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Anciens combattants : Une magnifique messe du souvenir

© Photo Constantin LIANOS droits AACLEMP - Cliquez sur la photo pour l'agrandir 

La basilique du Sacré Cœur était bondée ce dimanche à onze heures pour la traditionnelle messe du souvenir dédiée aux soldats morts pour la France. Près de 1300 personnes, assises ou debout, ont assisté avec recueillement à cet office splendide célébré à la perfection par Mgr Jean-Pierre Ellul dans une enceinte entièrement décorée de bleu-blanc-rouge et de vert et rouge, les couleurs de la Légion Etrangère. Cette basilique superbement pavoisée ne pouvait pas ne pas faire penser aux prières de nos anciens exaltant la France éternelle dans sa symbiose spirituelle avec la religion, avec la patrie. On songe aux vers vibrants de foi de Charles Péguy, mort au champ d’honneur en 1914 :

« Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle, mais pourvu que ce fût dans une juste guerre, heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles, couchés dessus le sol à la face de Dieu, heureux ceux qui sont morts pour des cités charnelles car elles sont le corps de la cité de Dieu ».

Face aux porte-drapeaux, lorsque retentit dans l’église la sonnerie « Aux Morts », les militaires et les civils étaient au garde-à-vous parfaitement orchestré par Monsieur Alain RAPHAEL président de l'UNC Marseille-centre, membre éminent de l’UNC et le Lieutenant-Colonel Constantin LIANOS président de l'AACLE de Marseille-Provence en présence du colonel Michel Richaud, vice-président de l’union nationale des anciens combattants. Mme Catherine Giner, MM. Dominique Tian, Yves Moraine, André Malrait, Jean-Pierre Berbérian, représentaient les élus de la nation au premiers et deuxièmes rangs et ils ont été très sensibles à l’homélie émouvante et digne de Mgr le Chanoine Jean-Pierre Ellul (aumônier de l'AACLEMP) qui a su trouver les mots justes pour évoquer la tragédie de la guerre et l’ampleur du sacrifice.

« Chaque année, a-t-il souligné, nos prières montent du fond de nos cœurs pour tous les soldats morts pour la France. Dans le fracas des armes, j’essaie de percevoir les cris de souffrance ou d’espoir de ces jeunes soldats qui ont fait le sacrifice de leur vie pour cette terre de France qui deviendra leur linceul. » Il est vrai que ces jeunes gens, jetés dans l’exiguïté des tranchées, étaient parfois tenaillés par la peur, la solitude, le désespoir. Leur courage a permis à la France de triompher de « l’orgueilleux souverain qui rêvait de l’universelle domination » : «  il a plié les genoux, il a demandé grâce : merci à Dieu qui a donné la victoire, merci aux soldats de France qui ont bataillé jusqu’au bout ! »

 

© Photos Bernard MEYRAN (droits www.monsieur-legionnaire.org ) cliquez sur la photo pour l'agrandir 

Parmi les glorieux soldats qui ont donné leur vie pour la France, Mgr Ellul a cité le père Daniel Brottier qui fut aumônier militaire volontaire et participa à la Grande Guerre en première ligne sans jamais être blessé. Maintes fois sur le front, au mépris de sa vie, le prêtre a porté secours aux soldats blessés, lisant avec ceux qui étaient les plus atteints, cette prière fervente à la Sainte Vierge : « A l’heure de ma mort, ô Marie que j’aurais tant de fois invoquée, soyez auprès de moi, soyez-y comme y serait ma mère si elle vivait encore, peut-être que ma langue paralysée ne pourra plus prononcer votre nom mais mon cœur le redira toujours. Je vous appelle maintenant pour ce moment redoutable : expirant loin de tout secours, seul sans une main aimée pour me fermer les yeux, je mourrai souriant parce que vous serez là, je l’espère, je le crois, j’en suis sûr ».

« Merci soldats de France, vous vivrez à jamais dans notre impérissable souvenir », a conclu Mgr Ellul. Ces mots sont évidemment allés droit au cœur des anciens combattants mais aussi de tous les fidèles présents qui renouaient dans cet élan sacré et solennel avec la grandeur de la France. Le lieutenant-colonel Lianos, qui était au four et au moulin pour peaufiner tous les détails de ce splendide hommage à nos anciens, a ensuite présidé sur le parvis de la basilique une aubade merveilleuse orchestrée par les anciens musiciens de la Légion Etrangère.

On ne peut s’empêcher de songer, en remontant le Prado, aux mots du général Charles de Gaulle, le 18 juin 1942, s’adressant aux Français : « il n’y aura jamais pour nous ni doute, ni lassitude, ni renoncement. Unis pour combattre nous irons jusqu’au bout de notre devoir envers la France, nous irons jusqu’au bout de la libération nationale ! Alors, notre tâche finie, notre rôle effacé, après tous ceux qui l’ont servie depuis l’aurore de son histoire, avant tous ceux qui la serviront dans son éternel avenir, nous dirons simplement à la France : mère, voyez vos fils qui se sont tant battus ! »

 

José D’Arrigo (*1)

***

De nombreuses personnalités civiles et militaires ont participé à cette manifestation : parmi elles, nous avons notamment reconnu : 

S.E. l'ambassadeur du Liban Tony et Madame BRAIDY (membres à vie de l'AACLEMP)
Madame Catherine GINER représentant M. Renaud MUSELIER, président de la région PACA
Monsieur Yves MORAINE, Maire du 6è -8è représentant Madame Martine VASSAL, Présidente du Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône.
Dominique TIAN, député des BdR, adjoint au Maire de Marseille,
Monsieur Andre MALRAIT, Adjoint au Maire pour les Anciens Combattants,
Monsieur Jean-Pierre BERBERIAN, Adjoint au maire du 9è et 10è Arrondissements
Messieurs Alain NEMETH, Joseph PIETRUCCI, Guillaume JOUVE et Emmanuel FOUQUART,
Monsieur Jacques VISCONTI, Délégué de l'ONM pour Marseille.
Docteur Jean-Baptiste RENUCCI, Délégué du Souvenir Napoléonien région PACA
Le Médecin-colonel Michel Bernard président de la France libre
Les Généraux Jean-Louis PICHOT de CHAMPFLEURY, Jean-Paul ANDREOLI et Jean-François BRIANT
Madame Jocelyne de MONTAIGNAC, marraine de l'AACLEMP
Monsieur Marcel CHAPAPRIA, Président National des Anciens Combattants de la Sécurité Sociale 
Monsieur Daniel BECKER, président des PG CTAM et Ass Dép des CPG Aig. Tun. Maroc.
Professeur Bernard LUGAN.
Messieurs Jean-Pierre DUBARRY et le Docteur François CATALAN représentaient l'Union National des Parachutistes des  Bouches du Rhône.
Monsieur Bernard CRISCUOLO, Délégué du Souvenir Français des Bouches du Rhône 
Monsieur Jean-Dominique ROUBAUD, président du comité du Souvenir Français d'Aubagne et environs accompagné de Madame Hèlene HIRMANN (déléguée permanente du Président de l'AACEMP auprès de ce même comité. 
Sans oublier les 30 Présidents de sections de l'UNC des Bouches du Rhône
 
Lien :
 
(*1) José D'ARRIGO, membre à vie de l'AACLEMP
Jos-DARRIGO.jpg
 
© Texte et Photos (droits www.monsieur-legionnaire.org )

 

Nous venons d'apprendre le décès du général (2s) Jean-Pierre CLER, ancien chef de corps du 1er Régiment Etranger de 1984 à 1986. Ses obsèques ont eu lieu le samedi 06 janvier 2018 en l'église de Colombier en brionnais à 09h30. 

De plus amples informations et peut-être anecdotes le concernant suivront entres autres: "le colonel Jean Pierre Cler pendant son commandement apprend que de son temps d'aspirant en Algérie, il lui avait été concédée la médaille militaire; chose inconnu de lui-même et qui s'est mise en place dès la connaissance de cette attribution inscrite au JO de la République française. De ce fait, il n'était pas courant de voir un général décoré de la Légion d'Honneur et de la médaille militaire..."  

L'Adjudant-chef Kurt-Hans NIED nous a quitté. 
 
Nous apprenons avec tristesse la disparition de l’Adjudant-chef  Kurt-Hans NIED  le 04 janvier 2018 à l’aube de ses 81 ans ( il était né le 08 février 1937),
 
Lecteur assidu des compilations de Monsieur Légionnaire depuis plus de 20 ans !
Il avait présidé la 550° Section des Médaillés Militaires d’Aubagne et sa région de 1997 à 2012.
 
Il a été membre et vérificateur aux comptes de la SAMLE durant plusieurs années.
 
Un ancien de la communauté Légionnaire très apprécié qui nous quitte. 
 
Les obsèques ont eu lieu le jeudi 11 janvier à 14h30 en l’église de Camp le Major Chemin de l'Église - 13400 Aubagne (celle qui surplombe la piscine du Charrel), puis à 16h00 au crématorium des Fenesterelles.
 
Le président et les membres de l’AACLEMP présentent leurs condoléance à la famille du défunt.
 
Lcl Constantin LIANOS
Président de l’AACLE de Marseille - Provence
***
 

Témoignage du CBA (er) Christian MORISOT:

"L’adjudant-chef Nied, la première fois que je l’ai rencontré était au chevet de mon ami, le sergent Trapp qui devait décéder peu de temps après, des suites d’une maladie incurable qui s’était révélée en service. Nied et son épouse   ( décédée il y 3 ans) avaient pris sous leur protection la jeune épouse du sergent qui ne parlait pas français et qui était désemparée sans possibilité de réagir. Depuis, j’avais pour lui, une estime incorruptible. Par la suite, sa générosité s’est toujours affichée et ne s’est jamais arrêtée au profit des plus malheureux d’entre nous; sa présence était toujours réconfortante. Kurt Hans Nied était un père de famille “bon enfant” qui savait à tout moment être là, où il le fallait au point d’exaspérer, mais dans l’histoire des mouvements associatifs, la mémoire collective devrait pouvoir et savoir garder l’image et le souvenir de ces hommes bons et loyaux qui ne pensent pas qu’à eux-mêmes.

C’est dernier temps la maladie avait pris le dessus, il était moins présent au point de se faire oublier; comme les oiseaux, il s’était caché pour mourir.

Souvenons-nous de lui." 

Eloge de Kurt Hans NIED

Nous sommes réunis pour dire un A Dieu à l’adjudant-chef Kurt Hans NIED décédé ce 4 janvier à Aubagne.

Mon adjudant-chef, mon cher Nied, il me revient de retracer brièvement votre parcours sur notre terre.

Habitant depuis 1987 à Aubagne, vous étiez devenu une personnalité aubagnaise, bien qu’originaire d’outre Rhin. Vous étiez bien connu à la Légion étrangère, mais aussi du monde associatif aubagnais  et des différentes autorités municipales que vous avez côtoyées tout au long de de 25 années actives dans le domaine associatif.

Vous êtes né le 8 février 1937 à Homburg en Sarre. Durant votre enfance, vous avez connu la guerre et les difficultés de l’après-guerre, dans une région ballotée entre la France et l’Allemagne.

La physique sera la dominante de vos études, marquées par l’obtention d’un baccalauréat M’ puis des études supérieures à Darmstadt. Cependant vous vous engagerez à la Légion étrangère le 15 décembre 1961à Strasbourg et rejoindrez l’Algérie pour suivre votre instruction de jeune engagé volontaire. Très vite vos qualités foncières et votre ardeur au travail vous font progresser rapidement puisqu’à 3 ans de service, vous êtes déjà nommé sergent en 1965. A partir de 1967, vous vous spécialisez dans l’administration des corps de troupe où votre compétence et votre rigueur sont unanimement appréciées. Successivement à Bonifacio où vous rencontrerez Sigrid avec laquelle vous vous marierez le 6 juillet 1968, Aubagne, Strasbourg Fort de Nogent, , toujours au sein du 1er régiment étranger, vous assurez des responsabilités administratives de plus en plus importantes : celles, souvent dans l’ombre,  qui permettent à une unité de remplir sa mission sereinement.

Sergent-chef le 1er janvier 1969 et adjudant 4 ans plus tard, vous êtes promu adjudant-chef le 1er janvier 1978.

La croix du combattant vous est attribuée en 1981 et la Médaille militaire vous est concédée en  1987.

Le 4 janvier 1991 vous partez au 5ème RMP à Mururoa pour un an.

Le 24 janvier 1992, vous quittez le service actif pour plonger tout de suite dans la vie associative. A vrai dire en 1991, vous aviez été l’un des fondateurs de l’association des sous-officiers du 1er RE….était-ce prémonitoire de votre engagement associatif ultérieur ?

Vous vous investissez d’emblée  dans la 550ème section des Médaillés militaires d’Aubagne dont vous deviendrez le président de 1998 à 2012.Comme d’ailleurs à la Légion étrangère, dans cet investissement au sein des Médaillés militaires, vous faites preuve de rigueur et d’exigence tout en manifestant une grande modestie et une grande gentillesse. Vous aviez une attention discrète et efficace envers les médaillés militaires les plus fragiles et les veuves.

En 2003, vous acceptez d’être vérificateur aux comptes de la jeune société des amis du Musée de la Légion étrangère, jusqu’en 2007.

Vous étiez par ailleurs membres de plusieurs autres associations : AALE, Souvenir Français, l’UNC et l’Union cantonale, en particulier.

L’humour était rarement absent de vos propos : vous aimiez conter de petites histoires tout aussi curieuses les unes que les autres.

Cette assemblée nombreuse montre à quel point vous étiez apprécié dans cette commune d’Aubagne.

Au nom des associations patriotiques et plus particulièrement des Médaillés militaires, de l’amicale des anciens de la Légion Étrangère, de la société des amis du Musée de la légion étrangère et en mon nom personnel, nous présentons à vous ses frères Rolf et Klaus,  ses enfants Christophe, Sabine et Barbara et à ses 7 petits-enfants nos condoléances très sincères et les prions de croire à toute la part que nous prenons à votre peine.

A Dieu, notre cher Ancien, A Dieu mon cher Nied.

Général (2S) Bruno LE FLEM

L'AACLEMP était représentée par le Général Louis PICHOT de CHAMPFLEURY, Le Général et Madame Jean-Louis FRANCESCHI, le Lieutenant-colonel et Madame Jean-Pierre PAULIN, le Médecin-Capitaine Alain BOURDON (membres à vie de l'AACLEMP), Major Mohamed AHMED CHAOUCH, le Caporal-chef Michel FEUILLERET (porte-drapeau AACLEMP) et Marcel BIANCOTO (porte-drapeau de l'UNC), membres actifs de l'AACLEMP.

Un grand merci au Médecin-Capitaine Alain BOURDON pour les photos et bravo au Major Mohamed AHMED CHAOUCH président de la 550 section des Médaillés militaires pour l'organisation. 

Lcl Constantin LIANOS, Président de l'AACLE de Marseille-Provence

Avis de décès :

 

nous apprenons avec tristesse la disparition de l'ADC (er) Tibor SZECSKO, ancien conservateur adjoint du musée de la Légion étrangère.

 

Les obsèques se dérouleront le Mercredi 13 Décembre à 10 h 00 en l'église Sainte Marie-Madeleine - 1, de l'église - 13290 Aix Les Milles 

 

Le président et le porte-drepeau de l'AACLEMP seront présent à 9 H 45. 

 

Les membres de l'AACLEMP  et amis qui l'ont connu seront les bienvenus pour dire Au revoir à Tibor qui était aussi (il me semble) membre fondateur de l'AAMLE, présidée maintenant par le Général Louis PICHOT de CHAMPFLEURY.

 

Tibor n'était pas membre de l'AACLEMP mais vu le travail qu'il a fourni au profit de la Légion étrangère d'active et la communauté associative, nous ferons exceptionnellement le déplacement de Marseille pour cet excellent Sous-officier.

 

Les frais du déplacement du porte-drapeau seront pris en charges par l'AALEMP.

Constantin LIANOS

Président de l'AACLEMP

 

  

Adc (er) Tibor Szecsko au musée de la Légion 

“La disparition d’un ami très cher nous oblige à penser, sans concession, à notre propre mort. Un très grand nombre d’anciens légionnaires se souviennent de Tibor Szesko comme celui qui n’avait eu qu’une seule affectation à la Légion: le musée. Il représentait à leurs yeux la référence de la connaisance parfaitement du musée et de l’histoire de la Légion étrangère. Il est tellement vrai que pour lui, la Légion était une passion et que dans chacun de ses livres, il s’appliquait à restituer avec exactitude les évènements, ne se laissant jamais embarquer dans la facilité de les agrémenter d’une romance parasite que trop d’historiens utilisent. Tibor, c’était “monsieur le conservateur” du musée de la Légion de Bel Abbès à Aubagne qui, au moment de prendre sa retraite disait que désormais ce qui lui manquerait le plus, c‘est ce quotidien au cours duquel, il avait le privilège de pouvoir fréquenter les fantômes de tous ceux qui ont fait cette Légion, qu’il adorait et dont il avait la religion.

Tibor était fidèle en amitié et il n’était jamais aussi heureux qu’entouré de ses compagnons d’armes qui aujourd’hui se souviennent de lui avec émotions. Il était un de ces personnages atypiques dont la Légion a le secret, mais parti trop vite, il lui restait encore tant et tant de livres, de témoignages, d’histoires légonnaires à écrire.

Tibor, ta disparition nous bouleverse, nous avons une pensée pour ta famille, tu as rejoins tous ces fantômes du musée qui t’attendent pour te raconter leurs histoires autour de ce que nous appelons familièrement le dernier bivouac…

A Dieu, mon Adjudant-chef, reposez en paix et merci pour tout Tibor.”

Christian MORISOT

 

lieutenant- colonel (er) Antoine Marquet ancien patron du SHILE:

"Conservateur du Musée, il prétendait "vivre, travailler au milieu de fantômes"... Il les a rejoints de l'autre côté du voile... Si en visitant la musée vous entendez une voix, vous sentez une présence qui vous raconte bien des aspects de l'histoire de la Légion, ne soyez pas effrayés... c'est lui qui vous sert de guide.

Repose en paix Tibor dans cet éternel bivouac où nous ne manquerons pas de te visiter.

A Dieu.

 

Le président, les membres de l'AACLEMP et les membres du Réseau de Monsieur Légionnaire présentent leurs condoléances à Madame Elvira SZECSKO.

Lieutenant-Colonel Constantin LIANOS

 

Ancien Légionnaire et ami de Tibor

Le lieutenant Henri Anglès, membre à vie de l'amicale des anciens combattants de la Légion Etrangère de Marseille-Provence, est décédé ce 22 novembre à 10 h du matin à son domicile à Marseille.

 

Il était âgé de 99 ans et s'était illustré à maintes reprises au cours de la seconde guerre mondiale et de la guerre d'Indochine.

Il était Chevalier de la Légion d'honneur et titulaire de nombreuses citations et décorations.

 

Henri Anglès était l'aide de camp du général Philippe Leclerc qui le tenait pour son meilleur soldat.

 

Biographie du Lieutenant Henri ANGLÈS

 

Les honneurs militaires lui seront rendus lundi 27 novembre à 9 h 15 au Funerarium du cimetière Saint-Pierre à Marseille.

 

Rendez-vous pour les anciens combattants et porte-drapeaux à 9 H 00

 

Le Président et les membres de l'AACLE de Marseille-Provence présentent leurs condoléances à la famille d'Henri et en particulier à José d'ARRIGO (son neveu et membre à vie de l'AACLEMP).

 

Le président de l'association des porte-drapeaux prévenu par téléphone ainsi que Monsieur  Michel FEUILLERET,  porte-drapeau de l'AACLEMP.  Monsieur Istvan SZEKFU jouera la sonnerie aux morts.

 

Tous les membres et amis de l'AACLEMP disponibles sont priés de venir accompagner ce grand soldat à sa dernière demeure.

 

Constantin LIANOS

Président de l'AACLEMP 

 

Hommage à la mémoire d’Henri Anglès

D’abord merci à tous d’être venus jusqu’ici ce matin pour vous associer à l’hommage que nous rendons ce matin à la mémoire d’Henri Anglès. Certains d’entre vous seront surpris d’entendre son vrai prénom « Henri » car ses proches avaient coutume de l’appeler affectueusement « Guy» ou « Guigui » depuis que sa sœur Janine l’avait ainsi rebaptisé parce qu’elle éprouvait dans son enfance les pires difficultés à prononcer « Henri » et qu’elle baragouinait un « Guigui » ou un « Guy » qui lui est  resté.

Un merci tout particulier à Christiane, Claudie, Caroline, Véronique et Karine, ses filles et petites-filles bien aimées, qui l’ont soigné jusqu’au bout avec un dévouement admirable, merci à Lucas, futur médecin, très proche de lui lorsque son état s’est aggravé, merci à Dany et Chantal, ses nièces, toujours présentes, toujours fidèles, merci à tous ceux qui l’ont aidé dans ses derniers moments de vie, en particulier le personnel soignant.

Je voudrais ici exprimer notre gratitude au lieutenant-colonel Constantin Lianos, président de l’Amicale des anciens combattants de la Légion Etrangère de Marseille qui a organisé avec brio l’hommage militaire auquel vous venez d’assister, et remercier le colonel Jean-Claude Baffie qui m’aidait en secret à obtenir une promotion pour Henri dans l’ordre de la Légion d’Honneur afin de célébrer dignement ses cent ans le 1er juillet prochain, mais la nature est toujours la plus forte.

Elle a déjoué nos plans et gagné la partie. Henri Anglès s’est éteint  paisiblement le 22 novembre à 10 heures du matin, comme s’il voulait dédier une délicate attention à sa chère épouse Paulette, décédée, elle, un 20 novembre, il y a près de vingt ans. 

Je prends la parole aujourd’hui à la demande du défunt, avec l’accord de sa famille, parce que j’étais devenu au fil du temps son confident et son ami après avoir recueilli ses souvenirs et écrit ses mémoires.

Nul besoin de s’étendre sur son exceptionnelle carrière militaire : le jeune lieutenant Henri Anglès s’est illustré à maintes reprises en Indochine puis durant la campagne de France et les appréciations de ses supérieurs pour justifier ses nombreuses décorations et citations valent mieux que de longs discours : « officier ardent et courageux », « soldat d’élite animé par une flamme intérieure », « courage, allant, sang froid », militaire « d’une téméraire bravoure ». Le lieutenant Henri Anglès était si vaillant que le féroce général Giap, chef du Viet Minh, avait mis sa tête à prix en Indochine et l’avait surnommé « Le Makoui », c'est-à-dire « Le Diable ».

Grièvement blessé au Laos par un éclat de grenade, Henri Anglès n’a dû son salut qu’au général Philippe Leclerc qui a dépêché sur place un Aviso médicalisé pour rapatrier d’urgence celui qu’il considérait comme son meilleur soldat. En vérité, Henri Anglès a toujours cru en sa bonne étoile, même dans les pires moments. Il était probablement un croyant qui s’ignore et un chef charismatique « animé d’une flamme intérieure » qui ne l’a jamais quitté, une flamme perceptible dans son regard bleu ciel d’une étonnante limpidité.

Henri Anglès assumait l’héroïsme tranquille d’un homme libre qui considérait la guerre comme « un métier de Seigneur ». Il aimait cette citation d’un autre brillant officier de la Légion qui s’est illustré en Algérie, le commandant Hélie Denoix de Saint Marc : « La vie est un combat et le métier d’homme est un rude métier. Ceux qui vivent sont ceux qui se battent. Rien n’est sûr. Rien n’est facile. Tout se conquiert. Tout se mérite. Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu. Envers et contre tous, il faut croire en son pays et en son avenir. De toutes les vertus, la plus importante me paraît être le courage et surtout le courage dont on ne parle jamais : celui de rester fidèle à ses rêves de jeunesse… »

Eh bien Henri Anglès est resté fidèle à ses rêves de jeunesse et il les a accomplis en aristocrate de la guerre. Démobilisé en 1946, il a créé à Saigon un bureau d’import-export avec l’aide d’un mystérieux « Monsieur Tung » qu’il vouvoyait et appelait toujours respectueusement « Monsieur Tung ». Henri ignorait alors que ce « M. Tung » n’était autre qu’un des patrons du Viet Minh à Saigon. Lorsque M. Tung a vu passer le nom d’Henri Anglès accolé à « Makoui » dans une liste adressée au comité d’assassinat de la région de Saigon-Cholon, il a discrètement rayé le nom de son patron sur la liste noire…Quelques années plus tard, sur le Vieux Port, le mystérieux « M. Tung » expliqua à Henri qu’il lui avait sauvé la vie parce qu’il l’avait toujours traité avec la plus grande humanité.

La vie d’Henri Anglès ressemble à un roman épique peuplé de défis permanents, comme s’il cultivait le goût du risque et cherchait à s’éprouver lui-même. Il se lançait à lui-même ces défis, à la manière d’un alpiniste qu’aucune difficulté ne rebute, jusqu’à la réussite finale. Il a ainsi vécu sa vie comme une mission qui n’aurait pas de fin…

Henri, toi le baroudeur impénitent, tu reposes en paix auprès de ton épouse bien aimée. Toi qui étais en quête d’une plénitude extrême et d’une tentation de l’au-delà, te voilà aujourd’hui dans un autre au-delà, celui du royaume des Cieux. Toi qui rêvais enfant devant le tableau des médailles de tes ancêtres en aspirant à leur ressembler, voire à les dépasser un jour, tu y as mis toute ton âme, toute ta force et tu y es parvenu. Le récit de tes missions prestigieuses a fasciné nos imaginations blasées. Il nous reste ton regard bleu qui semblait percer à jour toutes les vilénies de ce monde pour les rendre dérisoires, il nous reste ton rire qui ruisselait en cascade et tes boutades goguenardes parfois empreintes d’une ironie mordante.

Grâce à ton exemple, grâce à tes amis et tes proches, nos enfants apprendront la grandeur de la France éternelle, ils sauront que rien n’est impossible à un cœur vaillant animé par une foi et une volonté invincibles. Je pense à Valentin, un de tes arrières petits fils qui pleurait à chaudes larmes le jour où Renaud Muselier et le lieutenant-colonel Constantin Lianos t’ont remis la médaille d’Honneur de la ville de Marseille pour services rendus à la nation. Tes larmes, sache-le, Valentin, ont été durant ces dernières années une des plus grandes joies du  glorieux lieutenant Henri Anglès. Adieu Guy, adieu l’artiste.

 José d'ARRIGO