350è anniversaire du dernier rempart de Marseille

Madame, monsieur,

Chères et chers collègues et confrères,

Chères et chers amis,

 

Je vous prie de bien vouloir trouver ci-joint la relation de la célébration du 350° anniversaire du dernier rempart de Marseille, ce  samedi 3 décembre.

 

Veuillez recevoir, avec mon souhait de bonne lecture, l'expression de mes plus sincères et amicales  salutations.

Jean Noël Beverini (membre de la commission culture de l'AACLEM).

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Un bel anniversaire: 350 bougies pour le Rempart historique de Marseille.

 

Quel bel anniversaire! Si inattendu il y a encore quelques semaines. Ce n'est pas tous les jours que l'on a la chance de célébrer 350 ans d'existence! Car tel est bien l'âge respectable, cette année, du dernier rempart de Marseille datant de 1666.

 

Sous la présidence d'Alice Faure et la conduite de Jean Noël Beverini, l'Association des Amis de l'Huveaune et nombre de ses passionnés se sont retrouvés samedi 3 décembre à 11 H 00 rue des Lices, au coeur du 7° arrondissement de Marseille, devant le fragment du vestige long toutefois d'une centaine de mètres, comme le rappelle Adrien Blès, l'ami tant regretté, dans son Dictionnaire des rues de Marseille (Ed. Jeanne Laffitte). Le site est l'un des plus riches de l'Histoire de la cité: à deux encablures de l'Abbaye de Saint-Victor, de la "via sancta" (la rue Sainte), de l'ancien arsenal des Galères et de la rive Sud du Port dominée par la basilique de Notre-Dame de la Garde. Quel site plus historique! Que rêver de plus riche? Ce désir de restauration du rempart se fonde également sur cet écrin historique au sein duquel il s'élève. Comment le maintenir dans un tel état d'oubli, d'abandon et de dégradation? N'ayons pas peur des mots: une aberration.

 

Quelle honte, en effet. Notre rempart qui a toujours été pacifique est l'une des cinq fleurs de lys du Grand Siècle à Marseille:

- L'Hôtel de ville est sans surprise entretenu,

- Les Forts Saint-Jean et Saint Nicolas également,

- La vieille Charité a retrouvé une jeunesse accueillante.

- Seul le rempart du Grand Siècle est tombé et reste dans l'oubli. Incohérence. Si les murs ont parfois des oreilles, ils peuvent difficilement parler (Je reprends là une belle expression). Les oreilles municipales, elles, sont restées fermées.

 

Belle découverte que la présence et l'adhésion de nombreuses autres associations venues appuyer cette volonté de restauration du rempart et sa remise dans un état de dignité qu'il n'aurait jamais dû quitter. Le CIQ Saint-Victor (M. Gilbert Laurens), le collectif Laisse béton (M. Guy Coja), Marseille Autrement (M. Jacques Ricodeau), le Comité du Vieux Marseille (M. Jacques Mouton), l'AACLEM (M. Egon Holdorf), Marseille Patrimoine et Mémoire (M. Jean Marc Deveney). Ils étaient tous là dans une douce fraîcheur de fin de matinée du dernier mois de l'année mais dans une chaleur de conviction et d'amitié difficile à exprimer. Magnifique constatation que cet intérêt puissant pour notre patrimoine historique marseillais. Je vous prie de croire que cela fait chaud au coeur et justifie tous les efforts entrepris pour réveiller de leur satisfaisante somnolence "les ouvriers qui s'endorment comme les vierges folles de l'Évangile".

 

Après l'accueil côté Sud, rue des Lices, passage du côté Nord, côté ville si tagué, et comme le faisait remarquer un participant:

-" Le côté "campagne" est net; c'est le côté ville qui est atteint!"

Il n'y a pas de mots pour décrire ces maux.

 

Évocation des trois histoires de notre rempart:

 

-  Tout d'abord, Nicolas Arnoul et sa construction qui accorde à la ville un nouveau poumon pour respirer. Nicolas Arnoul, si oublié. L'homme auquel Colbert confia la mission de créer l'arsenal des galères et de rénover une ville qui s'endormait. Il est vrai que notre Nicolas, qui commença sa carrière comme commissaire de la marine, aimait peu les marseillais. Il choisit portant Marseille pour dernière demeure. Son tombeau a été détruit.

 

- Ensuite nos fiers cordiers marseillais qui donneront son nom au Boulevard de "La Corderie". Ils s'installèrent au pied du rempart qui offrait tout l'espace nécessaire à leur activité pour confectionner et commettre leurs cordages, si prisés car Marseille était réputée dans ce bel Art maritime. Moment de sourire quand il fut évoqué que le rempart aurait pu être aussi un lieu de rendez-vous galant selon l'expression du temps: "Mettre une femme sur le rempart". La galanterie n'a pas d'âge! Les flèches de Cupidon seraient les seules que notre coquin de rempart aurait alors connues.

 

- Enfin, Jean-Baptiste de La Salle et l'Institution des Frères des Écoles chrétiennes. "La première ZEP de Marseille  en 1707"  selon la si évocatrice et heureuse appellation de Marsactu dans l'un de ses articles. Jean-Baptiste de La Salle, poursuivant l'oeuvre du curé de Saint Laurent, décide de créer ici la première école gratuite pour les enfants pauvres de Marseille. Enseignement en français dispensé en classes collectives. Comme le rappelle ensuite Jean-Pierre Simi, vice-président des Amis de l'Huveaune, les Frères enseignaient le français, la lecture, le catéchisme, les mathématiques, l'histoire et la géographie, le dessin, l'architecture et ... à Marseille précisément l'hydrographie parce que nous sommes un port. Comment avoir oublié tout cela? Tout cela que raconte notre rempart comme nul autre monument à Marseille. Nous devrions avoir l'oreille particulièrement attentive et ouverte pour des raisons qu'il est inutile de préciser.

 

Retour côté "campagne" , c'est à dire rue des Lices. Alice Faure dévoile la belle couronne de fleurs accrochée sur le rempart au dessous de la plaque de bronze rappelant son élévation en 1666. La caméra toujours fidèle de Jacques Mouton enregistre depuis le début de la matinée le déroulement de l'anniversaire du rempart. Merci Jacques. Le docteur Annie Levy-Mozziconacci nous fait l'honneur de sa présence d'autant plus remarquable qu'elle est la seule élue à être présente en adhésion totale au soutien de cette "action légitime". Merci Docteur. Irons-nous jusqu'à dire: une élue qui brise le "mur" (ou le rempart) du silence! Grand moment d'émotion lorsque Jean et Magali Djidjijian, en costume traditionnel, se mettent à jouer des airs provençaux avec tambourins et galoubets. Jean, grand ami, professeur de musique en Conservatoire, est un ancien de la prestigieuse Musique des Équipages de la Flotte de Toulon. Tous deux ont choisi des partitions exceptionnelles: la musique du Grand Siècle! Au pied du rempart, pour l'anniversaire de ses 350 ans. Quel symbole! Quel symbole aussi d'entendre la "Coupo Santo" résonner ici. Mistral, le grand Frédéric doit applaudir, j'en suis sûr. Un car de touristes descendant de Notre-Dame de la Garde s'arrête. Quelle belle image donnée de la ville et de ses traditions. Un moment, chacun oublie les Tags irrévérencieux, pour plonger seulement dans l'Histoire, dans la richesse culturelle de notre ville et de notre Provence.

 

Noël est un temps de miracle. Que le Père Noël municipal puisse nous apporter dans sa hotte la bonne nouvelle de la restauration de notre rempart. "I have a dream ..." Cela nous rappelle un espoir. "Légitime" aussi.

 

La journée est loin d'être terminée et se poursuit au Cercle de Garnison où nous sommes attendus pour déjeuner. Avec les deux Forts, Saint-Nicolas où nous sommes et Saint-Jean que nous avons en face de nous, le Grand Siècle nous saute à nouveau dans l'assiette! Nouvelles interprétations enthousiastes de nos deux musiciens. Jean explique que déjà dans le Versailles du Roi Soleil les instruments de musique provençale étaient présents. Il a à coeur de transposer aussi des partitions classiques pour nos instruments traditionnels. Ceux sur lesquels Jean et Magali jouent sont d'ailleurs remarquables par leur qualité sonore, leur ancienneté, leur décor en frises gravé dans le hêtre et le noyer. Une très gracieuse figure féminine apparaît entre deux guirlandes de feuilles d'olivier. Magali enchante en commentant, non sans humour, le costume provençal qu'elle porte si gracieusement. Quelle belle présence d'amitié.

 

Alice et son époux, le docteur Jacques Faure, cardiologue, les remercient chaleureusement. Élisabeth Plantey, si férue d'Histoire et de généalogie, Paul Di Roma ancien urbaniste en chef de l'État, dont la présence avec son épouse est remarquable et symptomatique, comme celle de Égon Holdorf, vice-président des Anciens combattants de la Légion Étrangère (AACLEM) et son épouse, le major Futin, représentant le maître principal Philippe Chovet, premier vice président de l'ACOMAR et président régional, madame Spinosa, du 7° arrondissement et qui découvre le Cercle, Jean-Luc Fontaine et madame, actifs s'il en est au sein des Amis de l'Huveaune, et tant d'autres, à tous ..., Merci pour votre présence à cet anniversaire de notre historique Rempart. Voyez, désormais je je qualifie avec la majuscule qu'il mérite. Jean-Pierre Simi et René Pierini couronnent (couronner est le bon verbe, nous sommes au Grand Siècle) l' après midi, le premier par la présentation de l'exposition qu'il a spécialement préparée sur les remparts de Marseille, sa passion, et qu'il commente sous les regards attentifs et admiratifs non seulement de nos amis et naturellement de son épouse Jacky, mais des présents au Cercle pour le déjeuner et qui sont enchantés de telles découvertes et animations musicales et historiques. Au sommet des remparts du Cercle qu'il connaît bien, René Pierini fait revivre également l'histoire de nos antiques murailles. Lui qui fouilla  si souvent de si nombreux sites en compagnie d'archéologues reconnus fait surgir de notre profonde mémoire ancestrale les remparts archaïques, hellénistiques, romains et médiévaux de Marseille.

 

Moment de nous quitter et de remercier le Cercle Ganteaume pour son remarquable accueil, car il n'est pas de meilleure Compagnie qui ne sache se séparer. Il est, dans l'Histoire des hommes, des murs qu'il faut abattre. Plusieurs ont été abattus. Il en est d'autres qu'il faut respecter. Le mur de la Corderie, notre dernier Rempart historique, est l'un de ces murs. Un mur qui unit. Un mur qu'il convient enfin d'honorer. Puisse cette magnifique journée d'anniversaire être entendue. Il est urgent d'entendre.

 

Jean Noël Beverini

Accueil des participants par la présidente Alice Faure et Jean Noël Beverini

Interventions des nombreuses associations venues soutenir l'action de restauration du Rempart: CIQ Saint-Victor (M. Gilbert Laurens) Collectif Laisse béton (M. Guy Coja)

Marseille Autrement (M. Jacques Ricodeau) Comité du Vieux Marseille (M. Jacques Mouton)

AACLEM (M. et Mme Egon Holdorf)

Marseille Patrimoine et Mémoire (M. Jean-Marc Devenez)

La passionnante Histoire de notre rempart: L'intendant Nicolas Arnoul, les cordiers de Marseille et Jean-Baptiste de La Salle

Dévoilement de la gerbe de fleurs en l'honneur des marseillais bâtisseurs du rempart par la présidente Alice Faure en présence du docteur Annie Levy-Mozziconacci (élue)

Jean et Magali interprétant des compositions musicales provençales datant du Grand siècle

Quel symbole au pied même du Rempart!

Nos amis musiciens à nouveau au Cercle Ganteaume durant le déjeuner: Plus qu'un concert: une émotion avant de découvrir l'exposition de Jean-Pierre Simi et les commentaires de René Pierini

 LE SITE DE CONSTRUCTION DE LA RÉSIDENCE « LES LOGES »

BOULEVARD DE LA CORDERIE À MARSEILLE 

NE PAS BLESSER MAIS ENRICHIR L’HISTOIRE DE LA VILLE

Jean Noël BEVERINI 

                                   Marseille, le 18 octobre 2016

SOMMAIRE 

  1. Objet  de l’étude
  2. Le site sous la Préhistoire
  3. Le site sous l’Antiquité
  4. Le site au Moyen-Âge
  5. Le site sous l’époque moderne
  6. Un rempart qui fête cette année 2016 ses 350 ans d’existence
  7. Un environnement riche d’une double histoire

-       Les cordiers de Marseille

-       L’Institution des Frères des Écoles chrétiennes

  1. Conclusion 

°°°°°°   

1. OBJET DE L’ÉTUDE

Le boulevard de la Corderie dans le 7è  arrondissement de Marseille connaît le démarrage d’une opération immobilière à la hauteur du numéro 30 consistant en l’élévation d’un immeuble d’habitation et de commerces, ensemble dénommé « Les Loges » et dont il n’est pas question de contester ici la réalisation. Toutefois comme le promoteur n’oublie pas, lui-même, de le préciser dans ses arguments de vente :

-« Cet emplacement recèle l’un des plus remarquables patrimoines de cette époque rayonnante » (Louis XIV)

Description du programme proposé par Vinci Immobilier

«  2 mars 1660, Louis XIV débarque à Marseille et établit un plan d’urbanisme pour la « ville nouvelle ». Épicentre de ce changement le 7è arrondissement recèle l’un des plus remarquables patrimoines de cette époque rayonnante. … Au milieu de voisins prestigieux : le Vieux-Port, sa place aux huiles, la plage des Catalans, la Basilique Notre-Dame de la Garde, « Les Loges » proposent … »

La richesse historique du site n’est donc pas à démontrer. Elle est communément acquise et reconnue. Sa mise en valeur par le promoteur est, au demeurant, de nature à être soulignée.

Le présent dossier a pour objet :

-     de rappeler l’histoire du lieu sur lequel la construction de la résidence « Les Loges » est prévue. Son histoire dépasse largement le « plan d’urbanisme pour la ville nouvelle » voulu par Louis XIV.

-      d’inviter les autorités compétentes en la matière à décider, avant tous travaux de fondations, la réalisation d’un diagnostic archéologique préalable d’un site marseillais privilégié dont personne ne saurait contester, ni ne conteste la richesse historique et patrimoniale.  

2. LE SITE SOUS LA PRÉHISTOIRE

La rive Sud du Vieux-Port actuel, zone large qui nous intéresse  ici (avant de changer de focale pour une image plus précise du lieu de construction) est éloignée de l’implantation de la cité grecque originelle. Toutefois, il n’est pas sans intérêt de rappeler qu’à la hauteur du Pharo, tout proche, trois fosses datées du V° millénaire ont mis en évidence une présence humaine. Dès le Néolithique ancien, des hommes ont fréquenté cet espace. Les archéologues ont pu mettre à jour un « dépotoir » incluant de façon étonnante une « jambe humaine ». Des cuvettes contenant des coquillages ont également été identifiées.

3. LE SITE SOUS L’ANTIQUITÉ 

À l’époque grecque l’implantation humaine se développe sur la rive Nord du Port avec l’urbanisation des Buttes Saint-Laurent, des Moulins et des Carmes. La rive Sud est délaissée des vivants … mais non des morts. Des zones funéraires, toujours à l’extérieur de l’enceinte antique, ont, en effet, été découvertes en rive Sud, par exemple au niveau du bassin de carénage. Des chantiers de fouilles archéologiques conduits aux Catalans et très précisément rue de Suez ont mis à jour du mobilier d’époque hellénistique du tout premier intérêt.

4. LE SITE AU MOYEN-ÂGE 

Sur la rive Sud s’élève au V° siècle l’Abbaye de Saint-Victor (très peu éloignée) dont  le rayonnement spirituel, culturel et économique ne cessera de s’étendre au fil des siècles. Des nécropoles sont implantées précisément aux abords de Saint-Victor. 

5. LE SITE SOUS L’ÉPOQUE MODERNE

Dans le vaste tableau de cette époque, il nous faut  ici retenir la soumission de la ville par le jeune Roi en 1660 et l’édification du nouveau rempart qui délimite la superficie de la ville nouvelle, ce nouveau rempart à l’ombre duquel « Les Loges » seront élevées.

  

Au terme de ce trop rapide survol historique, si une première conclusion peut être tirée, elle consiste à se pénétrer de l’idée que le site même sur lequel l’ensemble immobilier « Les Loges » va être édifié  est loin de limiter son histoire à l’époque contemporaine de l’élévation du rempart Louisquatorzien. Des traces de la présence humaine dès le Néolithique seront-elles aussi susceptibles d’être décelées ? Les découvertes d’époques grecque et romaine déjà effectuées aux Catalans et la présence de zones funéraires rive Sud seront-elles enrichies par les résultats de nouvelles fouilles archéologiques à cet emplacement ? Si cela est difficile à dire en l’état, et avant toute investigation, il est tout autant impossible de l’exclure compte tenu de la richesse que représente ce périmètre, véritable livre ouvert sur l’histoire de Marseille au cours des âges. Un livre dont toutes les pages sont encore loin d’être feuilletées. Un diagnostic archéologique sur cette zone est de nature à répondre à cette question.                   

6. UN REMPART QUI FÊTE CETTE ANNÉE 2016 SES 350 ANS D’EXISTENCE

 

Les conditions d’élévation du rempart de Louis XIV sont assez bien connues. Il serait intéressant de préciser la nature de matériaux anciens éventuellement réemployés dans la nouvelle construction. Le rempart a fait l’objet, en particulier, d’un relevé et d’un rapport de Mlle Frédérique Bertrand qui écrit :

-« L’ensemble constitué le long de la rue des Lices par un flanc de bastion et une porte de courtine est le principal vestige aujourd’hui conservé. L’ancien bastion est occupé depuis le XIX° siècle par la partie haute du jardin de la colline. » 

Le tracé du rempart apparaît dans son intégralité sur le Plan Pierron de 1785, plan le plus précis.  Il délimite la superficie de la ville nouvelle vaste de 197 hectares. Il figure également sur un Plan de Marseille dressé en 1772 par Jean-Pierre Bresson. La portion de l’enceinte qui subsiste aujourd’hui rue des Lices se situait entre le bastion de la Porte Saint-Victor (haut lieu s’il en est) et le bastion occupé par le jardin de la colline. Elle constitue le seul vestige de taille de l’ancienne construction. Elle s’inscrit naturellement dans l’histoire militaire des Forts Saint-Nicolas et Saint-Jean et dans l’histoire civile de la cité.

Restauré, le rempart présente coté rue des Lices un aspect séduisant ; coté Corderie, une image profondément regrettable : non entretenu, recouvert partiellement d’un enduit crasseux, « décoré » de tags multicolores, grignoté de touffes d’herbes, surplombant un espace délaissé, il laisse penser que seule une des deux faces a été l’objet d’une protection et d’un entretien. S’il est louable d’avoir soigné le rempart sur sa face Sud, il est étonnant d’avoir laissé la lèpre le pourrir sur sa face Nord.

Un traitement s’avère indispensable. Quel sera t-il ? S’agira t-il de l’habillage d’un enduit moderne ou d’une restauration le restituant en son état d’origine sous le contrôle d’un architecte des Bâtiments de France ? Les pierres parlent pour qui sait les écouter. Celles, en particulier, tournées vers le cœur de ville peuvent nous apprendre beaucoup sur ce dont elles ont été le témoin depuis leur édification jusqu’à aujourd’hui.

Les travaux entrepris, le diagnostic archéologique s’il est décidé, les fouilles préventives si elles sont engagées à l’issue seraient de nature à éclairer l’historien comme le grand public, de plus en plus sensible à ces questions, sur l’histoire précise de ce monument et de son environnement.

7. UN ENVIRONNEMENT RICHE D’UNE DOUBLE HISTOIRE

            Les cordiers de Marseille

Plusieurs villes de France ont conservé, conservent et entretiennent avec grand soin tout ou partie de leurs anciens remparts. Ils constituent au demeurant une source d’attractivité remarquable pour de nombreux touristes français ou étrangers.  Sur leur face intérieure, au fil des siècles, des particuliers avaient conforté leur maison, la mettant ainsi à l’abri à moindre frais. En était-il de même à Marseille pour notre rempart et principalement sur la partie longeant la rue des Lices ?

À la construction, sur l’emplacement dont nous parlons, le terrain est considéré comme « inégal », à savoir d’une configuration tourmentée, non plane, en un mot non propice à recevoir des habitations. Des cordiers s’y installent, tentés naturellement par la proximité de l’Arsenal des galères. L’arsenal de Nicolas Arnoul est si célèbre que l’Europe entière vient le visiter. La salle d’armes est réputée remarquable. L’arsenal des galères et ses différents ateliers, les activités civiles de pêche, le commerce maritime « à la cueillette » qui envoie les navires de Marseille jusqu’aux Échelles du Levant sont gourmands de drisses, d’écoutes, de cordages, d’aussières, d’amarres de toutes sortes, de tout calibre et de toutes longueurs. Et de la longueur, il en faut lorsque l’on veut être cordier ! Or, notre marseillais ne peut s’offrir le luxe d’une corderie de 400 mètres de long. Aussi, s’installe t-il au pied des remparts où, par beau temps, il peut filer son chanvre et tordre ses torons. L’aplomb du rempart de Louis XIV lui permet de disposer de tout l’espace souhaité et d’autant plus aisément qu’il bénéficie alors d’une exemption de taxes. Ce sont ceux-la mêmes qui donneront son nom au boulevard de la Corderie.

 

Lors du nivellement ultérieur de l’espace, les maisons et les ateliers des cordiers seront détruits. Leurs pierres serviront de remblai. Au creusement des futures fondations de la résidence et  à des niveaux très inférieurs pour l’aménagement des parkings, ces remblais risquent d’être riches d’enseignement. Là encore les pierres peuvent parler. Il suffit de le leur demander.

L’histoire des cordiers marseillais est digne d’être racontée. Notre port, dans ses barques (désignation de vrais bâtiments à l’époque), barquettes, galions, galères, tatanes, trois-mâts … avait un impérieux besoin de cordages, de toiles et de voiles. La production de nos cordiers, au pied du rempart de la Corderie,  sillonnait les mers et les océans du globe. Marseille était réputée et reconnue performante dans cet art de la confection des « cordes » et des voiles. Le site est tout à fait susceptible de révéler des surprises patrimoniales enrichissant l’histoire de la ville. Plus que la Canebière, les cordages de Marseille ont fait plusieurs fois le tour de la Terre !

Mais l’histoire des cordiers marseillais n’est pas la seule que possède le rempart à cet emplacement précis du boulevard de la Corderie.    

L’institution des Frères des Écoles chrétiennes

En 1706, les Frères des Écoles chrétiennes, congrégation fondée par Jean-Baptiste de la Salle, s’installent à Marseille, puis s’implantent au numéro 37 actuel du boulevard.

Jean-Baptiste de la Salle naît à Reims le 30 avril 1651, fils d’un conseiller du Roi au Présidial de la ville. Frappé par l’abandon de la jeunesse et l’absence réelle de moyens d’instruction, il décide de fonder une Institution qui délivrerait gratuitement un enseignement aux enfants des familles défavorisées, incapables de s’assurer pour leur progéniture les services particuliers et payants d’un précepteur.  Ainsi les Frères des Écoles chrétiennes virent le jour en France. À Marseille, on recherchait des maîtres. Le curé de la paroisse de Saint-Laurent s’occupait déjà de l’enseignement des fils de pêcheurs et de marins, si nombreux autour de son clocher. Mais cela était insuffisant. Il n’y avait pas d’écoles à proprement parler. Le 13 mai 1704 une première réunion se tînt en ville en vue précisément de la création d’un établissement gratuit d’enseignement. Le 10 juin, 34 personnalités dont le maire, les échevins, le gouverneur et l’évêque souscrivent pour 100 livres chacun par an. Les deux marguilliers recherchent un professeur.  L’abbé Baron est élu et l’école est créée dans un petit et pauvre local.

Un an plus tard une nouvelle maison est achetée. L’abbé Baron est reconduit dans sa noble mission. Le 21 janvier 1706, à l’occasion de la quatrième assemblée générale de l’Institution, l’enseignement provoque l’admiration de deux négociants marseillais : les sieurs Morelet et Jourdain. Deux Frères arrivent d’Avignon et le 6 mars de la même année une nouvelle école ouvre ses portes. Non seulement les cours sont totalement gratuits mais ils sont dispensés « par classes » et non plus « en individuel » selon la coutume du temps. Un « savoir » simple et délivré entièrement en français et non plus en latin. Contemporain de Bossuet et de Fénelon, Jean-Baptiste de la Salle fait du français la base de son enseignement. 

Le 17 juillet 1706 le principal donateur, Antoine Porry, meurt. Tous les écoliers suivront son cercueil jusqu’au lieu de son inhumation dans la chapelle de l’Hôpital de la Charité.

Jean-Baptiste de la Salle aura donné à la France des écoles et des écoles gratuites. Il les a crées à Marseille aussi, à la Corderie. Le rempart participe directement à cette histoire et à cette grande histoire de l’enseignement de la jeunesse marseillaise en ce début du XVIII° siècle. L’établissement des Frères était implanté à cet endroit précis. Le rempart formait, en effet, un coté de la clôture de l’enclos de leur collège.

Les travaux de fondation, le diagnostic archéologique et les fouilles préventives, si elles sont décidées, apporteront vraisemblablement de nombreuses informations sur cette glorieuse page de l’histoire marseillaise, une histoire si peu connue.   

  1. CONCLUSION

Voici donc exposées les nombreuses raisons qui militent pour une étude approfondie du site de la Corderie et la décision d’engager un diagnostic archéologique. Il serait regrettable de s’en priver. Le lieu est, à plusieurs égards, grandement remarquable. Une telle étude avant l’accomplissement des travaux immobiliers permettrait de compléter deux chaînons manquants de l’histoire de Marseille, sous réserve de toutes autres découvertes depuis la présence de l’homme en ce lieu si symbolique :

-       Un chainon maritime par ses cordiers,

-       Un chainon éducatif par l’enseignement de sa jeunesse.

Le promoteur de l’opération « Les Loges » fût bien inspiré en diffusant sur son site de vente l’information selon laquelle ce lieu « recèle l’un des plus remarquables patrimoines de cette époque rayonnante ».

Il ne pouvait mieux dire. 

                                                          Jean Noël Beverini

ROMAN HISTORIQUE SE DÉROULANTAU IX° SIÈCLE.

L ’ÉPOPÉE DE CHEVALIERS CHRÉTIENS EN TERRES OCCUPÉES PAR L’ISLAM .

LA SIXIÈME HEURE

par M. Jean-Jacques DOUCET

édition originale, 311 p., 23 €

 

L’auteur a voyagé en terre d’islam, en Europe, en Afrique ainsi qu’aux Proche et Moyen-Orient ; il nous plonge dans La Sixième Heure qui sonne, là, au IX° siècle, quand les forces arabo-musulmanes avaient, déjà à cette époque, mis à feu et à sang le pourtour méditerranéen et toute l’Europe occidentale.

 

Il y dénonce les prescriptions extrêmes du Coran en nous contant l’action d’une poignée de ces hommes, dont la foi et le courage ont été, en 844, à l’origine de la Reconquête de leur liberté tourmentée.

 

Dans ce livre écrit avec une passion retenue, il y a de la tendresse pour ce qui lui paraît juste et une lourde interrogation pour ce qui ressemble tant à des versets sataniques. Cet étrange silence qui, aujourd’hui, entoure le Coran, se fissure au fil du roman et la logique cruelle de l’islam apparaît dans son implacable simplicité.

 

La conquête fut musulmane, la reconquête fut chrétienne. Ces deux cultures antinomiques s’affrontèrent pendant cette guerre d’occupation de l’Europe, qui allait durer presque huit siècles (711 à 1492).

 

Quelle sera la conclusion de cet écrit ? Quelle part d’espoir l’auteur retiendra-t-il des événements qui se déroulent, aujourd’hui, chez nous au cœur même de notre cité ? Sur quelles ressources la France pourra-t-elle s’appuyer pour éviter ce piège mortel qui l’enferme ?

 

Pour se procurer l’ouvrage :

 

Aux Éditions Saint-Remi

www.saint-remi.fr

Tel/Fax : 05 56 76 73 38

BP 80 – 33410 Cadillac

 

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DÉDICACE

 

A toi, Denis, admirable soldat de France détenu en otage pendant plus de trois années en Somalie dans des conditions

terribles ; assassiné par le Coran1 dans l’obscurantisme d’une nuit de Janvier 2013 ; mort libre dans ton esprit en entendant tes

amis venus te délivrer de l’enfer.

 

En union de pensée avec Isabelle, ton épouse et tes trois enfants, dont la noblesse d’âme est étonnante de beauté.

 

A toi, Nadine, et à toi, Valérie, vous deux que je ne peux pas oublier, innocentes fillettes, otages parmi vingt-sept autres enfants

libérés, toutes deux sciemment assassinées par l’islam dans l’oasis de Loyada à la frontière somalienne.

 

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Appréciation de Madame Patricia GOMEZ-BASQUEZ :

 

Le livre "La 6e heure" est très intéressant et l'auteur a habilement utilisé le romanesque pour éclairer ses lecteurs sur le danger de l'Islam dévoyé. Les historiens se chargeront de vérifier les faits et méfaits commis en Europe lors de l'occupation sarrasine aux 8e-9e siècles. Les lecteurs "lambda" ne peuvent qu'être effrayés par la cruauté des "croyants" qui préfigure les atrocités actuelles de Daech.

 

L'Islam est affirmé, tout au long du livre,  comme une religion de conquête sans tolérance, aux usages barbares, sans amour du prochain (contrairement au christianisme bien signalé : le héros combat les musulmans pour défendre les siens,  ses valeurs, ses racines mais sans haine). Pas un mot sur les exactions commises au nom du christianisme au cours de l'histoire mais ce n'est pas le thème du livre particulièrement orienté.

 

Quoiqu'on en puisse penser, l'ouvrage est bien écrit, rythmé, facile à lire mais ne rencontrera, à mon avis, aucun succès de librairie car il va trop à l'encontre de la" bien-pensance" actuelle qui, avec son repentir récurrent, se perd dans un laxisme exaspérant et dangereux. Ce livre est un avertissement à la France, par extension à l'Europe, une alerte et un appel, d'une part, à ouvrir les yeux et, d'autre part, à l'action légitimement protectrice des valeurs démocratiques.

 

A droite de la droite diront certains sourds et aveugles. Voilà brièvement mon avis qui reste entre nous et dont nous pourrons parler à l'occasion.

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Constantin LIANOS

Président-fondateur de Monsieur Légionnaire

 

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Pourquoi je recommande la lecture du roman « la nature a horreur du vide de Stéphane Bauré »?

Pour 5 raisons :

1)    Une présentation aérée qui invite à la lecture,

2)    Un style clair au service d'une histoire qui vous tient en haleine pendant toute votre lecture,

3)    Le roman se passant essentiellement entre Cognac et Saint Georges de Didonne, plus particulièrement à la pointe de Suzac, les lieux décrits sont une invitation au voyage et à découvrir la richesse des Charentes, 

4)    Des dialogues « vrais » notamment celui entre un père et son fils qui ne laissera personne indifférent et qui rappellera des souvenirs à beaucoup,

5)    des situations réelles et qui vous « prennent aux tripes»

 

Le livre se lit d'une traite et peut se relire car à chaque lecture, on découvre des aspects nouveaux. 

Bonne lecture à toutes à tous.

Constantin LIANOS

Président-fondateur de Monsieur Légionnaire

Alain CHOUET à Marseille : la guerre civile qui vient…

Le Lieutenant-colonel Constantin LIANOS, conviait le 13 Octobre 2016 quelques membres de l'AACLEM pour un déjeuner puis, assister par la suite à une conférence donnée par Alain CHOUET organisée par la SMLH comité de Marseilleveyre.

 

Photo © Constantin LIANOS - www.monsieur-legionnaire.org 

Photo © Constantin LIANOS - www.monsieur-legionnaire.org 

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Le président a demandé à José d'Arrigo de faire un compte rendu pour les membres qui n'ont pu faire le déplacement.

 

Voci en intégralité le compte rendu de José d'Arrigo, membre à vie de l'AACLEM et membre de la commission culture.

 

Ancien haut-fonctionnaire de l’administration centrale et du corps diplomatique, rompu à toutes les roueries des régimes islamiques, Alain Chouet a donné une conférence sur la violence djihadiste au Fort Ganteaume à Marseille à l’invitation de la société des membres de la Légion d’Honneur (Comité Marseilleveyre) animée par M. Hubert Zana en présence du lieutenant-colonel Constantin Lianos, président de l’association des anciens combattants de la Légion Etrangère de Marseille.

 

Le moins qu’on puisse dire est que ce professionnel du renseignement n’a pas mâché ses mots. Pour lui, le terrorisme est « une arme de guerre » qui vise à « sidérer » l’adversaire pour l’amener progressivement à se rendre sans combattre, à se « soumettre », ou bien au contraire à mettre en œuvre des ripostes disproportionnées ou inappropriées.

 

Depuis la chute du mur de Berlin, les Occidentaux ont intégré l’idée que seule l’Organisation du traité de l’atlantique nord et les Etats Unis ont le monopole de la violence militaire légitime. Toute intrusion armée ou conflit militaire avec l’occident se traduit désormais par une « sauvagerie médiatisée » qui donne lieu à un étalement complaisant de l’horreur dont le « traitement compassionnel » réjouit les fanatiques de l’Islam.

 

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Selon M. Chouet, la France n’a connu que trois vagues terroristes, toutes différentes : la première dans les années 70 était celle des brigades rouges, de la bande à Baader, et des militants d’extrême gauche qui souhaitaient instaurer le communisme par la violence, la seconde dans les années 80 était un terrorisme d’Etat (Iran, Lybie, Syrie), la troisième a été une guerre civile sanglante en Algérie en 1992 à la suite d’élections démocratiquement gagnées par les islamistes. Mais ni la France, ni les autorités algériennes n’ont accepté le verdict des urnes et des affrontements sanglants se sont ensuivis avec des groupes islamistes armés et les ripostes féroces de l’armée algérienne au pouvoir…

 

« Il est cocasse de constater que la France n’accepte le processus démocratique que lorsque les résultats sont conformes à ses vœux », a fait observer M. Chouet qui a évoqué aussi les menées des terroristes d’Hamas à Gaza.

 

Les motivations des terroristes ne varient pas : le fanatisme, l’idéologie, le pouvoir, le prestige et l’enrichissement. Aujourd’hui, nous commençons à nous habituer aux réactions officielles d’après-attentat. On commence par nous certifier à la télé que les acteurs « étaient connus de nos services ». On nous serine ensuite qu’ils sont passés à travers les mailles du filet et que c’est une faillite pour l’ensemble de nos services de sécurité. Enfin, on nous assure la main sur le cœur, promis, juré, que nous « prendrons toutes les mesures nécessaires pour endiguer ce phénomène ».

 

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Toutes les mesures nécessaires ? Mais c’est absurde, s’étonne Alain Chouet, elles sont déjà dans notre code pénal et personne ne songe à en faire usage. On débat sur l’opportunité de déchoir de leur nationalité les terroristes revenant du Djihad en Syrie alors qu’on sait que le droit international interdit de rendre des individus apatrides. Et l’on oublie une mesure susceptible de calmer l’ardeur des fanatiques de l’Islam : l’indignité nationale, prévue en 1944,  pour éloigner les traitres ayant pactisé avec l’occupant ou s’étant rendus coupables d’une « activité antinationale ». Les condamnés à l’indignité se trouvaient privés de leurs droits civiques, exclus des emplois publics et de certaines professions, bref une sorte de « mort civile »

 

De la même façon Alain Chouet se demande pourquoi le gouvernement n’applique pas l’article 411 alinéa 4 du code pénal qui prévoit une peine de trente ans de détention criminelle et 450 000 euros d’amende pour les individus qui seraient reconnus coupables « d’intelligence avec l’ennemi en vue de perpétrer des agressions contre la France ». Est-ce qu’on aurait tendance à une certaine clémence envers les « Français » qui reviennent de leur périple sanglant en Syrie et souhaitent rentrer chez eux ?

Ce laxisme du gouvernement est inexplicable. Aucune exigence stratégique ne saurait le justifier. Et M. Chouet de rappeler que depuis quarante ans des « pans entiers de notre territoire national » échappent au contrôle de l’Etat : « il est tacitement admis que les policiers et les pompiers ne peuvent plus pénétrer dans les zones de non-droit qui ceinturent les grandes villes et semblent vouées aux trafics de stupéfiants et aux règlements de comptes ».

 

Et puis à quoi rime « l’état d’urgence »  face à « une menace diffuse et imprévisible » lorsqu’on autorise en même temps des manifestations sociales gigantesques en plein Paris ou des compétitions de football qui emplissent les stades partout en France… « On a trop longtemps laissé prospérer en France ce salafisme waabite qui est propagé par des psychopathes fondamentalistes et suscite partout des mouvements subversifs ». Depuis le 1er janvier dernier, les Etats Unis ont subi 191 tueries de masse, ce qui revient à dire que chacune de ces tueries laissaient au moins dix victimes sur le carreau…

 

Notre erreur en France est de désigner un ennemi qui n’en est pas un, un vague concept baptisé « terrorisme » et de considérer l’ennemi, non pas tel qu’il est, mais tel qu’on voudrait qu’il soit. « Mais pourquoi nous haïssent-ils tant ? Comment ont-ils fait pour percer nos défenses ? »  s’interrogeait Georges W. Bush le lendemain des attentats de New York.

 

La réalité actuelle nous oblige à envisager toutes les formes d’attaques possibles, même les plus improbables : « savez-vous pourquoi on vous interdit les bouteilles dans les avions, parce qu’un individu a raté un attentat avec une bouteille… » dit M. Chouet, d’un air interloqué. La réponse ultra-sécuritaire, style Guantanamo, ne résout rien. Les jeux scabreux de certains soldats US dans les geôles irakiennes n’ont fait que susciter haine, rejet et désir de vengeance. L’occupation militaire afghane durant douze ans n’a pas jugulé le terrorisme dans le monde et l’on pressent le retour en force du fondamentalisme musulman sur les ruines du régime fantoche installé en Irak par les Américains.

 

Que faut-il donc faire pour se prémunir le mieux possible contre ces fanatiques qui sont des violents « non-professionnels » mais veulent multiplier en France les actions « spectaculaires, médiatisées et accompagnées d’un message fort de leur mouvance » ? M. Chouet n’a aucune panacée contre ces « sauvages qui peuvent user de cutters, de couteaux, d’avions ou de ciseaux ».  En revanche, il sait ce qu’il faut faire contre l’Etat Islamique parce qu’on connait sa mission (l’instauration d’un Califat mondial), ses moyens, ses armes, ses casernes, ses objectifs et son agenda. C’est la guerre.

 

Le danger d’une débâcle militaire de l’Etat Islamique, c’est de multiplier partout dans le monde les « attentats désespérés » de kamikazes de l’Islam. « Ce que veulent les djihadistes, estime M. Chouet, c’est engendrer une rupture et un affrontement entre les communautés européennes et musulmanes, leur objectif est de dresser un mur de haine entre les uns et les autres pour les inciter à la guerre civile ». Telle est la stratégie des Frères Musulmans en Europe : ils avancent masqués et dissimulent leurs intentions derrière la Takia, une façon de feindre l’acceptation de la République pour mieux l’abattre ensuite…Cette stratégie d’infiltration, que ce soit en Egypte, en Turquie ou même en Tunisie et en France ne varie pas depuis quatre vingt huit ans !

 

Et force est de constater que nombreux sont nos hommes politiques à être « dupés » par leur double langage de fausse intégration, voire d’assimilation à nos traditions et à nos mœurs. Ces artistes de la duplicité semblent capables d’utiliser toutes les failles de notre système social, politique et même militaire pour faire avancer en tapinois leurs thèses salafistes et sectaires.

Notre handicap majeur c’est, pour M. Chouet, « notre propension aux arrangements raisonnables » et aux capitulations successives face aux menaces de provocations ou d’insurrections. « La première mesure à prendre c’est d’enjoindre à nos alliés turcs de surveiller leurs frontières et de refouler systématiquement les candidats français au djihad en Syrie, or jusqu’en 2015 ils ne l’ont jamais fait ! » s’indigne-t-il. « On ne sait aujourd’hui si c’est l’Islam qui se radicalise ou si c’est le radicalisme qui s’islamise », ajoute-t-il. Selon lui, il ne faut pas non plus confondre les violences individuelles et celles qui résultent d’une stratégie collective de déstabilisation. « Ce ne sont pas des fous, ils sont mal éduqués, dit-il, il n’est pas bon de psychiatriser ces dérapages en nous exonérant de nos propres responsabilités au regard du nihilisme ambiant car, il ne faut pas se leurrer, ce sont les rejetons de notre propre société qui nous frappent ».

 

La création du vaste espace de Schengen sans règles juridiques communes est une aberration : « on s’aligne sur le plus faible et le moins motivé, l’Estonie par exemple » et le résultat c’est la passoire. Les jeunes qui basculent dans le djihad sont pour la plupart des délinquants d’habitude que la police fiche depuis des années et l’on mise davantage sur la réinsertion que sur la punition, d’où le délire actuel. Des centaines de perquisitions et de saisies ont suivi l’instauration de l’état d’urgence, mais la police avait repéré toutes ces caches depuis belle lurette, mais elle se heurtait au laxisme des politiques ou de la justice qui disait « non, on n’y va pas attention aux émeutes, vous allez foutre le bordel… »

 

« La vérité c’est qu’on se heurte à l’irénisme bobo du consensus politique et à la volonté angélique de ne jamais stigmatiser personne », constate Alain Chouet qui s’est lancé ensuite dans une longue explication du double jeu des pétromonarchies du Golfe qui « achètent » la neutralité de la France et aident massivement les salafistes infiltrés.  Le lieutenant-colonel Lianos lui a fait observer que près de 3000 radicalisés ont été recensés dans les Bouches du Rhône et qu’ils étaient prêts au « sacrifice de leur vie ». Est-ce que nous vivons les prémices d’une guerre civile qui n’ose dire son nom ?

José D’ARRIGO

Commission culture AACLEM

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