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Le Makoui 

Henri ANGLÈS dit « Le Makoui » est né le 1er Juillet 1918 à Avignon. 

Henri est un provençal de combat, sobre de parole et très discret, mais animé d’une flamme intérieure qui l’a toujours tendu vers un idéal et l’a poussé à l’accomplissement de son devoir  au péril de sa vie !

Après avoir débuté dans l’Infanterie Alpine, en Septembre 1939, il a terminé son stage d’Elève Officier à St Maixent en participant à la défense légendaire de l’Ecole de Cavalerie de Saumur au Pont de Gennes.

 

Démobilisé en Février 1941 après les combats malheureux qui ont accablé nôtre Pays, mais avec une ardeur patriotique il a participé aux batailles libératrices en s’engageant pour la durée de la guerre le 25 Janvier 1945.

Affecté au Train des Equipages, il s’est distingué au passage glorieux du Rhin et sa première citation fut élogieuse.

Je cite « Aspirant calme et courageux, n’a pas hésité en plein jour, à deux reprises les 30 et 31 Mars 1945 à Spire, à faire des reconnaissances extrêmement dangereuses le long du Rhin au contact de l’ennemi afin de permettre à ses camions chargés d’éléments de bateaux d’assurer leur mission dans les meilleures conditions. A permis par son action la réussite de la « construction d’un pont de grande importance ».

Promu Sous-lieutenant et muté à la première Armée, puis à la 171ème Compagnie de transport de la 9ème Division d’Infanterie Coloniale, il fait Campagne en Indochine dont les combats si meurtriers, mais hélas sans espoir restent gravés dans tous les cœurs en amers souvenirs.

 

 

Les hauts faits et le sang versé sur ces terres lointaines par nos troupes demeurent glorieux parmi les actions d’éclat dont nos armées ont écrit l’histoire au cours des siècles sous tous les cieux du monde. Là encore il s’est distingué par sa bravoure et ses qualités de chef récompensées par trois citations.

Citation à l’ordre du Régiment du 30 Décembre 1945 :

Officier ardent et courageux. A participé le 5 Novembre 1945 à Govap à une opération destinée à récupérer un train dans une région fortement tenue par les rebelles. Chargé de la mise en place du dispositif de sûreté, a donné un bel exemple de sang froid et de courage dans l’exécution de sa mission. A par la suite largement contribué par son action personnelle à la réussite d’une opération de nettoyage sous un feu violent au cours de laquelle de pertes sévères furent infligées aux dissidents.

Citation à l’Ordre de la Brigade du 31 Décembre 1945

Chef d’une rame de convoi chargé de transport le groupement Pivier de Saigon à Ban Mi Thuot, a obtenu de ses hommes et de son matériel un effort remarquable qui a assuré le succès de l’opération. Au cours des combats du 30 Novembre au 5 Décembre a fait preuve des plus belles qualités de courage, d’allant et sang froid abattant de sa main trois adversaires.

Citation à l’Ordre de la Division du 14 Avril 1946

Jeune Officier du Train a spontanément offert son matériel et son personnel pour transporter le détachement  Montagnard lors de l’exécution d’un coup de main sur les Monts de l’E.A.D.A.C. - A fait preuve au cours de l’opération de  décision et d’une téméraire bravoure. Se trouvant brusquement à un détour de route en face d’un avant poste, a foncé avec son véhicule, semant la panique parmi les rebelles en tuant deux permettant ainsi de surprendre le gros des forces adverses et assurant la réussite de l’opération.

Que puis-je ajouter à ces citations d’une telle éloquence ?

Oui, j’ajouterai qu’il a été blessé par des éclats de grenade à Muang-Phine au Laos, et qu’il a ainsi mêlé son sang généreux à celui de tous les héros, que  nous honorons et vénérons. C’est pour nous, combattants de la 4ème génération de feu un devoir de mémoire.  

Le Makoui a servi pendant 15 ans la patrie, Deux ans et demi de campagne (France – Allemagne – Cochinchine, 4 citations, une blessure, sont des titres de guerre qui méritent largement le grade supérieur de celui qu’il porte à sa poitrine depuis le 28 Juin 1963 à 19 H 00, un geste de promotion aurait du être fait à son égard. 51 ans se sont passés !!!!!!!!

C’est ainsi que la patrie récompense ses enfants qui se sont battus pour elle et pour notre liberté !

Démobilisé le 3 Novembre 1946, il n’a pas voulu abandonner ces territoires sur lesquels notre drapeau a si longtemps flotté et il a tenu à y maintenir le rayonnement de notre civilisation, en y créant un bureau d’Importation-Exportation à la tête duquel il a déployé les mêmes qualités d’intelligence et d’ardeur au travail.

Il a été président de l’Association des Anciens du Train en Extrême Orient. Henri Anglès dit Makoui a œuvré toute sa vie à faire du bien autour de lui. Il est Chevalier de la Légion d’Honneur depuis 1963

et titulaire de :

·      Croix de guerre 1939-1945 avec une citation

·      Croix de guerre de Théâtres des Opération Extérieurs avec trois citations

·      Croix du Combattant

·      Croix du Combattant Volontaire 1939 - 1945

·      Médaille de blessé

·      Médaille commémorative 1939 - 1945

·      Médaille commémorative de la Campagne d’Indochine

Toute sa vie, il aura donné le parfait exemple de ce que représente le monde combattant au sein de la Nation.

Il est membre à vie de notre amicale.

Merci Monsieur Légionnaire !

Lieutenant-colonel Constantin LIANOS

Président de l’Amicale des Anciens Combattants de la Légion étrangère de Marseille -Provence.

Marseille le 29 Mars 2014

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Hommage de Renaud MUSELIER au lieutenant Henri Anglès

 

Bonjour à tous et merci de m’accueillir parmi vous aujourd’hui.

 

Merci au Lieutenant-colonel Constantin LIANOS et aux anciens soldats de la Légion Etrangère d’avoir organisé cette cérémonie d’hommage au lieutenant Henri Anglès, héros de la guerre d’Indochine et de la Campagne de France, merci à vous tous, chers amis, de vous associer à cet hommage mérité, la modestie naturelle et le refus des honneurs du récipiendaire dussent-ils en souffrir.

 

Oui, je suis venu vous dire très simplement que des hommes tels que vous, Henri Anglès, sont l’honneur et l’orgueil de la France.

 

 

Je ne reviendrai pas sur vos brillants états de service, le colonel Lianos vient de le faire avec brio. Vous faites partie de ceux qui ont contribué par leur sacrifice au redressement et à la grandeur de la France.

 

Avec le général Philippe Leclerc, maréchal de France, dont vous étiez le bras droit, vous avez risqué votre vie à maintes reprises de Friedenstat à Saïgon en passant par Hué et Banméthuot pour maintenir la liberté et la dignité de notre nation.

 

Vous avez été grièvement blessé au combat mais vous n’avez jamais renoncé à votre idéal de soldat : celui de servir la France, quoi qu’il en coûte.

 

Henri Anglès, vous êtes un exemple vivant de ce qu’est un « grand ancien » et vos missions prestigieuses fascinent nos imaginations blasées. Grâce à vous, nos enfants apprendront que rien n’est impossible à qui est animé par la volonté et la foi. Grâce à vous, nos enfants apprendront la grandeur de la France éternelle.

 

Certes, le monde a bien changé, chers amis, mais les Français ont plus que jamais besoin d’avoir l’orgueil de la France. Si la France n’a pas le sentiment de sa dignité, si on ne lui propose pas des buts élevés à travers un destin qui la transcende, elle se traîne dans la médiocrité, l’individualisme et le matérialisme.

 

« Il n’y a pas de bonheur sans liberté ni de liberté sans vaillance », disait à juste titre l’historien grec Thucidide. 

Vous avez vu tomber autour de vous de nombreux compagnons d’armes. Vous avez songé que ces humbles morts, ces morts glorieux, incarnaient tous l’amour de la France au moment de leur sacrifice, comme cet attachement viscéral à leur mère patrie les avait animés à toutes les heures de leur combat. Au fil des accrochages, vous êtes devenu la bête noire du général Giap, un tortionnaire récemment décédé et qui avait mis votre tête à prix. Il vous avait surnommé « Makoui », c'est-à-dire « le diable ».

 

Oui, Henri Anglès, vous avez été un chef de convoi diabolique et charismatique, toujours debout dans votre jeep et unanimement respecté. Il vous suffisait de lever le bras pour donner le signal du départ et votre unité s’engageait les yeux fermés dans les maquis les plus périlleux.

 

Cher Henri Anglès, c’est avec fierté que je vais vous décerner la médaille d’honneur de la ville de Marseille pour services rendus à la nation. Je vais le faire avec la joie d’un homme libre qui évoque l’héroïsme tranquille d’un homme libre, avec la reconnaissance admirative de l’ancien ministre qui sait le prix de l’engagement, du courage civique, de l’audace et de la résistance à l’oppression.

 

Je suis d’autant plus heureux de célébrer le guerrier irréductible que vous êtes, Henri Anglès, que nous vivons une époque émolliente où les bases de ce qu’on appelait la morale sont remises en cause et où il est toujours question de droits et jamais de devoirs. Malgré l’avachissement de la civilisation des loisirs et le règne de l’irresponsabilité, votre exemple nous incite à croire en la grandeur de l’aventure humaine.

 

Comme l’écrivait un autre héros de l’Indochine, Hélie Denoix de Saint-Marc, récemment décédé, « la vie est un combat et le métier d’homme est un rude métier. Ceux qui vivent sont ceux qui se battent. Rien n’est sûr, rien n’est facile, tout se conquiert, tout se mérite : si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu. Envers et contre tous, il faut croire en son pays et en son avenir. De toutes les vertus, la plus importante me paraît être le courage et surtout le courage dont on ne parle jamais : celui de rester fidèle à ses rêves de jeunesse ».

 

Sans doute, Henri Anglès, rêviez-vous, enfant, devant le tableau de médaillés militaires de vos ancêtres, de devenir à votre tour un « chevalier sans peur et sans reproche », à l’image du seigneur de Bayard dont la bravoure impressionna jusqu’au roi François 1er. Sans doute, commandant « Makoui », vous êtes-vous inspiré de la tradition des grands militaires Français qui se sont illustrés au service de notre patrie.

 

Henri Anglès, vous entrez vivant dans la légende de la France écrite avec leur sang par nos grands anciens de 14-18 et vous nous léguez un trésor inestimable : les secrets du comportement, du style et de la tenue qui doivent être ceux d’un homme libre. C’est un grand honneur pour moi de saluer cet après-midi, grâce à l’hospitalité de la Légion Etrangère, le grand soldat français, mais aussi l’accomplissement personnel d’un aristocrate de la guerre.

 

Au nom du maire de Marseille, et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous décerne, cher Henri Anglès, la médaille d’honneur de la ville la plus rebelle de France : Marseille.

 

Résultats Marseille - Cassis 2017: 
 
Nous félicitons notre amie Céline ROQUES pour son premier semi-marathon ! Céline est une vraie battante ! Nous lui souhaitons une excellente saison sportive et nous l'attendons en 2018 pour lui confier le maillot de l'AACLE de Marseille Provence !
Cliquez sur la photo pour l'agrandir
 
 
 
 
Un entraînement soutenu et assidu permet à Céline de conjuguer, travail, la vie de famille et le sport. C'est une passionnée, elle pratique aussi la boxe ! gardez donc une distance pédagogique envers une personne qui pratique cette discipline. 
 
Encore bravo pour sa performance ! Sans oublier ses parents accompagnateurs et premiers supporteurs ! 
 
Lieutenant-colonel Constantin LIANOS
Président-fondateur de Monsieur Légionnaire
 

Bonjour,

 

Depuis longtemps, l’APPARAT (Association pour la préservation du patrimoine aéronautique et la restauration d’avions typiques) prépare un équipage pour participer, de mars à avril 2018, au plus beau rallye aérien d'avions de collection : le Vintage Air Ushuaia2USA, qui partira d'Ushuaia (Argentine) pour arriver à Lakeland (Floride).

 

L'organisation de ce rallye prend en charge la totalité des frais grâce à ses sponsors, depuis le transport du container pour la traversée maritime des avions jusqu'au retour.

 

La sélection de quinze avions sera effectuée très prochainement par un jury, grâce à la présentation d'un petit film de 90 secondes envoyé par les candidats à cette aventure.

 

La sélection du président Bernard Gabolde, du copilote Pierre Jarrige et du très beau NC 859 semble bien partie et pourrait donner à l’APPARAT une grande renommée à travers un blog quotidien diffusé sur internet, permettant de suivre ce magnifique rallye de six semaines.

 

Les chances d’être sélectionné et de porter haut les couleurs de l’APPARAT jusqu’aux Amériques dépendront du nombre de visites du site.

 

Il faut cliquer sur le lien ci-dessous pour aimer (j’aime ou like) et commenter, c'est le seul moyen de montrer votre soutien et d'aider à la sélection de notre équipage.

 

https://www.facebook.com/hashtag/blackmountaincrew?source=feed_text&story_id=688878531306360 

 

Urgent : Regardez la vidéo, diffusez ce message sans modération.

 

Merci par avance pour votre action et votre participation à ce fabuleux rêve !

 

Sites officiels du rallye :

http://www.vintageairrally.com/rallies/upcoming/ushuaia2usa 

https://www.facebook.com/VintageAirRally/ 

Voir le NC 859 sur le site de l'APPARAT :

http://a.p.p.a.r.a.t.free.fr  http://a.p.p.a.r.a.t.free.fr/ 

Envoyez une enveloppe timbrée à votre adresse pour recevoir un autocollant « collector » du NC 859 :

APPARAT

Centre de vol à voile

 

31250 Revel

Rien n'est pire que la banalisation des armées : EXTRAITS d'audition du général d'armée François LECOINTRE. 

Posté le samedi 28 octobre 2017 
Rien n'est pire que la banalisation des armées : EXTRAITS d'audition du général d'armée François LECOINTRE.

La spécificité militaire

(…) Rien n’est pire que la banalisation. Le président de la République, les parlementaires et nos concitoyens commencent à mesurer l’importance de conserver une armée qui fonctionne selon un mode et un statut particulier, des valeurs singulières, lesquels en font une composante essentielle et particulière de la Nation. Cette spécificité militaire est indispensable à l’équilibre de notre culture collective et indispensable également à l’efficacité des armées. Vous connaissez bien cette citation du général de Gaulle : « La défense ! C’est là, en effet, la première raison d’être de l’État. Il n’y peut manquer sans se détruire lui-même. » J’en suis moi-même persuadé. Je constate que cette citation est affichée dans cette salle…

(…) Pour citer à nouveau le général de Gaulle, « la France s’est faite à coups d’épées »
Je suis persuadé qu’une grande démocratie comme la nôtre a besoin d’une armée forte, sûre de ses valeurs et sûre de sa singularité – une singularité qui ne la sépare pas du reste de la Nation mais qui la complète. Cet état militaire répond à la vocation de ceux qui veulent mettre leur vie au service de la protection de leurs concitoyens et de la défense des intérêts de leur pays, cela en usant de la force légitime y compris pour donner la mort sur ordre.

L’usage de la force, comme l’état particulier de ceux qui ont la lourde responsabilité de la mettre en œuvre, n’a rien d’anodin. Cela doit continuer à interroger tout un chacun. C’est bien en raison de cet état particulier et de tout ce qu’il implique, que les militaires acceptent les contraintes qui leur sont imposées : discipline, neutralité, disponibilité.

L’ensemble de ces contraintes et l’ensemble de ces règles garantissent l’efficacité des armées. C’est pourquoi nous devons rester très vigilants vis-à-vis de toute disposition qui conduirait à la banalisation de cet état militaire. De ce point de vue, et par exemple, la transposition de la directive européenne sur le temps de travail comporte un risque de remise en cause et je serai très attentif à ce que le principe de disponibilité attaché à l’état militaire ne soit pas affaibli.

Général d’armée François LECOINTRE
Chef d’état- major des Armées 
(Extraits d’audition par la commission de la Défense nationale 
le 4 octobre 2017)

 

Source de diffusion : www;asafrance.fr

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Mon histoire

Avant tout, comment ai-je découvert la vérité ? Je me suis toujours intéressé à la vie de mes parents. Des zones d’ombre subsistaient sur la période passée à la légion. C’est par internet que j’ai appris la vérité.

 

Malgré mon état civil avec naissance le 30 juillet 1963, ma Mère et mon Père m’ont toujours dit que je suis né à Puteaux le 16 juin 1962. Juste après ma naissance, ma Mère me confia à Madame Denyse Durand-Ruel et au Capitaine Philippe Durand-Ruel.

 

Ma mère se refugia en Belgique. J’ai fêté mes 1 an chez les Durand-Ruel. Lors de mon séjour en France en 1982, j’ai pu

voir un film de mes 1 an en super 8mm. Ensuite ma mère fuit à Madrid. Un légionnaire me fait passer les Pyrénées,

pour prendre un vol avec elle à destination de Buenos Aires en Argentine, pour y rejoindre mon grand-père le Général Paul

Gardy, mon père le Capitaine Michel Besineau et mes trois soeurs Anne, Catherine et Nathalie.

 

Ils étaient déjà installés à la Mission Tacaagle dans la province de Formosa avec mon Oncle le Capitaine Michel Glasser marié à ma tante Jacqueline Gardy. Denyse Gardy était, elle, marié avec l’ingénieur Garrigue et ma tante Dafné Gardy, âgée à l’époque de seulement 17 ans était, elle, célibataire.

 

Faisaient également partie de ce groupe le Capitaine Magnasse, le Capitaine Christian Disher, Bertrand de Gaurostarsou et plusieurs familles Pieds Noirs, les Dourain, Espinosa, Roques, Villin, Berchébachon, Demaret, Marcel Ligier entre autres.

 

Ma mère Nicole s’est mariée avec mon Papa le Capitaine Michel Besineau à Sidi Bel Abbes en 1955. En 1956, est née ma

soeur Anne, en 1957, ma soeur Catherine et en 1960, ma soeur Nathalie. A Alger, Juste après la naissance de Nathalie, ma mère a eu un terrible accident de voiture avec une dauphine contre un camion militaire. La collision fut frontale. On lui a enlevé un rein et la rate.

 

Les médecins pronostiquaient qu’elle ne pourrait pas accoucher d’un autre enfant. Le 16 juin 1962, je suis né à Puteaux et en 1963 est né Esteban a Mision Tacaaglé Formosa.

 

 

Ma soeur Anne a 4 enfants, Catherine a 3 enfants et Nathalie a 3 enfants, moi malheureusement je n’ai pas d’enfants. Le Général Gardy est arrivé en Argentine tout seul. Ma Grand-Mère était morte en 1962 d’un cancer à Anglet. Son fils François Gardy est resté en France. Seules sont venues en Argentine ses quatre filles Nicole, (ma Mère), Jacqueline mariée avec le Capitaine Michel Glasser, Denyse mariée avec l’ingénieur Gérard Garrigue, et Daphné célibataire (17 ans).

 

Le gouvernement français donna du matériel (tracteur, voiture, camion, charrue) et de l’argent au Pieds Noirs, le gouvernement Argentin nous donna de la terre (fiscale ?) à défricher. C’était de la forêt et nous vivions dans des conditions difficiles, c’est une province très pauvre sans eau potable ni électricité avec un climat tropical avec des périodes

épouvantables de sècheresse et chaleur en été de 45 degrés à l’ombre.

 

La circulation se fait sur des pistes en terre. La ville la plus proche et capitale de la province est Formosa à environ 250 kilomètres. Quand il pleuvait nous étions coincés pendant 5 à 6 jours en attendant que la route s’assèche.

 

Mes parents sont arrivés en Argentine sans connaitre un seul mot d’espagnol. De plus, dans cette région on parlait le Guarani ou le Tobas (référence à des tribus indiennes).

 

Personne ne cultivait la terre. Leurs multiples tentatives se sont souvent soldées par des échecs. Ils firent du tournesol et quand la culture était Les Tobas Les Guarani Philippe et Nicole Besineau

 

 

prête à être récoltée, les perroquets l’ont ravagée et ils ne purent la récolter.

 

En 1963, ma mère a accouché de mon petit frère Esteban. Il mourra à l’âge de trois ans empoisonné par le « paration », un insecticide utilisé dans la culture coton. Ce fut un coup très dur pour ma famille.

Esteban et Philippe

 

 

En 1969, De Gaulle vient en Argentine pour un voyage officiel. Je m’en souviens très bien, j’avais à l’époque 6 ou 7 ans. Un régiment de gendarme vint à la ferme pour s’assurer que personne ne prenne l’initiative de vouloir l’assassiner. Ce fut également la période où il signa une amnistie qui permit ainsi à l’ensemble de ma famille de pouvoir retourner en France.

 

Mon Oncle le capitaine Michel Glasser et son épouse rejoindra la France et fera toute sa carrière à la société Otis (ascenseurs). Il fut directeur pour l’Argentine, le Brésil, le Mexique et le Liban. Mes parents, mon grand-père, et quelques autres Pieds Noirs ne voulurent pas rentrer car ils avaient une haine contre la France. Mon grand-père faisait un voyage chaque année en France avec le LEUGENIO (paquebot italien). Ainsi en 1975, il prit sa peugeot 404 pour monter à Buenos Aires (1400 kms). Il quitta l’autoroute dans la ville de Rosario. Un train le tua net à un passage à niveau.

 

Ce fut un coup très dur pour notre famille, surtout pour ma mère qui avait pour lui une profonde admiration. J’ai également été très affecté. Je me souviens qu’à chacun de ses voyages en France, il me ramenait un mécano. C’est lui qui me montait

les camions et les grues pour que je puisse jouer avec. Il me les démontait ensuite. J’ai de très bons souvenirs de mon

grand-père. Je me souviens aussi des corrections qu’il me donnait. Je les ai bien mérités car j’étais terrible. A l’âge de 4 ans je conduisais les tracteurs et les voitures. Je vivais tout nu et pieds nus. Ma mère me reconnaissait parmi les Indiens car j’avais les fesses blanches. À l’âge de 12 ans, ma mère m’obligea à aller à Buenos Aires rejoindre mes soeurs et rentrer au collège français. Ce fut un coup très dur pour moi car tout d’un coup, j’ai dû m’habiller, me chausser et communiquer avec

beaucoup de monde.

 

Mes parents décident d’acheter une propriété de 20 hectares à 60 kilomètres de la capitale Buenos Aires. Ma mère qui faisait

remarquablement la cuisine, décide de créer un restaurant « Chez Nicole ». J’ai fini mon BAC et j’ai travaillé ensuite dans le restaurant d’où ma passion pour la cuisine. J’ai également fait des études de cuisine gastronomique.

 

Après mon BAC, je devais faire mon service militaire. Comme j’avais la double nationalité, je devais choisir ou le faire en Argentine ou en France ou encore être déserteur. Malheureusement, j’ai choisi l’Argentine et de ce fait j’ai fait la guerre des Malouines. Je fus affecté à un régiment qui s’occupait de l’approvisionnement en munitions. Pendant 4 mois, nous chargions jour et nuit des trains et des camions de munitions. La guerre se termine en Octobre 1982. Comme je ne peux pas commencer mes études d’agriculture car l’année scolaire était commencée, je décide de partir en France pendant moins d’une année chez les Durand Ruel à Rueil Malmaison et au Château de la Valouze à la Roche Chalais en Dordogne (propriété de Philippe Durand-Ruel.

 

À cette époque, la soeur de ma mère Denise a dit à mon père Michel Besineau et à ma mère : « dites-lui la vérité car Philippe Durand Ruel et Roger Degueldre étaient de très bons amis ». Mais mon père répondit :

 

« Philippe est mon fils et je ne veux plus que l’on reparle de cette histoire. »

 

J’ai vécu une semaine à Rueil-Malmaison et une semaine au Chateau de La Roche Chalais.

 

A Paris, j’ai aidé pour les expositions des artistes tel que Cesar, Armand, Jean-Pierre Rainaud, Christo, Laviet et autres. Au Chateau nous faisions des orchidées. 

 

A Paris, j’ai connu dans des réunions des parachutistes tel que Daniel Lot (le prisonnier des Viets), Capitaine Bonelli, le Capitaine Pierre Sergent (Qui est venue plusieurs fois en Argentine chez mes parents) Le Général Jaques Favro.

 

Le jour de la Légion, le 30 avril, nous étions à Aubagne. J’ai assisté à la remise de la main du Capitaine Danjou au Commandant Morin. Le soir nous avons couché chez Elie de Saint Marc. Pour la période des vacances de juillet, je suis parti en Corse pour travailler dans un camping. A Bonifacio, les Corses ne nous ont pas laissés travailler. Tous les après-midi, j’allais à la porte de la caserne de la Légion.

 

Je suis reparti de France. J’ai fait comme convenu des études d’agriculture. Je suis ensuite retourné à Formosa dans la propriété de mon oncle où nous faisions des cultures maraichères (environ 300 ha de tomates, poivrons, aubergines, courgettes, et citrouille. J’y ai travaillé pendant 4 ans et je suis retourné à Buenos Aires. Là-bas, et j’ai été embauché dans une entreprise qui fournissait des produits à base d’herbes aromatiques dans toutes les grandes surfaces de la capitale.

 

En 2000, mes parents me proposent de monter ma propre entreprise dans leur ferme. C’est comme cela qu’est née "Zeralda produits aromatiques et petit légumes". J’avais comme clients les grandes surfaces et une quarantaine de Restaurants. Ma mère et mon père, avaient monté le restaurant "Chez Nicole" dans les années 1982. Ils eurent beaucoup de succès pendant une quinzaine d’années. Ma mère était une excellente cuisinière. Moi, j’ai pris gout à la cuisine grâce à Elle. J’ai fait des études de chef restaurateur. Puis, j’ai monté mon restaurant dans la propriété qui s’appelait "Bambu casa de te" qui a très bien marché jusqu’à ce que l’on découvre ma maladie.

 

C’est comme cela que j’ai dû abandonner mon travail et aller vivre à Buenos Aires près de l’hôpital où je me fais soigner actuellement. Je ne peux plus travailler. J’ai une importante insuffisance cardiaque (15 % du coeur). Mon coeur se détériore de jour en jour. J’espère pouvoir être inscrit sur une liste d’attente en vue d’une greffe. Cette greffe ne sera pas facile car ici en Argentine le don d’organe n’est pas aussi avancé qu’en France. Mon épouse est l’unique revenu de la maison. C’est pour nous très difficile d’arriver à la fin du mois.

Cette situation me déprime.

 

***

 
Le 22 nov. 2016 à 10:47, Philippe Besineau a écrit :
 

Bonjour  Monsieur Constantin Lianos,

 

merci beaucoup pour avoir remis une plaque en la mémoire de mon Grand Pere avec qui j'ai vécu toute mon enfance. Je vous envoie quelques photos du General.

 

Avez vous connue mon Pere et ma Mère ?. Je m excuse de mon français ecrit car je parle parfaitement mais je commets des horreurs d'orthographe, je vous prends plus de votre temps merci beaucoup en memoire de mon Grand Pere.

 

Très amicalement

Philippe Bertrand Roger Besineau