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EN FLÂNANT À TRAVERS TEHERAN 

Thomas Flichy de La Neuville 

Je fus saisi à ma descente d’avion par cette espèce d’odeur un peu âcre qui me rappelait que j’avais retrouvé Téhéran la miséreuse et son haleine pétrolière. Le temps d’attendre une heure en compagnie d’un acheteur de tapis italien et d’un allemand en mission interlope, je me frayai un chemin dans la rue, égayé par le concert étrange des imperceptibles coups de klaxon qui accompagne le flot anarchique des voitures. L’on circule bien la nuit sous les banderoles à la gloire du régime et il me fallut attendre la chaleur du jour suivant pour examiner la façon dont la ville avait changé. Téhéran est sans doute la capitale du bricolage électrique, les compteurs surchargés de fils sont autant de points d’interrogation au sujet des incendies qui ne se déclenchent pas. Les marchands sont partout, étonnamment jeunes, et vendent à peu près tout, jusqu’au débris rouillés d’une cave que l’on a vidée. Les boutiques entassent un bric-à-brac indescriptible où un oiseau en cage chante parmi des pièces de moteur pour moto. De jeunes iraniens poussent des chariots antiques à bras sur lesquels ils entassent de la pacotille de chine ou des bouteilles de soda. L’on vous propose des noix fraîches, des pistaches ou de petites pêches à chaque coin de rue. Mais il faut acheter vite pour éviter d’être écrasé par la moto qui passe. Quant aux vendeurs de melons, ils entassent leurs denrées dans une petite camionnette et déambulent les rues en annonçant le prix à l’aide d’un haut parleur. Du huitième étage d’un immeuble, une femme ouvre sa fenêtre et les interroge sur la qualité de la marchandise. Les affaires ne semblent pas au beau fixe : trop de marchands sans doute et trop peu d’acheteurs. La pauvreté est réelle en tout cas. Il n’est que de voir les malades qui entrent en clopinant dans Sina hospital, un pied bandé entouré d’un sac en plastique. Quant au Muze-ye Melli-ye Irān, le musée chargé de mettre en valeur le passé préislamique de l’Iran, l’on y voit que peu de pièces et encore moins de visiteurs. Après plusieurs décennies de sanctions, qui semblent avoir conforté le régime, l’Iran manque d’investissements et une partie de la jeunesse rêve parfois de partir quelques années ailleurs :  en France ou en Corée du Sud et pourquoi pas aux Etats-Unis. Ceci ne la dispense pas de la plus exquise politesse, vestige de la civilisation qui fut. Bref, beaucoup de pauvres parmi lesquels se glissent quelques occidentalisés des quartiers nord. Ces derniers ont leurs endroits : au parc Laleh, par exemple, l’on minaude, ou l’on joue aux échecs à l’ombres des arbres. Une femme s’est parée d’un drapeau américain en guise de voile. A la sortie du métro, qui diffuse des valses viennoises, l’on distingue parfois un jeune Mollah, coiffé d’un turban d’une blancheur surnaturelle et rehaussant sa robe d’une coquette cape de bure lui tombant jusqu’aux pieds. Il a l’élégance et la bonté, en tout cas les passants l’écoutent aujourd’hui  et le vénèreront peut être demain. Une jeune fille au tchador rose, passe rapidement à côté de lui, un violon à la main.

 Le gouvernement a supprimé facebook, twitter et youtube depuis 2009, mais toute la jeunesse y accède par le biais de proxys. Quant aux septuagénaires, ils déclament toujours des poèmes lorsqu’ils vous croisent. Ici, la frange fidèle à la révolution estime que Rohani n’a gagné l’élection que par des moyens déloyaux et qu’il a trahi intérieurement son propre régime. Aussi les forces profondes proposent elles de le rejeter à la périphérie. Mais tout est calme et il n’y a rien de plus sûr que la capitale pour flâner. Cela durera t’il ? Malgré les quelques annonces flatteuses sur les marchés conclus avec l’étranger, le développement semble suspendu. Pourtant les investisseurs sont là, attirés par le gigantesque marché, et ne sachant pas toujours comment l’aborder. Dans ce contexte, l’Iran hésite entre la posture du loup maigre et vindicatif vouant aux gémonies les puissances qui ont provoqué son jeûne forcé et celle du marchand affable, prêt à converser aimablement avec tous ses voisins pourvu que les affaires reprennent enfin. Le guerrier raidi et le marchand malicieux, voici peut être l’héritage antinomique qui se perpétue pour mieux travailler l’Iran par ses contradictions. A l’Université, la créativité inépuisable du professorat se plait à catégoriser, définir les mots et surtout inventer de nouveaux concepts. Tout espace clos tend à sécréter ses propres légendes : l’on entend ainsi dans un cours que les peaux-rouges seraient sur le point de se révolter aux Etats-Unis ou bien que les Israéliens auraient négocier pour obtenir un territoire où se fixer en Australie dans quelques décennies, après que leur Etat se soit effondré. A côté de cela, beaucoup de réflexions sont frappées au coin du bon sens : Ensani ke robot nist, déclare un professeur : l’être humain n’est pas un robot. Les étudiantes viennent en métro ou elles jouissent du privilège de choisir entre les wagons réservés aux femmes - situés à l’avant et à l’arrière du train – ou bien de se mêler aux hommes. La mode est ici de se faire raccourcir le nez dans les cliniques des quartiers nord de Téhéran. Ce sont en tout cas les seules à prendre des notes et à transmettre des questions sous la forme de petits papiers qui remontent vers la chaire professorale. Elles se promènent avec un port de reine, mais après tout, la révolution les y autorise peut être.

 L’autobus qui se rend de Téhéran à Qom tient à partir plein. Comme il reste quelques places, il part la porte ouverte. Le receveur des billets se place à l’entrée en hélant les passants à tous les carrefours : Qom, Qom ! La municipalité a planté de nombreux arbres, à proximité immédiate des quartiers sud. Mais après quelques kilomètres, toute végétation disparaît pour laisser place à un désert aride, éclairé à un moment par la croute blanche du lac salé. A Qom, la ville sainte, les Irakiens chiites ont installé leur bazar, dans un quartier qui jouxte le sanctuaire de Fatima Massoumeh. Ils proposent du jus de melon glacé aux pèlerins qui déambulent vers la mosquée avant de se diriger vers le sanctuaire des Martyrs. La ferveur religieuse a t’elle tendance à croître ? Le succès du pèlerinage vers l’Irak tendrait à le montrer, toujours est il que les Iraniens sont également tentés par d’autres préoccupations. La généralisation des téléphones portables les rend moins volubiles qu’il y a une décennie. Le chargeur de portable est d’ailleurs l’objet qui se vend le plus facilement dans le métro même si les vendeurs n’ont parfois que six à sept ans. Les pouvoirs publics, se préoccupent du grand enfermement électronique et diffusent actuellement des affiches dans le métro montrant un homme gisant à terre dans une prison carrée formée par 4 i-phones. Un médecin, muni d’une trousse de secours se dirige vers lui. Quant à la télévision, elle diffuse à plein régime un modèle consumériste avancé, mettant en vedette des familles réduites de la classe supérieure, dans un décor esthétisé. Dans ce cadre, le voile semble simplement une touche de couleur, faisant partie du décor. 

            

Le grand bazar de Téhéran a singulièrement changé. Même si l’on peut encore trouver quelques recoins pittoresques à peindre, il s’est progressivement aseptisé  et l’on y crie moins fort qu’autrefois. Les échoppes sont devenues de véritables magasins avec vitrines, au moins dans certaines avenues. Cela ne lui ôte pas son charme pour autant car le marché central, grouillant de vie est encore présent. A l’entrée, plusieurs groupes bruyants de marchands achètent des monnaies et enchérissent à la voix avec un téléphone dans la main. Ici, l’on ne recule devant rien pour vendre. Aussi tel marchand de poussins n’a t’il pas hésité à teindre une partie des petits oiseaux en rose ou en bleu pour attirer l’attention des passants, tel autre a peint la tête des cactus à la vente d’une couleur fluorescente afin de simuler une anomalie naturelle. Certaines parties du bazar ont été restaurées ou agrandies avec de jolies briques neuves Le soir, les marchandises restent sur place, simplement recouvertes d’un drap. Tant il est vrai que les voleurs ne sont pas craints. Au nord, l’une des fiertés de la ville est le musée dédié à la guerre Iran-Irak. Devant ses portes sont exposées les quatre voitures de savants nucléaires éliminés par l’usage de bombes magnétiques. Il est adossé à une mosquée et débute par la galerie des papillons une salle dédiée aux âmes des combattants illustres. Un film d’image de synthèse montre un insecte monstrueux dévorant une carte d’Iran. Mais la pièce la plus étrange, est certainement ce long couloir parfumé au dessus duquel sont suspendues des milliers de plaques d’identité militaires éclairées par une lumière rouge. Ce long couloir des martyrs mène tout simplement au paradis, c’est à dire à une pièce monumentale, éclairé par un lustre immense, et dont deux buffets gigantesques, dorés à l’or fin, réfléchissent la lumière. Vous cherchiez un musée, l’Iran a déployé toutes les ressources de sa sensibilité pour vous plonger au cœur d’un mausolée.

 

Tamas WEBER a écrit plusieurs livres. Il est commandeur de l'Ordre National du Mérite et ancien combattant, blessé en Algérie.

Ce livre est une tresse d’éléments historiques, de raisonnements et d’instant vécus pendant le cours d’une vie qui ne sera jamais assez longue et, qui malgré les changements de décors, les péripéties quelquefois tragiques dans un milieu de guerre, reflète une volonté, une force et une énergie de surmonter l’adversité et d’élever la ligne d’horizon pour apprécier les lendemains.

 

Tamas WEBER est ancien Légionnaire et membre à vie de l'Amicale des Anciens Combattants de la Légion Étrangère

Ami du Lieutenant-colonel Constantin LIANOS et du Capitaine Thierry LECAILLON.

Il est un des rares étrangers à intégrer le corps des Officiers de l'armée suédoise.

Un livre à lire absolument !

Autres liens avec Tamas WEBER :

Karaté - Légion Étrangère - Stockholm

http://sanshin-kan-france.e-monsite.com

http://www.sanshinkankarate.com/kan/index.php/sv

Constantin LIANOS

Président-fondateur de Monsieur-Légionnaire

Président de l'AACLEMP

De l'opération Serval aux attentats de Paris et Bruxelles

L'émergence et le développement de l'État islamique répondent à une stratégie régionale et mondiale théorisée par des idéologues djihadistes et des officiers irakiens. Le départ des jeunes français en Syrie et les attentats de Paris et de Bruxelles de 2015 et 2016 s'inscrivent à la fois dans cette stratégie politique et dans un projet religieux islamiste.

Dans cette nouvelle forme de guerre contre le djihadisme international à laquelle la France est confrontée, il existe désormais un deuxième front, un front intérieur. Cet ouvrage présente les aspects géopolitiques et religieux des crises que traverse notre pays et analyse le phénomène djihadiste à partir des revues et des vidéos de l'État islamique, ainsi que des témoignages de djihadistes allemands et français.

Je corresponds avec Gregor MATHIAS depuis quelque temps déjà. Ce soir j'ai assisté à la conférence qu'il a donné à Marseille  avec le thème "le terrorisme du FLN et le contre-terrorisme en métropole pendant la guerre d'Algérie".

Sujet qu'il maitrisait parfaitement et il explique de manière claire dans son livre "La France ciblée - Terrorisme et contre-terrorisme pendant la guerre d'Algérie" que je vous recommande ! 

Gregor Mathias est docteur en histoire et chercheur associé au centre Roland-Mousnier à l'université Paris-Sorbonne. Spécialiste des questions de sécurité et de défense en Afrique, il est l'auteur de plusieurs articles et ouvrages en histoire et en géopolitique, sur la guerre d'Algérie et les récentes opérations de l'armée française au Mali et en Centrafrique. 

Constantin LIANOS

President-Fondateur de Monsieur Légionnaire

Président de l'AACLEM

À monsieur Edmond Rostand de la part de Roxane

En ce jour de printemps, j’ai reçu votre lettre.

Faut-il donc aujourd’hui, dites-le moi, peut-être

Vous appeler « Cher Maître » et non plus cher Rostand ?

Ainsi filent les jours, ainsi coule le temps !

Qu’importent les honneurs, vous restez mon poète.

Roxane pour toujours c’est vous qui l’avez faite.

Si j’ai franchi le seuil de la postérité,

Vos vers en sont la cause, non mes frivolités.

Mon ami, que de mots avons-nous échangés

Du haut de mon balcon, que d’élans partagés !

Enfant déjà c’est vous qui me faisiez jouer

Au parc de Bergerac tout au milieu des blés ;

C’était le temps des jeux, « des mûrons aigrelets »,

Le temps où je faisais tout ce que vous vouliez :

« Roxane, en jupons courts, s’appelait Madeleine »

Quand je vous ai perdu, si vous saviez ma peine.

Vous voilà allongé dans un tombeau tout neuf

Resplendissant, brillant et lisse comme un œuf.

J’en suis fière pour vous, mon Rostand, mon poète

Nous, vivants, nous aurions fait la fête.

Quel que soit la beauté de votre nouveau marbre,

Votre tombe toujours, à l’ombre de son arbre,

Sera t-elle jamais assez large et profonde,

Assez haute, assez fière, ici en ce bas monde

Pour tenir en ses murs tout cet élan de vie

Ce panache, Rostand, qui crie votre génie ?

 

Post Scriptum :

J’adresse cette lettre au cousin Cyrano,

En copie à l’Aiglon, Chantecler, Ragueneau

Et puis au clair de lune par un rayon d’argent.

Je le fais de ce pas, cher Édmond, cher Rostand.

Et demain nous irons, à l’heure de l’aurore

Cueillir des rimes encore, encor, encor, encor …

 

Lettre reçue ce jour et retransmise

 par Jean Noël Beverini

« Merci les gars de la marine » disait l’alpiniste face à la paroi sa corde en mains, prêt à faire son nœud avant de s’élancer vers le sommet. En effet si l’art de la marine est aussi vieux que l’homme poussé par son instinct de découverte de terres lointaines, l’alpinisme quant à lui est né au 15ème siècle : en juin 1492  Charles VIII est roi de France et en visite en Dauphiné il ordonne à Antoine de Ville, le gouverneur de la Province, de gravir le Mont Aiguille et d’atteindre le plateau sommital car « aucune terre de France ne peut rester inaccessible ». Ironie de l’histoire maritime, en cette même année le roi de France refusait à un certain Christophe Colomb des subsides pour financer la nouvelle routes des Indes qu’il proposait ! Ainsi était né la première ascension reportée dans les chroniques, qui fut considérée par le roi de France comme plus crédible qu’une nouvelle route maritime !

Mais revenons sur le lien entre marin et alpiniste : c’est grâce à un grand nombre de nœuds développés dans la marine que l’escaladeur assure sa sécurité, nœuds identiques mais liens différents : s’il n’y a pas de corde pour le marin, celle de grimpeur se distingue du cordage et du « bout » marin par son élasticité qui lui permet de s’allonger lors des chutes du grimpeur pour éviter sa rupture ou l’arrachement des pitons sous un choc trop violent.

Parmi les nœuds utilisés en alpinisme ou escalade, on compte principalement les nœuds d’encordement, les nœuds d’assurage, les nœuds de jonction,  les nœuds d’ancrage, et les nœuds autobloquants. Un certains nombre est issus de la marine mais pas exclusivement puisqu’on en trouve d’origine de pêche et bien sûr certains sont spécifiques à l’escalade. En voici un inventaire des plus usités :

1)     Les nœuds d’encordement :

Ils sont utilisés pour fixer la corde d’assurage sur le baudrier ou dans les temps anciens directement à la taille. Ils sont simples à réaliser et ne doivent pas glisser sous tension ; ils sont en outre plus ou moins facilement dénouables après avoir été mis sous forte tension.

1.1.  Le nœud de chaise :

Son origine est marine : il est ainsi appelé car le gabier s’asseyait dedans pour être suspendu dans le gréement ;  il sert à présent à s’amarrer sur la bite d’un quai.  En alpinisme il est encore très utilisé pour l’encordement à condition d’être couplé avec un double nœud d’arrêt, mais on lui préfère de nos jours le nœud de huit.

1.2.  Le nœud de huit :

C’est LE nœud à connaître en escalade : très sécuritaire il fragilise peu la corde et a supplanté le nœud de chaise. Il est auto-serrant (plus il est sous tension moins il se desserre) et ne nécessite pas de nœud d’arrêt ;  mais en contrepartie il est plus difficile à desserrer que le nœud de chaise.

Son origine  est aussi maritime : il est noué sur les écoutes afin qu’elles ne s’échappent pas des poulies par exemple.

2)     Les nœuds d’assurage :

Voilà des nœuds que le marin n’utilise pas  ; ils sont utilisés en alpinisme pour assurer le second de cordée ou descendre une charge : le nœud est fixé sur un mousqueton lui-même fixé au relais, la corde coulisse bien dans le mousqueton mais sous l’effet d’une tension elle est freinée voire totalement bloquée.

2.1. Le demi cabestan :

C’est un nœud réversible qui permet de tendre la corde « avaler le mou » pour assurer la progression du second ou inversement de « donner du mou » pour le descendre et de le bloquer sans effort en cas de chute.

                                    2.2. Le nœud de cœur :

C’est un nœud véritablement autobloquant en cas de tension sur la corde. Il s’utilise avec deux mousquetons.

3)     Les nœuds de liaisons :

Les grimpeurs les utilisent souvent pour abouter deux brins de corde principalement pour préparer un rappel ou bien faire un anneau de cordelette.

                                    3.1. Le double nœud de pêcheur :

Les grimpeurs l’ont emprunté aux pêcheurs bien-sûr. Son avantage est qu’il se desserre facilement après avoir été mis sous forte charge mais attention il doit être au préalable correctement serré car sinon il glisse et là danger pour le grimpeur ! C’est un nœud très symétrique qui a tendance à se coincer sur les aspérité et les fissures du rocher lorsqu’on tire le rappel.

                                    3.2. Le nœud de poing :

Appelé aussi nœud de guide ou nœud de rappel ou simple, c’est le plus facile à faire pour relier deux brins. Il est asymétrique et se coince donc plus difficilement sur le rocher c’est pourquoi on le préfère au double nœud de pêcheur.

4)     Les nœuds d’ancrage :

Ils sont utilisés en alpinisme pour se fixer au relais – « se longer » ou fixer une charge pour se . Le plus usité est le nœud de cabestan.

                                    4.1. Le nœud de cabestan :

Voilà un vrai nœud de marin le plus utilisé en alpinisme : arrivé au relai, le grimpeur fixe un mousqueton sur un anneau du relai et fait son nœud de cabestan si facilement qu’il peut le faire d’une seule main. Son avantage est qu’il est réglable : la brin entre nœud et grimpeur est facilement ajustable sans le défaire ce qui garantit une parfaite sécurité.

Le marin quant à lui l’appelle aussi nœud de capelage : pour amarrer son embarcation, il capelle une boucle puis une seconde sur un point fixe.

                                    4.2. Le nœud de papillon :

C’est un nœud qu’on installe au milieu de la corde et non pas sur une extrémité, il est utilisé pour installer une « main courante » par exemple ou isoler une blessure dans la corde . Son avantage est d’être multidirectionnel.

5)     Les nœuds autobloquants :

C’est une famille de nœud que le marin n’utilise pas mais qui est indispensable pour la sécurité du grimpeur. Lors d’une descente en rappel ou de remontée sur corde, le grimpeur utilise une cordelette en boucle qu’il noue autour de la corde de rappel : dans la descente ou la progression, le nœud coulisse autour de la corde et se bloque si le grimpeur y applique son poids.  

Il en existe plusieurs types avec différentes variantes, dont voici les deux plus emblématiques :

                                    5.1. Le nœud de Prussik :

Karl Prussik, professeur de musique autrichien, le mit au point durant la Première Guerre mondiale pour réparer les cordes cassées des instruments de musique. En 1931, il en publia la méthode afin d'offrir aux alpinistes un moyen de s'auto-assurer.

                                    5.2. Le nœud de Machard :

Il a été inventé en 1961 par le jeune grimpeur marseillais Serge Machard qui malheureusement se tua à l’âge de 18 ans à la paroi des toits au dessus de la calanque de Sugiton. Il nous a laissé en héritage, le nœud autobloquant  le plus simple et le plus facile à débloquer et donc le plus utilisé de nos jours en alpinisme et escalade.

 

En conclusion, l’alpiniste et le grimpeur ont d’abord puisé chez les gens de mer les nœuds qui fixent la corde sur un point comme les nœuds d’ancrage et d’encordement. D’autres origines ont aussi enrichi la famille des nœuds jusqu’aux grimpeurs eux-mêmes bien-sûr. On dénombre environ 70 nœuds  en alpinisme incluant leurs variantes, le grimpeur débutant ne connaîtra que le nœud de huit, alors que le grimpeur confirmé en maîtrisera une bonne vingtaine, et en utilisera une demi-douzaine dans une course standard.

 

Marc Beverini,
Docteur en Sciences,
Grimpeur et alpiniste depuis plus de trente ans.

 

Références :

-        Crédit photos : Marc Beverini

-        Les nœud. Pierre Renault ;  Edt. J.P. Gisserot (2009)

-        Les alpinistes. Yves Ballu ; Edt. Arthaud, (1986)

-        www.cordevasion.com

www.lesnoeuds.com    

     

                      Nœud de huit                                                                      Nœud de chaise

    

                           Nœud de cabestan                                                           Nœud de papillon

     

                                    Double nœud de pêcheur                                                 Nœud de poing             

               

                                        Nœud de cœur                                                          Nœud demi-cabstan

                    

                                     Nœud de Prussik                                                         Nœud de  Marchand 

                        

 Merci à Marc BEVERINI (frère du Cre en chef JN Beverini) pour cet éclairage !

Constantin LIANOS

Président-fondateur de Monsieur Légionnaire