De l'opération Serval aux attentats de Paris et Bruxelles

L'émergence et le développement de l'État islamique répondent à une stratégie régionale et mondiale théorisée par des idéologues djihadistes et des officiers irakiens. Le départ des jeunes français en Syrie et les attentats de Paris et de Bruxelles de 2015 et 2016 s'inscrivent à la fois dans cette stratégie politique et dans un projet religieux islamiste.

Dans cette nouvelle forme de guerre contre le djihadisme international à laquelle la France est confrontée, il existe désormais un deuxième front, un front intérieur. Cet ouvrage présente les aspects géopolitiques et religieux des crises que traverse notre pays et analyse le phénomène djihadiste à partir des revues et des vidéos de l'État islamique, ainsi que des témoignages de djihadistes allemands et français.

Je corresponds avec Gregor MATHIAS depuis quelque temps déjà. Ce soir j'ai assisté à la conférence qu'il a donné à Marseille  avec le thème "le terrorisme du FLN et le contre-terrorisme en métropole pendant la guerre d'Algérie".

Sujet qu'il maitrisait parfaitement et il explique de manière claire dans son livre "La France ciblée - Terrorisme et contre-terrorisme pendant la guerre d'Algérie" que je vous recommande ! 

Gregor Mathias est docteur en histoire et chercheur associé au centre Roland-Mousnier à l'université Paris-Sorbonne. Spécialiste des questions de sécurité et de défense en Afrique, il est l'auteur de plusieurs articles et ouvrages en histoire et en géopolitique, sur la guerre d'Algérie et les récentes opérations de l'armée française au Mali et en Centrafrique. 

Constantin LIANOS

President-Fondateur de Monsieur Légionnaire

Président de l'AACLEM

À monsieur Edmond Rostand de la part de Roxane

En ce jour de printemps, j’ai reçu votre lettre.

Faut-il donc aujourd’hui, dites-le moi, peut-être

Vous appeler « Cher Maître » et non plus cher Rostand ?

Ainsi filent les jours, ainsi coule le temps !

Qu’importent les honneurs, vous restez mon poète.

Roxane pour toujours c’est vous qui l’avez faite.

Si j’ai franchi le seuil de la postérité,

Vos vers en sont la cause, non mes frivolités.

Mon ami, que de mots avons-nous échangés

Du haut de mon balcon, que d’élans partagés !

Enfant déjà c’est vous qui me faisiez jouer

Au parc de Bergerac tout au milieu des blés ;

C’était le temps des jeux, « des mûrons aigrelets »,

Le temps où je faisais tout ce que vous vouliez :

« Roxane, en jupons courts, s’appelait Madeleine »

Quand je vous ai perdu, si vous saviez ma peine.

Vous voilà allongé dans un tombeau tout neuf

Resplendissant, brillant et lisse comme un œuf.

J’en suis fière pour vous, mon Rostand, mon poète

Nous, vivants, nous aurions fait la fête.

Quel que soit la beauté de votre nouveau marbre,

Votre tombe toujours, à l’ombre de son arbre,

Sera t-elle jamais assez large et profonde,

Assez haute, assez fière, ici en ce bas monde

Pour tenir en ses murs tout cet élan de vie

Ce panache, Rostand, qui crie votre génie ?

 

Post Scriptum :

J’adresse cette lettre au cousin Cyrano,

En copie à l’Aiglon, Chantecler, Ragueneau

Et puis au clair de lune par un rayon d’argent.

Je le fais de ce pas, cher Édmond, cher Rostand.

Et demain nous irons, à l’heure de l’aurore

Cueillir des rimes encore, encor, encor, encor …

 

Lettre reçue ce jour et retransmise

 par Jean Noël Beverini

« Merci les gars de la marine » disait l’alpiniste face à la paroi sa corde en mains, prêt à faire son nœud avant de s’élancer vers le sommet. En effet si l’art de la marine est aussi vieux que l’homme poussé par son instinct de découverte de terres lointaines, l’alpinisme quant à lui est né au 15ème siècle : en juin 1492  Charles VIII est roi de France et en visite en Dauphiné il ordonne à Antoine de Ville, le gouverneur de la Province, de gravir le Mont Aiguille et d’atteindre le plateau sommital car « aucune terre de France ne peut rester inaccessible ». Ironie de l’histoire maritime, en cette même année le roi de France refusait à un certain Christophe Colomb des subsides pour financer la nouvelle routes des Indes qu’il proposait ! Ainsi était né la première ascension reportée dans les chroniques, qui fut considérée par le roi de France comme plus crédible qu’une nouvelle route maritime !

Mais revenons sur le lien entre marin et alpiniste : c’est grâce à un grand nombre de nœuds développés dans la marine que l’escaladeur assure sa sécurité, nœuds identiques mais liens différents : s’il n’y a pas de corde pour le marin, celle de grimpeur se distingue du cordage et du « bout » marin par son élasticité qui lui permet de s’allonger lors des chutes du grimpeur pour éviter sa rupture ou l’arrachement des pitons sous un choc trop violent.

Parmi les nœuds utilisés en alpinisme ou escalade, on compte principalement les nœuds d’encordement, les nœuds d’assurage, les nœuds de jonction,  les nœuds d’ancrage, et les nœuds autobloquants. Un certains nombre est issus de la marine mais pas exclusivement puisqu’on en trouve d’origine de pêche et bien sûr certains sont spécifiques à l’escalade. En voici un inventaire des plus usités :

1)     Les nœuds d’encordement :

Ils sont utilisés pour fixer la corde d’assurage sur le baudrier ou dans les temps anciens directement à la taille. Ils sont simples à réaliser et ne doivent pas glisser sous tension ; ils sont en outre plus ou moins facilement dénouables après avoir été mis sous forte tension.

1.1.  Le nœud de chaise :

Son origine est marine : il est ainsi appelé car le gabier s’asseyait dedans pour être suspendu dans le gréement ;  il sert à présent à s’amarrer sur la bite d’un quai.  En alpinisme il est encore très utilisé pour l’encordement à condition d’être couplé avec un double nœud d’arrêt, mais on lui préfère de nos jours le nœud de huit.

1.2.  Le nœud de huit :

C’est LE nœud à connaître en escalade : très sécuritaire il fragilise peu la corde et a supplanté le nœud de chaise. Il est auto-serrant (plus il est sous tension moins il se desserre) et ne nécessite pas de nœud d’arrêt ;  mais en contrepartie il est plus difficile à desserrer que le nœud de chaise.

Son origine  est aussi maritime : il est noué sur les écoutes afin qu’elles ne s’échappent pas des poulies par exemple.

2)     Les nœuds d’assurage :

Voilà des nœuds que le marin n’utilise pas  ; ils sont utilisés en alpinisme pour assurer le second de cordée ou descendre une charge : le nœud est fixé sur un mousqueton lui-même fixé au relais, la corde coulisse bien dans le mousqueton mais sous l’effet d’une tension elle est freinée voire totalement bloquée.

2.1. Le demi cabestan :

C’est un nœud réversible qui permet de tendre la corde « avaler le mou » pour assurer la progression du second ou inversement de « donner du mou » pour le descendre et de le bloquer sans effort en cas de chute.

                                    2.2. Le nœud de cœur :

C’est un nœud véritablement autobloquant en cas de tension sur la corde. Il s’utilise avec deux mousquetons.

3)     Les nœuds de liaisons :

Les grimpeurs les utilisent souvent pour abouter deux brins de corde principalement pour préparer un rappel ou bien faire un anneau de cordelette.

                                    3.1. Le double nœud de pêcheur :

Les grimpeurs l’ont emprunté aux pêcheurs bien-sûr. Son avantage est qu’il se desserre facilement après avoir été mis sous forte charge mais attention il doit être au préalable correctement serré car sinon il glisse et là danger pour le grimpeur ! C’est un nœud très symétrique qui a tendance à se coincer sur les aspérité et les fissures du rocher lorsqu’on tire le rappel.

                                    3.2. Le nœud de poing :

Appelé aussi nœud de guide ou nœud de rappel ou simple, c’est le plus facile à faire pour relier deux brins. Il est asymétrique et se coince donc plus difficilement sur le rocher c’est pourquoi on le préfère au double nœud de pêcheur.

4)     Les nœuds d’ancrage :

Ils sont utilisés en alpinisme pour se fixer au relais – « se longer » ou fixer une charge pour se . Le plus usité est le nœud de cabestan.

                                    4.1. Le nœud de cabestan :

Voilà un vrai nœud de marin le plus utilisé en alpinisme : arrivé au relai, le grimpeur fixe un mousqueton sur un anneau du relai et fait son nœud de cabestan si facilement qu’il peut le faire d’une seule main. Son avantage est qu’il est réglable : la brin entre nœud et grimpeur est facilement ajustable sans le défaire ce qui garantit une parfaite sécurité.

Le marin quant à lui l’appelle aussi nœud de capelage : pour amarrer son embarcation, il capelle une boucle puis une seconde sur un point fixe.

                                    4.2. Le nœud de papillon :

C’est un nœud qu’on installe au milieu de la corde et non pas sur une extrémité, il est utilisé pour installer une « main courante » par exemple ou isoler une blessure dans la corde . Son avantage est d’être multidirectionnel.

5)     Les nœuds autobloquants :

C’est une famille de nœud que le marin n’utilise pas mais qui est indispensable pour la sécurité du grimpeur. Lors d’une descente en rappel ou de remontée sur corde, le grimpeur utilise une cordelette en boucle qu’il noue autour de la corde de rappel : dans la descente ou la progression, le nœud coulisse autour de la corde et se bloque si le grimpeur y applique son poids.  

Il en existe plusieurs types avec différentes variantes, dont voici les deux plus emblématiques :

                                    5.1. Le nœud de Prussik :

Karl Prussik, professeur de musique autrichien, le mit au point durant la Première Guerre mondiale pour réparer les cordes cassées des instruments de musique. En 1931, il en publia la méthode afin d'offrir aux alpinistes un moyen de s'auto-assurer.

                                    5.2. Le nœud de Machard :

Il a été inventé en 1961 par le jeune grimpeur marseillais Serge Machard qui malheureusement se tua à l’âge de 18 ans à la paroi des toits au dessus de la calanque de Sugiton. Il nous a laissé en héritage, le nœud autobloquant  le plus simple et le plus facile à débloquer et donc le plus utilisé de nos jours en alpinisme et escalade.

 

En conclusion, l’alpiniste et le grimpeur ont d’abord puisé chez les gens de mer les nœuds qui fixent la corde sur un point comme les nœuds d’ancrage et d’encordement. D’autres origines ont aussi enrichi la famille des nœuds jusqu’aux grimpeurs eux-mêmes bien-sûr. On dénombre environ 70 nœuds  en alpinisme incluant leurs variantes, le grimpeur débutant ne connaîtra que le nœud de huit, alors que le grimpeur confirmé en maîtrisera une bonne vingtaine, et en utilisera une demi-douzaine dans une course standard.

 

Marc Beverini,
Docteur en Sciences,
Grimpeur et alpiniste depuis plus de trente ans.

 

Références :

-        Crédit photos : Marc Beverini

-        Les nœud. Pierre Renault ;  Edt. J.P. Gisserot (2009)

-        Les alpinistes. Yves Ballu ; Edt. Arthaud, (1986)

-        www.cordevasion.com

www.lesnoeuds.com    

     

                      Nœud de huit                                                                      Nœud de chaise

    

                           Nœud de cabestan                                                           Nœud de papillon

     

                                    Double nœud de pêcheur                                                 Nœud de poing             

               

                                        Nœud de cœur                                                          Nœud demi-cabstan

                    

                                     Nœud de Prussik                                                         Nœud de  Marchand 

                        

 Merci à Marc BEVERINI (frère du Cre en chef JN Beverini) pour cet éclairage !

Constantin LIANOS

Président-fondateur de Monsieur Légionnaire 

Gregor MATHIAS

Novembre 1954 : l’insurrection éclate en Algérie. Rapidement, le conflit gagne la métropole, où le FLN met en place une administration clandestine au fonctionnement efficace. Une véritable guerre l’oppose alors à son concurrent direct, le MNA.

Très vite, des frontières invisibles apparaissent, au sein des agglomérations françaises, entre les quartiers et les rues que les ouvriers algériens appartenant à l’un ou l’autre camp ne peuvent franchir sans risquer leur vie. Depuis ses bastions, le FLN mène en outre des attaques contre des cafés et des hôtels, organise des attentats à la bombe, mitraille des policiers et des commissariats. À Paris, Lyon ou Marseille, des agents d’élite mettent en place des unités chargées d’infiltrer et de démanteler l’organisation clandestine, en s’appuyant notamment sur des harkis et des réseaux d’informateurs.

Tous les moyens, légaux et illégaux, ont été utilisés des deux côtés, faisant de l’immigration algérienne en France métropolitaine un véritable champ de bataille où tombèrent plus de 4 000 victimes. Les dessous d’une guerre secrète qui s’est dérou lée, pendant huit ans, sur le territoire français.

Pour écouter l'interview de Gregor Mathias, cliquez sur ce même lien

 

ISBN : 978-2-36358-254-6 Prix : 19.50 €   204 pages, Parution : 5 janvier 2016

L'auteur : Docteur en histoire, Gregor Mathias est l'auteur de plusieurs articles et ouvrages sur des thèmes peu traités de la guerre d'Algérie : les sections administratives spécialisées, la contre-insurrection, les supplétifs de l'armée française, l'année 1962... Il est professeur associé à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr.

Gregor Mathias sera à Marseille le Jeudi 20 Avril à 18 H 00 à la Maison du Batiment des Travaux Publics, 344 Boulevard Michelet où il donnera une donnera une conférence sur le thème "Les Vampires". Pour s'inscrire veuillez vous adresser au "Cercle Algerianiste de Marseille".

Pour les membres et amis de l'AACLEM COMME d'habitude auprès du Docteur Alain Bourdon (Vice-président de l'AACLEM).

Constantin LIANOS

 

Président de l'AACLEM

Les derniers mois de la guerre d'Algérie sont marqués par un chaos provoqué par les attentats des irréductibles de l'Algérie française de l'OAS et les représailles du FLN. Le vide du pouvoir qui s'installe au fur et à mesure du repli de l'administration française et de l'armée aggrave la situation sécuritaire. À partir d'avril 1962, on assiste à des enlèvements d'Européens aux périphéries d'Alger et d'Oran par des groupes informels du FLN. 

Plus de 630 civils et militaires sont enlevés dans les quatre mois qui séparent le cessez-le-feu de l'indépendance. Le sort de ces disparus n'a jamais été révélé par les autorités algériennes, tandis que les corps n'ont jamais été restitués aux familles. Alors que les hypothèses penchent pour des actes crapuleux ou des arrestations de militants supposés de l'OAS et des vengeances du FLN, rapidement des rumeurs hantent les quartiers européens, qui évoquent la découverte de cadavres d'Européens vidés de leur sang. 

Un qoutidien britannique affirme même que les forces de l'ordre auraient retrouvé des cadavres pendus à des crochets de boucher. L'existence de vampires semble ne plus faire de doute pour les Européens.  Cette étude historique révèle que ces derrière ces enlèvements se cache la pratique des prélèvements sanguins forcés. Cet ouvrage, fruit d'un travail de huit années, fait la synthèse de l'ensemble des informations sur les enlèvements destinés à pallier le déficit de banque de sang du FLN. 

Il présente ainsi l'ensemble des documents militaires français, d'études algériennes et des archives du CICR de Genève qu'il confronte à des témoignages écrits et oraux de rescapés de ces pratiques. Gregor Mathias reconstitue minutieusement le contexte de la fin de la guerre d'Algérie et l'émergence du mythe des vampires et explique les raisons qui ont poussé le FLN à recourir à cette pratique barbare.

L'auteur : Docteur en histoire, Gregor Mathias est l'auteur de plusieurs articles et ouvrages sur des thèmes peu traités de la guerre d'Algérie : les sections administratives spécialisées, la contre-insurrection, les supplétifs de l'armée française, l'année 1962... Il est professeur associé à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr.

Gregor Mathias sera à Marseille le Jeudi 20 Avril à 18 H 00 à la Maison du Batiment des Travaux Publics, 344 Boulevard Michelet où il donnera une donnera une conférence sur le thème "le terrorisme du FLN et le contre-terrorisme en métropole pendant la guerre d'Algérie". (inscription pour les membres de l'AACLEM auprès du Docteur Alain Bourdon Vice-président)

Constantin LIANOS

Président de l'AACLEM