UNE CENTCINQUANTENAIRE RAYONNANTE 

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Construction reliant deux rives, le pont est aussi l’une des images symboliques de la pensée et de l’expression humaine.  De tout temps il est œuvre d’Art. Grandiose et défiant les siècles comme celui du Gard, source de chant et de danse comme celui d’Avignon, porteur de claironnante victoire à Arcole, lançant des soupirs à Venise, portant boutiques à Florence, gardant la mémoire d’un Tsar et le culte des Arts à Paris …, les ponts ont baptisé des villes comme Pont-Aven, Pont-Audemer, Pontault-Combault, Pontivy, Pont-L’Abbé, Pont-L’Évêque,  Pont-Audemer, sans oublier Ponta Delgada aux Açores, ni Pont-Euxin, l’ancien nom de la mer Noire. Et bien d’autres.

 

 À Toulon, un pont a donné son nom à un quartier, celui du Las, petite rivière côtière qu’un pont précisément  enjambait dans les quartiers Ouest de la ville. Aujourd’hui le Las, couvert comme le fut le Jarret à Marseille, s’écoule sous l’église du quartier dédiée au vocable de Saint-Joseph. Or cette église fêtait ce week end l’anniversaire des 150 ans de son élévation. 

 

L’histoired’une église et celle d’un quartier intimement liées

 

L’histoire de l’église du Pont du Lasest intimement liée à celle du quartier. Au début du XIX° siècle, l’Ouest de Toulon se développe en proportion de l’expansion de l’arsenal de la marine. En 1816 une première chapelle est élevée, bien modeste. Elle est bénie sans que nous en conservions le nom. La ferveur et l’afflux de population conduisent à la construction d’une seconde chapelle qui est dédiée à Saint Joseph. Rien d’étonnant dans ce quartier qui travaille de ses mains le bois, le métal, le fer, la fonte, l’acier, le cordage, tout ce qui est indispensable à la construction et à l’entretien des vaisseaux. Le saint charpentier de l’Évangile devient naturellement le Protecteur de ces ouvriers de l’arsenal. En 1865 est posée la première pierre de l’église actuelle. 

 

Un architecte et non des moindres  

Vous connaissez la Major à Marseille ? Inutile de vous demander bien évidemment si vous connaissez Notre-Dame-de-la-Garde ? Alors, vous connaissez aussi Henri-Antoine Révoil. À la disparition d’Espérandieu il poursuivit son travail. La construction de l’église du Pont du Las lui est confiée. Homme pétri de culture, il choisit de donner à l’édifice un habillage d’architecture romane inspirée de nos anciennes églises et abbayes provençales. 

 

Au dessus d’un porche en arc plein cintre encadré de fûts de portail de pierre s’élève une haute fenêtre couverte d’un arc et dont un trumeau central divise en deux la large baie. De part et d’autre, les statues de saints, évidemment celle de saint Joseph. Si l’extérieur s’inscrit dans ce qu’il est coutume de qualifier d’école d’architecture religieuse romane provençale, le traitement intérieur de l’édifice est résolument « moderne » avec une hauteur splendide, des chapelles rayonnantes, bas-côtés et large chœur. 

 

Henri-Antoine Révoil (1822-1900) fut l’un des premiers architectes des Monuments Historiques. Quel honneur pour l’église du Pont du Las !

 

Diner-concert sur la Place du marché

 

Pour cette « véritable fête de quartier au Pont du Las », la paroisse, sous la direction du Père Lionel, proposait un diner-concert sur la Place du marché juste devant l’église. 500 participants. Gigantesque paëlla au menu. Comité d’accueil alliant sourire et efficacité.

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En accompagnement, les magnifiques voix de Vera et Rona Hartner, la première assistée de Claude à la Basse et Jacques Perruchet au piano, la seconde par l’accordéon de Ivica Bogdanic et l’hélicon de Victor Rahola (Vincent Rodriguez Patino à la Batterie et Franck Seguy à la clarinette). 

Sobre intervention du Père Lionel invitant à « se parler car se parler, c’est se rencontrer et déjà se connaître ».

Une double découverte intérieure

À l’issue du diner-concert, une double découverte attendait à l’intérieur de l’église : les six marches conduisant à l’autel et l’ensemble du choeur brillaient de centaines de lumignons diffusant une lumière à la fois douce et pénétrante. Une véritable œuvre d’Art, d’amour et de Foi. 

-      « Il faut avancer pour voir le chœur ! »  

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Deuxième découverte : les chants sacrés de Lidia Gnielinska. Sa voix claire et profonde de soprano lyrique ne résonnait pas simplement sous les voûtes mais élevait l’âme et l’émotion de chaque spectateur, fidèle ou non de la paroisse. 

 

-      « Nous vous demandons de ne pas applaudir après chaque chant »

 

Invitation bien inutile. Comment ne pas applaudir ! Les mains devenaient le remerciement et l’émerveillement du cœur.

Schubert, Mozart, César Franck, Caccini, Gounod et Fauré s’invitaient au pied de saint Joseph. Longue robe de soirée noire et écharpe blanche, Lidia née en Pologne, issue du Ballet National de Slask, développe aujourd’hui un répertoire de musique sacrée. Elle est intervenue dernièrement à la Sainte Chapelle et à Paray-le-Monial. Un véritable bonheur de pouvoir ainsi la découvrir à Saint-Joseph.  

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Un dimanche à la Bastide

La Bastide est une ancienne propriété qu’un médecin légua à l’église du Pont du Las. Elle est à la fois résidence des prêtres, lieu de convivialité, d’animation des jeunes et de spiritualité. La messe dominicale et anniversaire fut célébrée sous les pins. Une des dernières messes du Père Lionel  comme curé de Saint-Joseph et du vicaire Jean-Baptiste car tous deux vont quitter la paroisse, le premier pour rejoindre l’évêché, le second le diocèse de Lyon.  Émouvant « au revoir » à l’issue du pique-nique partagé sur cette terre si riche de fraternité :

   « Combien la Bastide va nous paraître vide ! Combien les jeunes vont être tristes … »

   «  C’est une Joie de dire la messe avec vous »

     «  Le Var possède une extraordinaire richesse de pèlerinages ; des lieux exceptionnels » 

    «  Je quitte aussi une belle équipe de prêtres »

Voilà quelques phrases échangées. Le soleil inondait la façade ocre de la Bastide, comme pour compenser l’émotion du départ ! Un pot de miel « symbole de douceur de la Parolede Dieu », une bougie de Saint Joseph « parce que par la Lumière nous serons toujours en communication », un chapelet « l’arme d’Amour absolu par Marie » …  Quelques cadeaux en offrande remis par Chantal au nom de toute la communauté paroissiale …  

Donner, Recevoir et Rendre. Cent cinquante ans de partage. Plus que jamais l’église du Pont du Las est une cent-cinquantenaire en pleine jeunesse ! Rendez-vous dans cinquante ans pour un prochain anniversaire tout autant empli de chaleur, d’amitié et de Foi. 

Marie-Noëlle Beverini

Jean Noël Beverini

Propos recueillis par Constantin LIANOS pour  © www.monsieur-legionnaire.rog 

INVITATION PRESSE

Les armes savantes
350 ans d’innovations militaires
à Versailles


Exposition
du 15 septembre au 9 décembre 2018

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Du 15 septembre au 9 décembre 2018, l’exposition Les armes savantes - 350 ans d’innovations militaires à Versailles présente les liens entre le territoire versaillais et les innovations militaires. Ces liens, nés de la centralisation du pouvoir monarchique sous l’Ancien Régime, sont toujours d’actualité au XXIe siècle.

En effet, si de nombreux autres territoires ont été le berceau de structures innovantes (arsenaux, fonderies, centres d’études…), Versailles est seule à rassembler, en présence ou à proximité immédiate des organes de décision étatiques, tous les acteurs de l’innovation : prescripteurs, concepteurs, fabricants et utilisateurs.

L’exposition met en scène une sélection d’objets, d’œuvres et de documents provenant des collections d’institutions patrimoniales nationales (musée de l’Armée, service historique de la Défense, musée des Plans-Reliefs…) et versaillaises (musée Lambinet, Bibliothèque centrale, Archives communales), mais également des documents et objets conservés par des institutions militaires et des industriels de l’armement basés à Versailles.

Le commissariat est assuré par Christophe Larribère, historien et consultant en médiation patrimoniale, et par Christophe Pommier, conservateur-adjoint au musée de l’Armée.

MÉCÉNAT ET PARTENARIAT

L’exposition Les armes savantes – 350 ans d’innovations militaires à Versailles bénéficie du concours exceptionnel de Nexter Systems, mécène exclusif de l’exposition, ainsi que du soutien du musée de l’Armée. Elle a également reçu le label de la Mission du Centenaire de la Guerre de 14-18.

ATOUR DE L’EXPOSITION
Publication d’un hors-série du magazine Guerres & Histoire, partenaire média

(44 pages – PUV : 9,50 €)

Cycle de cinq conférences à l’Université Inter-Âges de Versailles, d’octobre 2018 à février 2019

Exposition complémentaire À la découverte du patrimoine militaire de Versailles, aux Archives municipales (1, avenue de Paris – 78000 Versailles), du 15 septembre au 8 décembre 2018 (entrée libre du mardi au samedi, de 14h à 18h)

Parcours urbain dans le patrimoine architectural militaire de Versailles (lancement à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, les 15 et 16 septembre)

INFORMATIONS PRATIQUES
Espace Richaud – 78 boulevard de la Reine – 78 000 Versailles
Du mercredi au dimanche, de 12h à 19h (dernier accès à 18h30)
Tarif unique : 5 euros / gratuit pour les moins de 26 ans
Entrée libre pour les Journées européennes du patrimoine (15 et 16 septembre)
Accessible aux personnes à mobilité réduite

VENIR À VERSAILLES
RER C Versailles Château Rive-Gauche (direct depuis Paris Invalides)
SNCF Versailles Rive Droite (départ Paris Saint-Lazare)
SNCF Versailles Chantiers (départ Paris Montparnasse)
Autobus 171 Versailles Place d’armes (direct depuis Pont de Sèvres)
Autoroute A13 sortie « Versailles Centre »
  

L’ESPACE RICHAUD

Situé au cœur de Versailles, entre la gare Versailles Rive-Droite et la place du marché Notre-Dame, au cœur de l’ancien hôpital royal, l’Espace Richaud a ouvert ses portes en avril 2015. De nombreuses expositions y ont été présentées : Le Petit Prince à Versailles; Jirô Taniguchi, l’homme qui rêve; Architecture Passions, 40 ans de création Wilmotte & Associés; Robert Doisneau, les années Vogue, Joseph Dadoune : Sillons et Les Spectateurs : rétrospective Édouard Sacaillan.

 

Nous étions 700 personnes à avoir pris part ce Vendredi 08 juin 2018
au traditionnel aïoli de l’Association Sportive du Cercle des Boulomanes de Monté-Cristo

Sur l'aimable invitation de Monsieur Antoine PLAZZOLO (membre de l'AACLMP) quelques amis se sont retrouvés pour fêter dignement le traditionnel aïoli de cette prestigieuse association Sportive du Cercle des Boulomanes de Monté-Cristo.

 

Adoubement de Monsieur Jean-Pierre BERTRAND

Gal Louis PICHOT de CHAMPFLEURY, Jean-Pierre BERTRAND, Lcl Constantin LIANOS et le Gal ALAIN CHOPIN 

Dominique TIAN, Alain CHOPIN, Jean-Pierre BERTRAND et Constantin LIANOS

***

 
Le mot de notre ami Antoine PALAZZOLO :
 
Cette année j’ai souhaité associer à cette fête du Cercle des Boulomanes de Montécristo  les représentant des amicales et associations des forces armées   et en particulier la Légion Etrangère….
 
En effet, après 17 ans de Réserve active au sein du 405° RA puis 54°RA DOM avec le grade de Capitaine je rejoint l’État Major de le Sécurité Civile pendant dix ans avant sa dissolution... j’ai eu l’honneur de servir lors de mon engament citoyen…à la Légion Étrangère  auprès du COMLE et plus précisément du FELE
 
J’y ai rencontré des légionnaires, des caporaux, caporaux chefs, des sous officiers et des officiers de qualité…
HONNEUR ET FIDÉLITÉ
 
Nous avons partagé l’Aïoli en présence de nombreux élus  
Guy Teissier, député VP de la Métropole, membre d'honneur de l'AACLE de Marseille-Provence
Richard Mallie Maire de Bouc Bel Air VP de la Métropole
Dominique Tian Premier Adjoint de la ville de Marseille
Yves Moraine, Maire du 6-8 arrondissement
Lionel Royer-Perrault du 9-10 arrondissement VP du Conseil Départemental, membre d'honneur de l'AACLE de Marseille-Provence
Didier Réault Adjoint à la Mer de la ville de Marseille VP du Conseil Départemental

Gerard Vitalis. Adjoint au maire du 6-8.  Président de la Sidi Brahim.

 
Nos forces armées étaient représentées par : 
Général Louis Pichot de Champfleury Ancien COM.LE, ancien Gouverneur Militaire de Marseille, President de la SAMLE membre à vie de AACLE de Marseille-Provence
Colonel François Granjean très implique au sein de la fondation Raoul Follereau, membre de AACLE de Marseille-Provence
Lieutenant Colonel Thierry Jullien ancien directeur du FELE membre à vie de AACLE de Marseille-Provence
Lieutenant Colonel Constantin Lianos Ancien de Kolwesi dont nous célébrons le 40° anniversaire, President de AACLE de de Marseille-Provence (membre à vie de l'AACLEMP) et Président-fondateur de www.monsieur-legionnaire.org et ses réseaux de la communauté Légionnaire
Colonel Paul Berthe Président de l’UNOR Marseille 
Major Philippe Chovet Président de l’ACOMAR 13, membre de l'AACLE de Marseille-Provence
Lieutenant Colonel RC Jacques Visconti Réserve Citoyenne auprès de la Gendarmerie membre de l'AACLE de Marseille-Provence
Marc Malocyc Membre le AALE d’Aubagne 
José D’Arrigo Journaliste Écrivain Professeur Université Aix Marseille membre à vie de AACLE de Marseille-Provence
 
D’autre amis du monde économique et sportif ont complété cette table où la convivialité le plaisir de partager et la joie nous ont permis de participer à ce moment d’amitié et de respect..
 
je tiens à remercier tous mes invités d’avoir bien voulu honorer de leur présence cette fête traditionnelle de notre Cercle qui fêtera dans dix ans son bi-centenaire….

Antoine Palazzolo, membre de AACLE de Marseille-Provence 

 Texte et photos Constantin LIANOS et Antoine PALAZZOLO © Monsieur-Légionnaire  

Pour marquer ce 40ème anniversaire le Lcl LIANOS (président de l'AACLEMP et vétéran de Kolwezi a donné une conférence privée au siège de l'AACLEMP uniquement à l'attention de membres.
 
   
KOLWEZI : l’héroïsme des soldats du 2eme REP
 

« Nous sommes partis pour Kolwezi sans espoir de retour… » Le lieutenant-colonel Constantin Lianos, président de l’amicale des anciens combattants de la Légion Etrangère de Marseille, a sobrement raconté la fabuleuse opération de Kolwezi en mai 1978 devant une assistance à la fois recueillie et médusée. Il est très rare en effet de voir Constantin Lianos égrener ses souvenirs ou s’épancher sur son passé militaire. Durant une heure et demie, samedi 19 Mai 2018 après-midi, il a fasciné le public dans son style à la fois rigoureux, sobre et sans fioritures. Il a raconté comment une poignée de Légionnaires placés sous les ordres du colonel Philippe Erulin sont venus à bout de plusieurs milliers de gendarmes Katangais, fanatisés par la drogue et qui massacraient par centaines les fidèles du président zaïrois Mobutu et les membres de la communauté européenne. La légende de Kolwezi est née de cette incroyable opération de sauvetage décidée par le président Valéry Giscard d’Estaing.

On le sait depuis longtemps : avec Lianos, un chat est un chat. Le ton est solennel. On ne plaisante pas lorsqu’on évoque le souvenir de ses camarades tombés durant l’assaut. La voix est forte, entrecoupée parfois de silences éloquents lorsque, par exemple, Constantin Lianos évoque la mort tragique de son meilleur ami, un para du deuxième régiment étranger de parachutistes basé à Calvi, comme lui. « Je l’ai vu tomber à 300 mètres de moi, je ne pouvais rien faire », se souvient-il. Pour ne pas se laisser submerger par l’émotion ou la tristesse, le lieutenant-colonel enchaîne vivement sur les aléas du commandement : « on a perdu des hommes par manque de réflexe, estime-t-il, on a baissé la garde par moments, j’étais hors de moi. Le chef est là pour donner des ordres et les soldats lui obéissent. Point final. A la Légion étrangère, on ne discute pas les ordres, on les exécute ! »

Il est vrai qu’à l’époque le contexte politique était très tendu. Il était hors de question que cette riche région minière d’Afrique tombe aux mains des Soviétiques et de leurs complices. Pour la première fois depuis quarante ans, le lieutenant-colonel se permet de parler de Kolwezi parce qu’il n’est plus lié par le secret-défense ni par le secret de l’opération. Lorsque le Général Jeannou LACAZE a débarqué à Solenzara, en mai 78, il n’y est pas allé par quatre chemins :

« Légionnaires, je vous envoie au carton,s’est-il exclamé, vous partez pour Kolwezi où plusieurs milliers d’Africains et d’Européens sont menacés d’être massacrés à la machette par des fous sanguinaires, les gendarmes katangais. Vous gagnez, c’est bien. Vous perdez, on priera pour vous… »Lianos dit la vérité à son épouse : « nous partons sans espoir de retour ».Ni appui sol-sol, ni soutien aérien, ni équipements performants. La Légion s’apprête à sauter sur Kolwezi avec des parachutes qui souvent ne s’ouvraient pas à cause de la pression atmosphérique à 250 mètres d’altitude. « Ils ressemblaient à des foulards qui s’éclatent et se mettent torche, on atterrissait comme des sacs de pommes de terre, on partait vraiment pour ne plus revenir », explique Lianos. Les ordres sont clairs : il faut sauver les civils pris en otages ou terrés dans les caves et les greniers de leurs domiciles. Il faut donner un coup de pied dans la fourmilière soviétique. Certains avions sont en panne. Il faut pousser les camions, les fameux GMC, pour qu’ils démarrent. Le matériel est défaillant. Les boussoles s’affolent et font cinq fois le tour avant de donner le nord. Les munitions sont rationnées : « lorsque je donne l’ordre de tirer quarante coups, je veux voir tomber quarante têtes ennemies »,explique à ses hommes le lieutenant-colonel Lianos.

A 6000 kilomètres de la France, les Légionnaires vont connaître l’enfer : canicule le jour, gel la nuit. Pas d’eau potable. Des rations qui puent. Mais ils sont formés pour se battre sans se plaindre et ils vont le faire jusqu’au bout, nonobstant l’absence tragique de logistique. La Légion était équipée de façon médiocre pour des missions que les autres régiments ne voulaient pas accomplir. Depuis dix huit ans, cette région africaine est en butte aux escarmouches. Le 5 juillet 1960 Moïse Tschombé, chef du conseil provincial, a proclamé la sécession du Katanga. Maintes fois les Belges auraient dû intervenir, mais ils ont laissé faire, privilégiant leurs puissants intérêts.

L’objectif des rebelles est de déstabiliser le président à vie Mobutu Waza Banga. Le sous-sol du Shaba est l’un des plus riches d’Afrique. Grâce au corps expéditionnaire marocain et aux troupes d’élite du roi Hassan II, Mobutu a pu enrayer jusque là l’action dévastatrice des « gendarmes katangais ». Ces rebelles sont bien formés, bien encadrés, bien équipés, et féroces. Ils disposent de fusils d’assaut qui peuvent atteindre leurs objectifs jusqu’à 400 mètres alors que les Légionnaires du 2eme REP sont équipés de pistolets mitrailleurs dont la portée ne dépassent pas cinquante à soixante dix mètres. « En outre, explique Lianos, ils avaient recours à une astuce diabolique : pour nous tromper et nous empêcher de les neutraliser, ils se déguisaient en civils car ils savaient que nous avions ordre d’épargner la population civile… »

« Notre objectif était clair, ajoute Lianos, on devais faire une opération coup de poing intitulée « fire and forget », c'est-à-dire : fait feu et oublie. On dégage et place aux autres pour les opérations de ratissage et de sécurisation du territoire. Ceux qui n’ont pas appliqué cette consigne ont perdu des hommes et de l’argent ».Les Katangais, yeux exorbités, la rage au ventre, massacrent tout ce qui bouge : ils se livrent à d’indicibles cruautés. Ils ne tuent pas, ils estropient les innocents et les soumettent à une mort interminable. Des sévices identiques avaient été infligés aux  soldats français capturés en Indochine par le Vietcong et ses tortionnaires communistes. Dissimulés sous leurs hardes, 2000 gendarmes katangais parviennent à s’approcher des Légionnaires sans êtres repérés. Les Belges ne bougent toujours pas : ils ne veulent rien entreprendre. « Laissons décanter la situation », arguent-ils.

Giscard sera moins pusillanime : il va décider de l’opération « Bonite » sans l’aval du Sénat ni de l’Assemblée. C’est lui le chef des armées. Le 14 mai, jour de la Pentecôte, les rebelles katangais, ivres de haine et de sang, massacrent douze enfants vêtus de leur aube blanche autour d’une église. Six militaires de la coopération disparaissent sans laisser la moindre trace. Giscard fulmine : il donne le feu vert pour l’opération Kolwezi. C’est le branle bas de combat à Calvi. Le régiment est en alerte. Destination l’enfer. Le parachutage s’annonce très périlleux car une compagnie de parachutistes africains a été déployée sur la zone : deux heures après ils été massacrés. Ils arrivaient morts au sol, et les rares qui s’en sortaient étaient tués à bout portant…Le saut qui se prépare, dans la précipitation en raison de l’urgence, restera comme un « pari stratégique majeur »et « sans retour possible ». Les Légionnaires le savent : ils engagent un pari fou contre la mort. Ils sont largués au plus près de l’objectif car il n’y a pas une minute à perdre. Et c’est justement parce qu’il a déjoué des pièges mortels à plusieurs reprises, parfois avec l’étrange collaboration de son ange gardien, que le lieutenant colonel Constantin a été surnommé par ses hommes : « le trompe-la-mort ».

Entre le 17 mai et le 16 juin, les Légionnaires vont s’emparer des points majeurs de la ville à la suite d’opérations coups de poing : « on a affaire à des katangais gavés de chanvre, capables par exemple de transpercer à coups de baïonnettes  le corps d’une femme et celui d’un bébé qu’elle tient dans ses bras,  raconte Lianos, c’est le système « D » qui va nous sauver. On a tout réussi avec trois fois rien. Quand j’ai heurté le sol africain, je me suis assommé. On n’avait pas de cartes. On disposait de simples croquis situant la vieille ville et la nouvelle ville. On a déploré de nombreuses pertes et nous rencontrions des gamins qui se fabriquaient des foulards avec les restes de nos parachutes… Nous étions souvent bloqués dans notre progression pour atteindre des positions de tir adéquates et permettre à la seconde compagnie de se pré-positionner pour l’assaut ».

Comble de malchance : les largages de colis de vivres ratent leurs cibles. Pas de cap, pas de boussole. Dans les rues, les cadavres mutilés jonchent le sol. Les chiens faméliques dévorent les cadavres. C’est un cauchemar permanent. Mais les Légionnaires iront jusqu’au bout avec en tête deux mots, deux simples mots qu’ils se répètent jusqu’à l’obsession : « honneur et fidélité ». Au moindre soupçon d’approche, les Katangais se déguisent en civils. Parfois, il s’en faut de peu que les compagnies de soldats français se tirent dessus entre elles, faute de liaisons fiables. « Bande de cons, c’est nous, ne tirez pas, halte au feu », hurle Lianos, chargé de sécuriser sa zone infestée de rebelles.

Quartier par quartier, rue par rue, les Légionnaires vont nettoyer Kolwezi. Ils remettent les prisonniers aux Zaïrois qui les pendent systématiquement. Des milliers de ressortissants européens sont récupérés et sauvés. « Plus personne ne savait qui faisait quoi, explique le lieutenant colonel, mais nous avions développé un tel instinct de survie que nous ne craignions plus la mort brutale, celle qui vous attend au détour du chemin sans crier gare… » Le ratissage était d’autant plus difficile que l’ennemi était renseigné à la minute de tous les mouvements des Légionnaires par des militants de la CGT qui contrôlaient le trafic aérien et livraient leurs positions à l’ennemi communiste. Les mêmes qui sabotaient les munitions des soldats français en Indochine et jetaient à la mer les valises et bagages des exilés d’Algérie se réfugiant en métropole. Le 23 mai, on participe au ratissage. Les paras sont parfois surpris eux-mêmes d’arriver vivants au sol. « Nos amis Marocains nous ont aidés à sécuriser la zone, c’était fini, nous avions eu un peu de baraka et beaucoup d’audace, mais nous pouvions être fiers de nous… »

Une fois rentrés en France, les Légionnaires tombés à Kolwezi sont enterrés en présence des plus hautes autorités nationales et des familles des victimes. Le nom de Kolwezi vient de rentrer dans les annales de toutes les armées du monde, comme « Entebbé » pour l’armée israélienne. La légende de Kolwezi vient de naître. Les soldats français ont empêché le Zaïre et ses incommensurables richesses de basculer dans le camp soviétique. «  A présent, ce sont les fanatiques de l’Islam qui ont pris le relais en Afrique, conclut le lieutenant colonel Lianos, il faudra au moins deux cents ans pour inverser la tendance… » 

« Le deuxième régiment étranger de parachutes est tel qu’il est, il est instruit pour combattre, neutraliser l’ennemi par tous les moyens et se préparer à mourir dans la dignité pour la France. Il ne doit pas s’éterniser sur un théâtre d’opération », estime Lianos. Celui qu’on surnomme désormais « le colonel trompe-la-mort » n’a certes pas tout dit, et il ne dira pas tout, mais son récit charnel d’un événement vécu de bout en bout a fortement impressionné un public subjugué et qui a longuement applaudi le conférencier en songeant, aussi, à ses camarades tombés au champ d’honneur.

José D’Arrigo

 
A l'issue de la conférence sur l'opération Bonite (épaulard) sur Kolwezi une cérémonie a eu lieu en l'honneur de nos morts au cours de l'Opération.
 
 
Le président a profité de la présence de cette noble assemblée pour récompenser trois membres pour leur indéfectible amitié.
 
Il s'agit de :
 
Monsieur José d’ARRIGO, professeur du Journalisme-écrivain (membre à vie de l’AACLEMP) 
 

Général Jean-Paul ANDREOLI, Président du comité SMLH du Vieux Port et Centre Marseille (membre actif de l'AACLEMP)

 
Général Alain CHOPIN, Vice-Président SMLH section des Bouches du Rhône, président du comité SMLH GARLABAN – 13 007 (membre actif de l'AACLEMP)
 
Il a procédé ensuite à l'investiture de : 
 
Madame Nathalie VENYS ANTON, Directrice du Centre Culturel du Trioulet (membre active de l'AACLEMP)
 
Madame Pauline HUBAUD (membre active de l'AACLEMP)
 
et l'adoubement de :
 
Monsieur Jacques SAINT-PIERRE professeur certifié d’Histoire et Géographie (membre actif de l'AACLEMP)
Caporal  Massimiliano VITTORI (membre actif de l'AACLEMP)
Monsieur Auguste BERET (membre actif de l'AACLEMP)
Monsieur Marc VERGIER (membre actif de l'AACLEMP)
 
La séance de chants de tradition a été magnifiquement orchestrée par le Major Dante STEVENAZZI (Vice-Président membre à vie et ancien instructeur du Lcl LIANOS en 1974) 
 
Un pot majestueux couronnait cette magnifique journée !
 
Le président a remercié les présents et leur a donné rende-vous le 25 Mai à 19 H 30 à la Maison Blanche (mairie du 9è et 10ème arrondissements pour le concert de chants, musique militaire et patriotique. 
 
Tenue AACLEMP (barettes de décoration)
 
 

« Osons dire la vérité à l’Afrique »

Bernard Lugan, brillant universitaire, professeur à l’Ecole de Guerre, expert reconnu de l’Afrique, était samedi l’invité à Marseille du Lieutenant-colonel Constantin Lianos, président de l’amicale des anciens combattants de la Légion Etrangère de Marseille, pour une conférence sur son dernier livre intitulé : « osons dire la vérité à l’Afrique ».

 

© Photos Bernard MEYRAN (droits www.monsieur-legionnaire.org  cliquez sur la photo pour l'agrandir

Car le professeur Lugan n’y va pas par quatre chemins : il estime que l’Europe est soumise à une propagande marxiste sur l’état de l’Afrique qui non seulement « ne démarre pas », contrairement à ce que racontent les médias français, mais s’appauvrit de jour en jour. « L’impasse est définitive car les colonisateurs seront toujours présentés comme les agresseurs et les colonisés comme des victimes », explique-t-il. Cette culpabilisation permanente de la France est à la source d’un rapport sado masochiste entre la France et l’Afrique qui tire le plus souvent avantage de nos complexes. M. Lugan ajoute que dix ans avant leur indépendance, la plupart des Etats africains étaient prospères car les agriculteurs locaux pouvaient parfois faire trois récoltes tant leurs terres étaient fertiles. Puis l’indépendance est venue, et patatras, ce fut la fin de la prospérité et le début d’une misère qui ne cesse de s’aggraver au fil des ans.

© Photo Constantin LIANOS (droits www.monsieur-legionnaire.org  cliquez sur la photo pour l'agrandir

Evidemment, ce message fort et direct déplait souverainement à nos élites qui veulent à tout prix nous faire croire que l’Afrique se porte bien depuis qu’elle est livrée à elle-même. Or, c’est archi-faux. L’Afrique du sud se tiers mondise depuis que les fermiers Blancs sont chassés, victimes de la discrimination à rebours, tandis que l’Asie, elle, ne cesse de se développer et de gagner des parts de marché.

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Bernard Lugan a ainsi battu en brèche toutes les idées reçues qui circulent sur l’Afrique, encouragées par une civilisation obsédée par les droits de l’homme et la féminisation. Nous aurions pillé les richesses africaines ? Ah oui ? Et les pays les plus riches d’Europe, comme la Suède ou la Suisse, sont précisément ceux qui n’ont jamais eu de colonies ! De même, seulement deux pour cent du volume total de la traite humaine était le fait de négriers européens, la grande majorité était des négriers noirs qui tiraient avantage de la mise en esclavage de leurs congénéraires. D’ailleurs le grand capital français s’est détourné de l’Afrique dès 1914 et c’est l’Etat français qui a pris le relais.

Le professeur Lugan a démontré que…les Etats africains dans leurs frontières juridiques actuelles, n’existaient pas : ce qui existe en revanche c’est une kyrielle d’ethnies différentes, de tribus ou de lignées qui se répartissent le territoire et n’ont que faire des frontières tampons. Et puis le « copié-collé » démocratique à la française, c'est-à-dire un homme une voix, ne peut pas fonctionner en Afrique. Seul le sondage ethnique grandeur nature peut permettre de deviner à l’avance le résultat d’une élection. Le transfert de nos modèles sur le corps social africain a échoué et la plupart de nos anciennes colonies sont en perdition.

Enfin, le problème majeur, celui qui n’est jamais dévoilé en France, c’est celui d’une démographie galopante qui n’est plus freinée par la mortalité infantile observée jadis. Les Africains étaient 250 millions en 1950, ils sont actuellement deux milliards et seront trois milliards en 2050. Les femmes africaines font en moyenne sept à huit enfants. Comment prétendre atténuer la précarité alors que les ressources du continent demeurent très limitées, si l’on fait exception de la manne pétrolière ou gazière. Les millions d’Africains qui s’entassent dans des bidonvilles urbains ingérables vivent le plus souvent d’allocations et de redistribution.

Par conséquent, et c’est une très mauvaise nouvelle, personne ne parviendra à endiguer une émigration massive vers les pays d’Europe…

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José D'ARRIGO, membre à vie de l'AACLEMP

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