Roger LEDUCQ

Enfant de troupe 

Lieutenant-colonel de l'Infanterie parachutiste

                                           Commandeur de la Légion d'Honneur                                                                                                                                                                                       

           

Roger LEDUCQ est né le 19 janvier 1926 à Bertry, près de Cambrai dans le Nord. En 1938, âgé de 12 ans, il entre aux Enfants de Troupe en classe de 5ème, à l’Ecole Militaire Préparatoire d’Epinal. L’invasion allemande de 1940 entraine le déplacement de l’école, d’abord à Niort, puis à Montélimar. En 1941, Roger poursuit sa scolarité à l’Ecole d’Autun repliée à Valence. La rentrée 1943 se fait au camp de Thol dans l’Ain.

 

En avril 1944 de nombreux élèves rejoignent les maquis et début mai, l’école est fermée. Roger intègre pour quelques mois le maquis « Bélier » du mouvement « Libération Nord ». Au mois de septembre 1944, sergent FFI, il rejoint le Prytanée militaire de la Flèche où il prépare avec succès le concours de Saint Cyr.

 

 

Il fait partie de la promotion « Nouveau Bahut » (45-47) et termine sa formation au camp de Coëtquidan où le général de Lattre à décidé d’installer l’Ecole spéciale militaire interarmes.

 

Début 1948 il est au camp d’Auvours, près du Mans, à l’Ecole d’application de l’infanterie. En octobre, il est affecté aux troupes d’occupation en Allemagne. Le 18 juin 1949, il épouse Alice avec laquelle il aura deux filles.

 

Sa demande pour servir en extrême orient étant acceptée, il est muté en décembre au 1er REI de Sidi Bel Abbès et aussitôt affecté au 3ème Bataillon étranger parachutiste qui prépare à Sétif les renforts pour les 1er et 2ème BEP opérant en Indochine. En août 1950 il embarque pour le Tonkin et  débarque à Haiphong le 9 septembre.

 

Le bataillon est, depuis le 17 septembre, engagé sur la RC4 au sein de la colonne Lepage qui doit recueillir la colonne Charton évacuée de Cao Bang. Ces deux colonnes sont anéanties dans la région de Dong Khé par un ennemi très supérieur en nombre.

 

Le 8 octobre le lieutenant Roger Leducq saute sur That Khé au sein du bataillon formé à la hâte avec le 3ème BCCP et une compagnie de marche du 1er BEP, pour recueillir les combattants rescapés de la bataille de Dong Khé. Après une semaine de combats acharnés, il est fait prisonnier comme la presque totalité des survivants de cette opération. Il retrouvera, en captivité, deux camarades avec lesquels il décide de tenter l’évasion à la première occasion.

 

En attendant, ils sont exhibés dans les localités du voisinage, ils subissent les interrogatoires des commissaires politiques, ils connaissent la faim, les conditions sanitaires et hygiéniques lamentables, ils verront les camarades atteints par le paludisme ou la dysenterie, minés par les parasites, les décès et les inhumations de fortune. Le 15 décembre les trois lieutenants se lancent dans l’aventure.

 

Marchant la nuit et se cachant le jour, franchissant les obstacles avec aplomb et beaucoup de chance, ils progressent vers le sud et les positions françaises. Un des lieutenants sera repris, mais Roger et son camarade réussissent à faire croire à un officier vietminh qu’ils sont des prisonniers libérés. Ils sont conduits par l’ennemi au poste français le plus proche le 22 décembre, au terme d’un parcours incroyable de 130 km en zone ennemie.

 

Premiers officiers évadés après le désastre de la RC4, ils seront reçus et interrogés par tous les services et toutes les autorités françaises. Le lieutenant Leducq est alors affecté en février 1951 à la 1ère compagnie parachutiste du Laos. Chef de commando, il se distingue lors de multiples  opérations dans les régions de Paksé, Ban Natane et Lao Ngam.

 

En février 1952, il est muté au 2ème BEP et deux mois plus tard au 2ème BPC. Chef de section, il participe alors brillamment aux combats de Nam Dinh et Phu Ly en mai Hung Yen en juillet, du Kim son en août et septembre et de Bo Vi en octobre. Il se distingue encore en novembre lors des opérations de Lai Chau, à Ban Man Ginh et Luan Chau.

 

En février 1953, en fin de séjour, il rejoint la France et est affecté au 11ème bataillon de parachutiste de choc à Perpignan et Collioure. En avril 1954, il est mis en congé pour soigner une tuberculose contactée lors de sa captivité. En novembre 1956, il reprend son service et en octobre 1957, il est promu capitaine. Il est affecté  en février 1959 à la 11ème demi brigade en Algérie. Il s’illustre avec son commando en avril dans la haute Medjerda, en mai et en juillet à Ain Zana. En avril 1960, il retrouve le 11ème BPC à Perpignan.  

     

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

En janvier 1962, il est admis dans l’Infanterie de Marine. Dès le mois de juin, il part outre mer au Cameroun. Rapatrié début 1965, il est alors affecté à la mission militaire de coopération à Rabat au Maroc. Il est instructeur commando du 1er BIP et monte le centre commando de Skrirat. En avril 1967 il est promu chef de Bataillon et en octobre il est affecté à l’académie royale de Meknès comme instructeur combat. Il quitte le Maroc à l’été 1968, désigné comme officier de liaison à l’école des troupes aéroportées de Schongau (RFA).

 

En septembre 1971, il est affecté au 1er RPIMa à Bayonne, puis en septembre 1973 il rejoint le 6ème RIAOM à Fort Lamy (TCHAD). Promu lieutenant colonel en 1974, il rentre en France en septembre 1975. En fin d’année il quitte le service actif.

 

Il part alors comme adjoint du directeur des exploitations forestières de la compagnie forestière du Gabon de 1977 à 1985.

En 1985, il se retire à Villelongue de la Salanque ou il s’investit dans de nombreuses activités associatives. 

 

Le lieutenant colonel Roger LEDUCQ était : 

Commandeur de la Légion d’Honneur, 

Officier de l’ONM, 

Titulaire de la croix de guerre des TOE avec 5 citations, 

de la croix de la valeur militaire avec 1 citation,

de la médaille des évadés, 

de la médaille coloniale avec agrafe « extrême orient ». 

 

Je viens d’évoquer le passé glorieux du colonel LEDUCQ et je voudrais, pour terminer parler de notre ami Roger dont on admirait le charisme. Ce « père tranquille » que l’on voyait déambuler dans les rues de Villelongue de la Salanque, ne se vantait jamais de ses exploits militaires et menait une vie exemplaire en son domaine de « BUKAWA » se consacrant à son épouse Alice et à sa famille et prenant plaisir à recevoir de très nombreux amis pour des soirées pleines de joies et d’amitié.

 

Membre très actif du Lions Club, de la Légion d’Honneur, des AET, des Troupes de Marine, des Parachutistes, de la Légion Etrangère et de bien d’autres associations, il assistait à toutes les manifestations avec sa faconde naturelle, son sourire sa gentillesse et son humour et il faisait honneur à sa cravate de commandeur de la Légion d’Honneur.

 

Roger; les nombreux drapeaux présents aujourd’hui et le drap tricolore qui couvre ton cercueil sont le témoignage de la reconnaissance de la France, ta patrie, envers ceux qui l’ont servie, souvent au péril de leur vie. Les nombreux camarades qui ont tenu à t’accompagner aujourd’hui sont la preuve de l’estime et de l’amitié que nous te portions.

 

Adieu Roger, tu t’es battu jusqu’au bout, aidé par Alice, comme tu l’as toujours fait. Tu as ta place au paradis des héros, à toi la gloire, à nous la tristesse et le souvenir.

 

Alice, nous avons pour vous la même affection et la même amitié que nous avions pour Roger. Nous resterons à vos côtés et vous apporterons tout le soutien dont vous aurez besoin. Les membres des différentes associations patriotiques auxquelles Roger adhérait vous présentent ainsi qu’a tous les membres de votre famille, leurs condoléances sincères et attristées. 

 

*****

Obsèques du Lieutenant-colonel Roger LEDUCQ ont eu lieu le 3 août 2017 à Villelongue de la Salanque.
 
​C'est en présence de nombreux amis et Anciens des Associations patriotiques que nous avons conduit le lieutenant-colonel Roger LEDUCQ à sa dernière demeure. C'est, aussi, à la lecture de l'éloge funèbre prononcé par le Colonel Marcel STANGHELLINI que vous appréhenderez ce que fut la carrière de ce grand Soldat.


​"La Légion ne pleure pas ses morts, elle les honore". Pourtant en ce matin du 3 août 2017 nous étions quelques uns à être très tristes, pas de drapeau de l'amicale de la Légion Etrangère.


​Heureusement grâce à Guy RANVIER nous avons pu, au dernier moment, mettre sur le cercueil un fanion du 1er Bataillon Etranger de parachutistes avant de le conduire au cimetière de Villelongue de la Salanque.


​Au cimetière nous n'étions plus que 6 ( Le Col. STANGHELLINI, le président de l'UNP, G. RANVIER, 3 anciens de l'UNP et moi-même), pour rendre un dernier hommage à notre camarade en envoyant le "Boudin". 

​NB: Contrairement à ce que précisait l'avis de décès R.LEDUCQ n'était pas un Ancien de Dien Bien Phu, mais de la RC4.

 

Reçu par courriel de la part du Chef de Bataillon  Jacques BOQUEL

Membre AALE 66 et du réseau de Monsieur Légionnaire

 

Lcl Constantin LIANOS

Président-fondateur de Monsieur Légionnaire et ses réseaux  

Mort pour la France

Mort en déportation

                  Voici un bref historique de la vie militaire au service de la France de Teofilo Gomez, mon grand-père maternel, héros inconnu, acteur irréductible d’un idéal de liberté, d’égalité et de fraternité.

                  Né le 22 juillet 1897 à Valladolid (Espagne), établi à Paris où il possédait un atelier d’ébénisterie d’art, père de famille, il n’a pas hésité à regagner son Espagne natale pour lutter contre le totalitarisme franquiste (1936-1939). De retour en France, en 1939, après la défaite des Républicains, l’alternative était la suivante : retour en Espagne ou engagement pour la France. Il a choisi la seconde solution et a voulu se battre pour la Liberté. Voici son parcours :

·     Espagnol engagé volontaire le 04/11/1939 à Montauban pour la durée de la guerre : matricule 441

·     Incorporé au 2e Régiment de Marche des Volontaires Étrangers devenu, le 18/02/1940, le 22e RMVE

·     Affecté au 22e RMVE (19e Division B.C.A.)

·     Nommé au grade de Caporal le 01/03/1940

·     Sergent lors de la bataille de France (Somme/Picardie) en Mai-Juin 1940

·     Citation à l’ordre de la Division pour bravoure et audace (Combats de Villers-Carbonnel, 25 et 26 mai 1940)

·     Prisonnier de guerre à Marchélepot le 6 juin 1940 après une héroïque résistance à l’ennemi. Les bataillons succombant les uns après les autres, manquant de munitions, les hommes terminent le combat vers Marchélepot sous les ordres du commandant Hermann. Les Légionnaires se rassemblent autour de leurs officiers dans la cour d'une ferme pour livrer un ultime combat au corps à corps.

       Le Général d'Armée, Commandant en Chef les Forces Terrestres, Ministre Secrétaire d'État à la Guerre, cite :

À L'ORDRE DE L'ARMÉE

22e RÉGIMENT DE MARCHE DE VOLONTAIRES ÉTRANGERS

«Jeté dans la bataille bien qu'incomplètement équipé et à peine amalgamé, s'est particulièrement distingué sous les ordres du Chef de Bataillon HERMANN au cours des journées des 5, 6 et 7 Juin 1940. «Complètement entouré par les Unités blindées ennemies, violemment bombardé tant par avions que par l'artillerie, a résisté héroïquement pendant quarante-huit heures à toutes les attaques, réussissant pendant ce temps à conserver l'intégrité des localités qui constituaient l'ossature de la position confiée à sa garde. N’a cédé que faute de munitions et écrasé par une supériorité matérielle considérable. A, par sa résistance, fait l'admiration de l'ennemi.»

·     Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre avec Palme. Le 22e R.M.V.E a été dissous en juillet 1940. En 1985, sa Croix de Guerre a été remise à la garde du 2e R E I. Elle apparaît sur la cravate du Drapeau du 2e Étranger

·     Prisonnier au stalag VII A (région de Munich) le 18/06/1940 : matricule 15106

·     Déporté au camp de Mauthausen le 31/08/1941 : matricule 4407, catégorie «Rotspanier» (Espagnol rouge)

·     Transféré au camp de Gusen le 20/10/1941 : matricule 13424

·     Assassiné, sous la torture, dans ce camp, le 9 janvier 1942

·     Incinéré au crématoire de Gusen le 12 janvier 1942, trois jours après son décès

·     Attribution, par la France, du titre de déporté politique le 11/08/1954

·     Mort pour la France

·     Mort en déportation (Mentions figurant sur son acte de décès)

·    Attribution du Titre de Reconnaissance de la Nation, le 26 octobre 2004 (62 ans après sa disparition !), pour services rendus à la France lors de la guerre 1939-1945, à la demande de sa fille, ma mère, Marie Jacqueline GOMEZ, orpheline de guerre, elle-même décédée en 2006.

 

Tel a été le parcours tragique mais glorieux de mon grand-père, un homme qui n’a jamais transigé avec les valeurs qui font la grandeur de l’humanité. Abandonné par l’État français, renié par l’Espagne franquiste, livré aux nazis, mort apatride sans sépulture, son nom n’est inscrit sur aucun monument mais il rayonne dans mon cœur.

Mes recherches depuis plus de quinze ans, à travers l’Europe, ont été fructueuses et continuent encore en mémoire de cet homme auquel  je dois de vivre libre. Depuis 2006, je porte avec fierté et reconnaissance le nom de Gomez accolé à mon nom de naissance, en hommage à Teofilo Gomez, valeureux légionnaire du 22e RMVE. Grand merci, honneur et gloire à lui et à tous ses frères d’armes !

                                                                                                                                                                                                 Patricia GOMEZ-BASQUEZ

C'est avec tristesse que nous apprenons le décès du général d'Armée Jacques Servranckx, né le 21 janvier 1928 à Etterbeck en Belgique devenu français par naturalisation de son père, il intégre l'Ecole Spéciale militaire de Saint Cyr.

Le général Servranckx a été chef de corps du 2°Régiment Etranger en Corse et de la 4° brigade motorisée à Beauvais. Il porta la main du capitaine Danjou à Camerone 2000.

 

Après avoir quitté le service actif, le Général présida l'association du "Souvenir Français" pour ensuite se consacrer à des travaux de recherche concernant les officiers, issus de Saint Cyr, déportés ou résistants.

 

Grand chef et grand soldat, il était titulaire de la croix de guerre des TOE et de la croix de la valeur militaire avec 11 citations dont 5 à l'ordre de l'Armée (palme),

 

Il était grand croix de la Légion d'Honneur.

 

Ses obsèques ont eu lieu aux Invalides à Paris le 23 mai 2017. 

 

Le président et les membres de l'AACLEM présentent leurs condoléances à sa famille.

Lcl Constantin LIANOS

Président AACLEM

 

 

ELOGE FUNEBRE

du général d’armée Jacques SERVRANCKX

(prononcé aux Invalides, le 23 mai 2017,

par le général Henry-Jean FOURNIER, secrétaire de la promotion DRIANT)

 

Mon général,

Vous avez demandé que votre éloge funèbre soit prononcé par un des anciens élèves de Saint-Cyr que vous avez formés, il y a cinquante ans.

En ma qualité de secrétaire de la Promotion Driant, cette mission m’est échue et je dois bien avouer, que, pour la première fois, j’ai envisagé de vous désobéir.

Mais puisque vous n’étiez plus en mesure de réprimer cette tentation, cela n’aurait pas été honnête.

 

Je dois donc tout d’abord demander à ceux qui auraient plus de légitimité que moi pour prendre la parole, de bien vouloir m’excuser d’intervenir ainsi. Je tiens aussi à demander à tous ceux qui sont venus vous saluer une dernière fois de m’excuser si la Promotion DRIANT prend trop de place dans mon propos.

 

Sans doute parce qu’elle a précisément occupé une place importante dans votre vie et parce que vous lui avez toujours manifesté, depuis le début, tant d’attachement et de fidélité.

 

Lien privilégié qui va me permettre, aujourd’hui, une certaine familiarité peut-être inhabituelle en ces lieux empreints de solennité qui vous ont vu recevoir, il y a tout juste dix ans, la Grand Croix de la Légion d’Honneur des mains du Président de la République.

 

La France avait ainsi tenu à saluer 60 années de dévouement à votre pays d’adoption, puisque vous aviez la nationalité belge à votre naissance. Mais que cette évocation de vos origines, qu’exprime votre nom venu des Flandres ne trompe pas : bien que légionnaire et ayant versé votre sang pour la France, vous étiez déjà devenu français dans votre enfance, par la

naturalisation de votre père, ingénieur venu travailler en France.

 

La première image que nous conservons de vous est celle de ce jeune chef de bataillon, sortant de l’Ecole de Guerre, passant en revue notre bataillon de tout jeunes élèves-officiers, en 1965, sur l’ancien marchfeld de Coëtquidan, alors que nous n’avions que quelques jours de service.

 

Nous avions été frappés par votre stature, votre allure, votre figure même, sans oublier votre nom qui nous paraissait si compliqué et si peu adouci par les voyelles qu’il avait été raccourci en « CKX », surnom que toute l’armée de terre allait ensuite adopter.

 

Insolents et ignares, nous n’avions pas été particulièrement attentifs au parcours qui s’affichait sur votre poitrine, avec 11 citations méritées en Indochine et en Algérie. Peut-être aussi parce que nous appartenions à une génération dont beaucoup de nos pères avaient un palmarès proche, tant cette période avait été propice aux exploits militaires.

 

Pour vous, ce parcours avait commencé en 1945, alors que vous n’aviez que 17 ans, en intégrant ce qui n’était pas encore tout à fait l’Ecole Spéciale Militaire, mais qui était un « nouveau bahut », voulu par le général de LATTRE dès le lendemain de la guerre, pour « amalgamer » tous ceux qui, venant de tous les horizons, se destinaient au service des armes. « NOUVEAU BAHUT », ce fut d’ailleurs le nom choisi par votre promotion, au sein de laquelle vous exerciez une autorité reconnue et dont je salue les membres présents auprès de vous ce matin.

 

Je ne sais quand votre vocation a pris naissance, mais je suis certain que le souvenir de votre frère aîné, Jean, polytechnicien et ingénieur de l’armement à la manufacture d’armes de Tulle, qui venait de trouver la mort en déportation en 1944 au camp de Mathausen, n’était pas étranger à votre désir de servir la France.

 

Mais à votre sortie de l’Ecole, en 1947, alors que vous n’étiez toujours pas majeur, le commandement, dans sa grande sagesse, vous empêche de plonger immédiatement dans la fournaise indochinoise où disparaît, chaque année une promotion de Saint-Cyr. Vous devez alors ronger votre frein en demeurant en école d’application comme instructeur.

 

Ce n’est qu’à la fin de l’année 1949 que vous rejoignez la Légion Etrangère et que vous êtes enfin désigné pour l’Extrême-Orient. Vous rattrapez rapidement le temps perdu, puisque, au prix de deux blessures qui témoignent de votre engagement physique, vous obtenez, en trois années de combat et une année d’hôpital, sept citations dont trois à l’ordre de l’armée. Vous

mériterez aussi, privilège rare, le droit de porter, à titre individuel, la fourragère du 5ème Régiment Etranger, avec lequel vous avez combattu et obtenu les croix de guerre qui décorent son drapeau.

 

Ce sera ensuite l’Algérie, où vous commandez une compagnie de combat à la tête de laquelle vous obtenez quatre nouvelles citations dont deux à l’ordre de l’armée, avec un bilan impressionnant qui devait vous faire particulièrement redouter des rebelles qui avaient l’imprudence de mettre les pieds dans votre secteur. L’une de vos citations ne mentionne-telle pas le fait que vous avez tué personnellement deux adversaires retranchés dans une grotte, ce qui laisse supposer que vous ne commandiez pas de l’arrière.

 

Tout cela, nous n’en savions à peu près rien quand vous avez pris le commandement de notre bataillon. Nous ne l’avons appris que assez récemment, en 2000, lorsque la Légion, fidèle à ses héros, vous a choisi pour porter la main du Capitaine DANJOU lors de la commémoration du combat de CAMERONE.

 

Mais, en 1965, lors de votre prise de commandement, nous avons rapidement perçu que vous saviez très précisément ce que vous vouliez faire de nous. Comme d’ailleurs les instructeurs que vous aviez formés à votre main au cours d’un stage commando à Montlouis qui n’avait rien d‘un séminaire de réflexion aux méthodes de commandement,

 

Et vous avez saisi toutes les occasions de nous le démontrer. Le meilleur exemple en sont « les dix commandements » que vous nous avez livrés durant ces deux années et que beaucoup de nous ont suivis, parfois de manière subliminale, dans leur

carrière, militaire ou civile. Je n’en citerai qu’un : « On ne commande pas un tout et une partie de ce tout », résumant un principe de subsidiarité que nous aurions souvent aimé, dans la suite de notre carrière, voir appliquer à notre égard par des chefs qui n’avaient malheureusement pas été formés à votre école.

 

Nous nous souvenons aussi de notre stage para à Pau, où vous aviez tenu à vous faire breveter, comme nous, en même temps que nous, parce que le chef doit toujours donner l’exemple. Votre exigence n’a eu de cesse de nous tirer vers le haut.

 

Vous avez ensuite accompli une carrière que je qualifierai de « classique » durant cette difficile période de la guerre froide, où il fallait dissuader sans combattre.

 

Vous avez commencé par retrouver la Légion, à la tête du premier régiment où vous aviez servi, le 2ème Etranger, que vous avez recréé à Corte.

Puis ce fut l’exercice de diverses responsabilités, notamment à l’Etat-Major de l’Armée de Terre, puis de l’Etat-Major des Armées. Nous avions été surpris de savoir que l’on vous avait confié des fonctions de « sous-chef », selon une appellation consacrée mais qui nous paraissait totalement inadaptée à votre personnalité.

 

Car vous étiez avant tout un « Chef », celui qui est « à la tête », celui qui est « la tête », surtout quand il a la chance de posséder une figure de proue.

« Chef », vous l’avez été pleinement au commandement de la 4ème Brigade mécanisée, à Beauvais, puis de la 2ème Division Blindée, à Versailles, et enfin, pour couronner votre carrière, de la IIIème Région Militaire, à Rennes. Ce fut, chaque fois, l’occasion de soumettre vos subordonnés à un rythme et à un style parfois difficiles à suivre ou …à comprendre.

 

Ce sera aussi le cas, un peu plus tard, après avoir quitté le service actif en 1988, lorsque vous continuerez à servir en occupant, en 1992, la présidence du Souvenir Français. Pendant cinq ans, vous vous consacrerez à la mémoire de ceux qui sont morts pour la France.

 

Comme beaucoup de ceux qui sont présents aujourd’hui, nombreux sont les officiers de notre Promotion qui ont eu l’occasion de servir sous vos ordres ou de croiser votre route. Sans doute plus que d’autres, nous avons eu le privilège, en toutes circonstances, de bénéficier, au nom de la fidélité qui vous unissait à nous, de votre bienveillance, ce qui étonnait parfois votre entourage, ignorant vos liens avec « la Driant ».

 

En dépit de votre rugosité apparente, vous saviez, avec l’aide de madame SERVRANCKX, témoigner à tous ceux que vous serviez en les commandant, cet intérêt et cet attachement qui lient un vrai chef à ses subordonnés.

 

Aujourd’hui, 50 ans après notre sortie d’Ecole, le plus jeune d’entre nous, entré à St-Cyr au même âge que vous et qui a, comme vous, accédé au sommet de la hiérarchie, se souvient encore, alors qu’il avait été gravement accidenté pendant notre scolarité, de votre visite, à l’hôpital, où vous lui aviez remis, tiré des profondes poches de votre imperméable

« réglementaire », un petit pot de confiture pour …fêter ses 18 ans ! Tel autre, mis aux arrêts de rigueur par vos soins pour s’être marié en un temps où il était interdit de le faire en école, se souvient du souci que vous avez pris de lui faire annoncer, dans sa prison, la naissance de son fils….par son propre frère, qui était également cadre de notre

bataillon.

 

Comme nous, il y a sans doute ici, aujourd’hui, parmi tous ceux qui sont venus vous saluer, beaucoup de vos anciens subordonnés qui, à un moment ou à un autre, ont ainsi bénéficié de l’affectueuse attention que vous aviez pour chacun de nous, même lorsque vous la dissimuliez sous un regard sévère et exigeant.

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Exigeant et fidèle à vos principes, vous étiez aussi exigeant et fidèle en amitié. C’est bien d‘amitié qu’il s’agissait et sans doute aussi d’amour, car, malgré la pudeur que vous dissimuliez sous un abord austère, sans doute dû à vos origines flamandes, vous n’avez cessé de mettre en pratique une réflexion de Pierre SCHOENDORFFER, dont vous nous aviez fait projeter le film « La 317ème section » dans les premières semaines de notre arrivée à Coëtquidan. Non pas pour nous distraire, car le temps n’était pas aux activités à caractère ludique qui avaient le don de vous irriter profondément, mais pour nous inviter ensuite à l’analyser afin d’en tirer des enseignements, soigneusement notés dans nos « cahiers milis ».

Schoendorffer disait : « Pour bien commander, il faut d’abord aimer ses hommes ; ne jamais le leur dire, mais les aimer. »

 

Vous ne nous l’avez jamais dit, mais vous nous l’avez souvent prouvé.

Vous avez attendu le 50ème anniversaire de notre sortie de Saint-Cyr pour quitter les rangs.

Sans doute avez-vous jugé que nous étions désormais aptes à poursuivre seuls la voie que

vous nous aviez tracée lorsque nous avions vingt ans.

 

Nous nous sentons néanmoins tous un peu orphelins et très proches de madame SERVRANCK et de toute votre grande famille, à qui nous présentons nos condoléances les plus sincères.

Et avec tous ceux qui sont venus vous saluer aujourd’hui pour la dernière fois, nous vous disons :

 

« Adieu, mon général ! Merci de nous avoir aidés à devenir des officiers. »

C'est une grande tristesse que nous vous faisons part du décès du colonel Alexis Buonfils;

 

Résistant puis officier de la Légion étrangère, ancien chef de corps de la 13°D.B.L.E, commandeur de la Légion d'Honneur, il était titulaire de la croix de guerre 39-45 avec citation à l'ordre du corps d'Armée, de la CDG des TOE avec 7 citations (4 C/O Armée, 2 C/O Corps d'Armée, 1C/O Division), de la croix de la valeur militaire avec une citation à l'ordre de l'Armée, de la croix du combattant volontaire 39-45, de la médaille de la résistance et de nombreuses autres décorations ou médailles commémoratives.

Chef de corps de la 13ème DBLE 1970

 

La cérémonie des obsèques se déroulera en l'église "Notre Dame de la Pinède

Avenue Gallice - 06160 - Juan les Pins le lundi 22 mai à 11 heures.

 

(Message du Colonel Jean-Claude BERTOUT, délégué FSALE pour les 06 et 83).

 

Elle sera suivie de l'incinération à Cannes.

 

Les membres de la SMLH d'Antibes, les Anciens de la Légion étrangère et leurs drapeaux sont cordialement invités à participer à ce dernier hommage.

 

Ont répondu présents : Une délégation de la 13 DBLE, les AALE,

 

Le président et les membres de l'AACLE de Marseille présentent leurs condoléances à la famille du défunt. 

Lcl Constantin LIANOS

Président AACLEM

 

Messages :

C'est avec une grande tristesse que j'apprends la disparition du Colonel BUONFILS Alexis, j'était son Infirmier de Compagnie dans les années 1955 - 56 à Philippeville - Saint Antoine (Algérie)

Je présente mes sincères Condoléances à toute sa Famille.    

Légionnaire de 1ère Classe Egon HOLDORF, Vice-président de l'AACLE de Marseille 

 

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Les honneurs militaires ont été rendus au caporal-chef Julien Barbé, en l’Hôtel national des Invalides le mardi 11 avril, Paris 7e.

Une cérémonie intime d’honneurs militaires réservée à la famille et aux proches a été présidée par le général d’armée Jean-Pierre Bosser, chef d’état-major de l’armée de Terre, à l’Hôtel national des Invalides Mardi 11 avril à 11h45.

Auparavant, le cortège funèbre a passé sur le pont Alexandre III entre 11h15 et 11h30. Les anciens combattants et porte-drapeaux étaient nombreux, répondant ainsi à l'invitation du général de corps d’armée Bruno Le Ray, gouverneur militaire de Paris, qui invitait les Français à manifester leur hommage au caporal-chef Julien Barbé et leur solidarité avec sa famille, par une présence digne, silencieuse et fraternelle sur le pont Alexandre III, à 11h15.

(© Constantin LIANOS, cliquez sur la photo pour l'agrandir)

Une cérémonie d’hommage national, présidée par Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, aura lieu le mercredi 12 Avril 2017 à 16h au 6e régiment du Génie à Angers.

Les soldats de la force Barkhane participaient depuis le 27 mars aux côtés de leurs partenaires maliens et burkinabés à une opération militaire tripartite dans la zone frontalière située au sud du Mali. Le caporal-chef Julien Barbé a été tué le 5 avril 2017 à la suite d’une prise à partie à la frontière avec le Burkina-Faso. Il appartenait au 6e régiment du Génie d’Angers.

Le président et les membres de l'AACLEM, présentent leurs condoléances à la famille du défunt.

Lcl Constantin LIANOS

Président AACLEM