traversent un monde désormais  ouvert et globalisé. Nous sommes entrés dans le temps du courage. Nous  avons le devoir de regarder la réalité en face ; sans la noircir, ni  l’exagérer mais avec le souci de l’exactitude  et de la lucidité. C’est le retour de l’histoire.

 

Je le dis, à temps et à contretemps : face à ces menaces, notre modèle d’armée complet est la meilleure garantie  de protection de la France et des Français. 

 

Mais  il y a une autre garantie, plus importante encore ? Cette garantie,  nous l’avons en nous. C’est notre  courage ; notre espérance ; notre sens du service ; nos valeurs. Vous  le savez, les temps difficiles permettent souvent aux hommes, comme aux  nations de développer ce qu’ils ont de meilleur. C’est le cas  aujourd’hui. J’y vois une opportunité.

 

Sur ce plan, je voudrais terminer sur deux recommandations. Ce sont les deux attitudes à opposer, en priorité,  à ces menaces. Etre vigilant, d’abord, pour ne pas être pris, à revers, par surprise. Garder l’œil ouvert. Veiller, ce qui signifie à la fois « rester éveillé » et « protéger ». Etre unis, surtout, car les menaces se nourrissent de la  discorde. Elles prolifèrent sur le terreau de la division. Opposons à  ces menaces notre unité, notre force, notre cohésion. Il n’y a rien de  plus dissuasif !

 

Comme annoncé précédemment, je vous parlerai, dans ma prochaine lettre, des missions qui évidemment découlent  des menaces. 

 

Fraternellement,

 

Général d’armée Pierre de Villiers

Lettre du général d’armée Pierre de Villiers
"Cohérence"
Mise à jour  : 21/03/2017

Mon cher camarade,

Nous avons de belles armées ; admirées par nos concitoyens, respectées par nos alliés, craintes par nos adversaires. Aujourd’hui, comme chaque jour et chaque nuit, depuis plus de deux ans, 30 000 soldats, marins et aviateurs, d’active et de réserve, sont en posture opérationnelle. Vous êtes – ou vous serez très prochainement – l’un de ceux-là !

Dans la bande sahélo-saharienne, au Levant, sur le territoire national, partout où elles sont déployées, nos armées soutiennent un niveau d’engagement inédit, dans des conditions souvent éprouvantes et compliquées. Ce week-end, encore, à Orly, la réaction professionnelle et maîtrisée de trois de vos camarades a permis la neutralisation d’un individu dangereux qui s’apprêtait à mettre à exécution son projet terroriste.

Tous ces succès, petits et grands, ici et là-bas, ne sont possibles que s’il existe une exacte cohérence entre les menaces auxquelles nous sommes confrontés, les missions qui nous sont confiées et les moyens qui nous sont octroyés. Or, cette cohérence est fragile. Elle exige une remise en cause permanente. Un défaut de vigilance et nous risquerions de n’être prêts que pour la guerre d’hier !

Dans un monde chaque jour plus instable et plus incertain, personne ne peut dire que le niveau de menace va s’abaisser prochainement. Nous devons donc conserver la garde haute ! Notre modèle complet d’armée nous le permet. Le mot « complet » est central. Il signifie que, par leurs aptitudes différentes et complémentaires, nos trois armées sont capables d’agir à 360°, contre l’ensemble des menaces sur terre, en mer, dans l’espace aérien, sans oublier le cyberespace.

Notre modèle complet est bon, je l’ai dit ; mais il s’use ! Je le sais et vous le constatez vous-mêmes, au quotidien, au quartier, à l’entraînement ou en opérations. Il n’y a pas de fatalité. Je suis déterminé, et les chefs d’état-major d’armée avec moi, à tout faire pour inverser la tendance, au plus vite, et régénérer notre modèle au nom de la cohérence.

J’identifie, pour cela, deux axes d’effort : obtenir, bien sûr, pour vous et vos camarades, les moyens nécessaires pour remplir vos missions, mais aussi, améliorer votre vie quotidienne par un ajustement du soutien et un plan d’action en matière de condition du personnel.

Ce sont là mes priorités. A elles deux, elles justifient ce que j’ai appelé l’« effort de guerre » ; autrement dit, l’augmentation du budget que la nation doit consacrer à son armée, dans les années à venir. Je défends ce besoin devant nos autorités politiques et la représentation nationale.

A vous, je demande de faire de la cohérence un de vos principes de vie : cohérence entre vos paroles et vos actes ; cohérence entre votre comportement et votre état de militaire ; cohérence entre votre préparation individuelle et les missions, parfois délicates, qui vous serons confiées. Je sais pouvoir compter sur vous.

Dans ma prochaine lettre, je rentrerai, davantage, dans le détail du triptyque « menaces – missions – moyens », en commençant avec les menaces, telles que je les analyse, aujourd’hui.

Fraternellement,

Général d’armée Pierre de Villiers


Sources : État-major des armées 
Droits : Ministère de la Défense