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Morts pour la France : Billet gratuit aller-retour pour les ayants droit !

Catégorie : 1914-18France  |  le 04 Septembre 2012 par Guillaume de Morant

 

Quand il s'agit d'honorer la mémoire de ceux qui ont versé leur sang pour le pays, la France ne mégote pas. Après l'hécatombe de la Première Guerre mondiale, une série de dispositions a été votée par l'Assemblée nationale (permettant entre autres de relever le nom d'un oncle sans enfant et mort au combat). Parmi ces mesures, il y en a une qui ne manque pas d'étonner et qui refait surface régulièrement (lire plus bas l'article d'Agora Vox) : la possibilité d'effectuer chaque année un pèlerinage sur la tombe d'un défunt militaire Mort pour la France, dont le transport est gratuit, quelque soit la destination, en France et à l'étranger. 

Ce droit de visite gratuit est étonnant parce qu'il s'exerce au bénéfice des ayants droit, c'est à dire la veuve (voire le veuf), les ascendants, les descendants des 1er et 2ème degré (enfants et petits-enfants) ou à défaut de ces parents, la sœur ou le frère aîné qui peut, le cas échéant, en faire bénéficier une autre sœur ou un autre frère, indique l'Office national des anciens combattants. Or pour la Première Guerre mondiale, la veuve est sans aucun doute décédée, les frères et les soeurs très probablement aussi. Restent les enfants qui nés au plus tard en 1919 sont âgés au minimum de 93 ans et les petits-enfants qui n'ont pas forcément connu le héros familial. L'article d'Agora Vox cite plusieurs exemples d'ayants droit usant de cette possibilité pour se rendre sur leur lieu de vacances, la tombe étant située dans le sud de la France, sans même faire le détour au cimetière. Et en première classe s'il vous plaît, dans le cas de soldats morts entre 1914 et 1918... 

En France, ce droit à pèlerinage annuel n'est pas limité en nombre de personnes, si bien que l'on peut imaginer les 12 petits-enfants du défunt se déplaçant chaque année pour honorer la mémoire de leur grand-père. Pour les tombes situées à l'étranger, le voyage est limité à deux ayants droit par an, toutefois, un accompagnateur est autorisé pour les personnes titulaires d'une carte d'invalidité à double barre rouge ou bleue. En 2008, les associations d'anciens combattants y avaient vu une forme d'injustice et avaient demandé d'inclure un accompagnant pour les visites de tombes en France par des ayants droit invalides. Par mesure de bienveillance, le secrétaire d'État chargé des anciens combattants délivre depuis des autorisations exceptionnelles permettant à ces accompagnateurs de voyager gratuitement sur le réseau ferré de la SNCF. 

Quelle est l'ampleur de ce dispositif et combien de personnes en profitent ? Difficile d'avoir une réponse, mais le nombre est sans doute marginal d'autant que cette possibilité n'est pas très connue. Pourtant elle s'applique également dans d'autres cas et d'autres conflits. Pour la seconde guerre mondiale, les ayants droit des déportés, internés, personnes contraintes au travail en pays ennemi peuvent aller se recueillir sur le lieu (identifié ou présumé) du crime. Toute tombe d'un Mort pour la France au cours d'un autre conflit (Indochine, Algérie, ou même plus récent) peut être honorée de la même manière chaque année par un voyage gratuit offert (en seconde classe) aux ayants droit. Pour la comptabilité, la SNCF adresse directement la facture au ministère de la Défense... 

***

Sur le territoire français, un voyage annuel sur les tombes est accordé aux ayant droits (veuve, ascendants, descendants des 1er et 2ème degrés ou à défaut, la soeur ou le frère aîné qui peut, le cas échéant, en faire bénéficier une autre soeur ou un autre frère) des militaires «Morts pour la France»

Ce même droit est ouvert pour les ayant-droits de déporté, d'interné sou des personnes contraintes ai travail en pays ennemi qui peuvent aller se recueillir su rle lieu (identifié ou présumé) du crime.

Le droit à pèlerinage est limité à deux ayant droit par an pour les voyages sur les tombes situées à l'étranger. Par ailleurs, un accompagnateur est autorisé pour les personnes titulaires d'une carte d'invalidité à double barre rouge ou bleu, (Source ONACVG).

Comment bénéficier d'un billet aller-retour en première classe pour la «visite sur la tombe d'un militaire Mort pour la France»

Il faut se rendre à la mairie de son domicile, muni du document (voir plus bas) dûment rempli et accompagné des justificatifs suivants :

1) Attestation «Mort pour la France » (MPLF) du soldat concerné à demander à la Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives - Sous-direction des archives et des bibliothèques, service des mentions - 14, rue Saint-Dominique - 00450 Armées (Tél.: 0149743685 par courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

2) Photocopies ou originaux des actes renaissance attestant des la filiation du demandeur avec le soldat MPLF.

3) Une lettre adressée à la SNCF : SNCF, Direction Cohésion et Resources Humaines, DRH ÉPIC, Environnement Travail, Pôle Titres de transport aux tiers - Campus Wilson - 9, rue Jean-Philippe Rameau Bureau 4B-96 - CS2002 - 93212 Saint-Denis. Te.: 01 85 07 49 44 ou 01 85 38 49 44

demandant un billet en 1er classe A/R de la commune du domicile du demandeur au lieu d'inhumation, même si celui est présumé. Joindre le document de l'attestation dûment visé et tamponné par le maire , une enveloppe timbrée pour l'envoi des billets. Ne pas omettre de mentionner la période prévue pour l'utilisation des billets. Les réservations TGV sont à la charge du pèlerin.

Par ailleurs, si la gare est trop éloignée soit du domicile du demandeur, soit de la nécropole, les frais de transport supplémentaires sont remboursés sur présentation de la facture. La demande est à adresser à la DMPA.

Attention toutefois, parfois les maires des sont pas informés des l'existence de cette disposition, les bureaux des affaires militaires ayant disparu. 

Pour plus d'information, vous pouvez contacter le service de l'ONACVG de voter département de résidence.

Cliquez pour agrandir le document, imprimez et envoyez au service compétent 

A lire : 

A propos de 1914-1918 :

Source liens :

ONACVG

https://www.rfgenealogie.com/s-informer/infos/1914-18/

Le Commissaire Jean DUPRAT

Un résistant exemplaire. 

 

Né le 22 août 1915 à Aubagne, de parents provençaux -Sa famille descend d'une longue lignée d'agriculteurs de Châteaurenard- il fait ses études au Lycée Thiers à Marseille jusqu'à Khâgne, licence de lettres classiques.

 

En 1939 il est mobilisé et envoyé à Saint Maixent d'où il sort officier de réserve, mais trop tard pour participer aux combats de 1940. N'acceptant pas la défaite il cherche à rallier une organisation de résistance et tente avec un des neveux du général de GAULLE monsieur CAILLAUX de mettre sur pied un embryon de mouvement.

 

Reprenant son métier de professeur, il se retrouve à Marseille en juillet 1941 où il prend contact avec monsieur ARNOUX, chef de radio Patrie, puis plus tard avec le groupe Jean Marie, où on lui confie de nombreuses missions de liaison entre ce groupement et Combat alors en voie d'organisation sous l'autorité du Lieutenant CHEVANCE qui plus tard deviendra le Général Maurice CHEVANCE-BERTIN un des père de l'Armée Secrète- l'AS- organisation pensée par Henri FRENAY de Combat.

 

En 1942, professeur à l'Ecole du Sacré Cœur à Marseille, il assure d'importantes missions de renseignements après l'entrée des forces allemandes en zone Sud, notamment des relevés de plans de batteries allemandes et de dépôts, il héberge également à son domicile monsieur CAILLAUX recherché par la police de Vichy au 22 rue Nau, ainsi que d'autres agents de liaison venus d'autres régions.

 

Toujours fin 1942, sans abandonner ses attaches premières avec NAP et le réseau Buckmaster, il prend contact avec le capitaine LECUYER de l'ORA sur les directives de monsieur ARNOUX afin de s'occuper du maquis du Lubéron, menacé par les interventions de l'armée italienne.

 

Il adhère comme beaucoup de militants à cette époque à l'Armée Secrète- 5° Régiment où il est chargé de créer un maquis dans le massif des Bourbes, maquis destiné à recevoir les requis du STO en rupture de ban et assure la liaison de ce maquis avec l'école des cadres de Norante.

 

Il est arrêté sur dénonciation à Marseille le 30 juin 1943 par la gestapo et malgré des interrogatoires sévères garde le silence. Son nom figure d'ailleurs dans l'organigramme dressé par les services de sécurité allemands, ce qui prouve que les nazis avaient réussi à remonter la filière du mouvement Combat dans notre département. 1943 sera une année terrible sur le plan de la répression.

Il est interné à la prison Saint Pierre à Marseille, puis est transféré à Fresnes, qu'il quitte en début 1944 pour le camp de Compiègne.

 

Fin janvier 1944, il est déporté à Buchenwald où il retrouve ARNOUX, arrêté lui aussi pratiquement à la même époque : affecté au Hall 10 de l'usine de fabrication d'armement, il rend tout un ensemble de matériel inutilisable, notamment des crosse de fusils.*

 

Après le bombardement du camp, il est transféré à Dora où il est affecté au Kommando Kontrol de l'usine souterraine où sont mis en construction les V1 : là en compagnie de ses camarades ARNOUX, LANCENANT et le capitaine HUTEAU le même travail de sabotage des pièces des engins.

 

Devant l'avance des troupes américaines, il est déplacé à Bergen-Belsen où il est libéré par les troupes britanniques le 15 avril 1945.

 

Chargé de ramener en France le premier convoi de déportés libérés, il organise lors de son passage à Bruxelles une manifestation devant le monument aux morts du Soldat Inconnu belge, en présence de l'ambassadeur de France et des représentants du gouvernement belge.

Cliquez sur la photo pour l'agrandir 

 

Au retour de déportation, Jean DUPRAT, fera carrière dans la police nationale, d'abord en zone d'occupation française en Allemagne comme stagiaire, puis comme commissaire à Cannes, à Clermont Ferrand où il créera l'union départementale des combattants volontaires de la résistance, puis à Marseille où il prendra sa retraite comme commissaire divisionnaire.

 

Ne désarmant pas à sa retraite, membre de plusieurs associations patriotiques,- Union des anciens combattants de Carry le Rouet, Association des anciens déportés de Buchenwald-Dora, qu'il va en compagnie d'autres camarades poursuivre son combat pour développer le devoir de mémoire, et pour cela s'investir dans les tournées dans les collèges et lycées, mettant sur pied une exposition itinérante concernant la guerre 39/45 et la déportation. Son œuvre se poursuit bien après sa disparition puisque cette exposition est maintenant en service au Lycée militaire d'Aix en Provence.

 

Le commissaire Jean DUPRAT est décédé Le 14 octobre 1993 à Marseille.

Il était Commandeur de la Légion d'honneur, titulaire de la Croix de guerre 1939/45 avec palme,  de la Médaille de la résistance, de la Croix du combattant volontaire et Croix du combattant volontaire de la résistance, Médaille d'Honneur de la police nationale et des palmes académiques.

 

Lieutenant-Colonel Constantin LIANOS

Président-fondateur de Monsieur Légionnaire et ses réseaux

Président de l'Amicale des Anciens Combattants de la Légion Étrangère de Marseille - Provence 

© Photos et texte Monsieur Légionnaire et collection familiale

           ALFRED VICTOR MARIUS JASSAUD  

 

Alfred JASSAUD sous lieutenant dans les Forces Françaises Combattantes de l'Intérieur (FFCI)

Né le 30 janvier 1920 à Marseille, fusillé le 21 août 1944 à Heilbronn (Bade-Wurtemberg, Allemagne).
Alfred JASSAUD fils de famille bourgeoise de Marseille, sa mère était propriétaire d'une clinique médicale. Son adolescence sera partagée entre ses études secondaires et le scoutisme, il vouait une grande foi dans la religion catholique. Son amour pour Dieu et sa passion pour l'aviation seront son dilemme, la guerre va décider pour lui

Il obtient son baccalauréat à Marseille, présente le concours de pilote de l'armée de l'air mais n’est pas reçu. Il s'engage dans l'armée le 26 décembre 1939, est incorporées au bataillon de l'air 108 à Montpellier, et part à l'école des mitrailleurs  à Blida (Algérie) le 5 janvier 1940. Il est nommé caporal-chef le 3 mars 1940. Puis,  le 15 juin 1940 est affecté à l'escadrille saharienne 591 basée à Ouargla en Algérie jusqu’à sa démobilisation en septembre 1940.

Démobilisé, il fait connaissance à Toulouse du capitaine d’aviation CREMIEUX alias "Alligator" du Service de Renseignement "Alliance" qui le persuade d’entrer dans l’organisation, il incorpore le réseau le 1er janvier 1941 (homologué le 1 février 1941).

Il monte à Paris en octobre 1942 pour y rencontrer le chef de la zone. Il rencontre Michel GAVEAU alias «Tatou»,  un ancien officier interprète français formé par les services anglais. Celui ci va le former aux fins de connaitre uniformes, armes, grades, unités d'appartenance des soldats de la Wehrmacht et lui confier des missions de repérage sur les casernes de la capitale. Admis dans l'organisation «Alliance», sous le nom de Robert DARSAC désormais «Bison», il bénéficie de faux papiers.

L'ayant repéré pour ses compétences, l'organisation le charge de la formation des nouveaux agents, une quinzaine au total. Pour cela il effectue de nombreux voyages à Lille, Vichy, Marseille, Saint Die, transportant documents et postes de radio à diverses occasions. De mars à juillet 1943 il se rend au Havre, à Caen, Granville, Saint Lo, Lisieux, Flers, Vire et devient l'agent principal de renseignement de la zone Normandie. De toutes les villes, il rapporte des plans et des informations sur les unités présentes, les fortifications, les terrains d'aviation et les systèmes de défense mis sur pied sur les plages et dans les falaises.

En août de la même année il s'installe rue Duban à Paris, mais effectue des allers-retours quasi hebdomadaires à Lille.

Au retour d'une mission de repérage d'un aérodrome dans l'Eure il est arrêté à Paris le 17 septembre 1943, suite à l’infiltration du PC parisien par le service de contre-espionnage allemand.  Sa fausse carte d’identité (Robert DARSAC) et des cartes d’alimentation furent découvertes dans les doublures de sa veste. Ceci va sceller son sort, mais la police allemande ne réussit pas à établir sa véritable identité.

Il fut déporté sous le nom de Robert DARSAC par le convoi du 16 décembre 1943 au départ de Compiègne à destination de l’Allemagne. Il fut transféré à la prison de Kehl-Am-Rhein puis à celle de Freiburg-Im-Breisgau (Bade-Wurtemberg).

Le 2 mars 1944, la Gestapo de Strasbourg transmet un dossier d’accusation d’espionnage concernant outre Robert DARSAC, Jean SNEYERS, Marcel FONTENAILLE et Félix JACQUET, au Tribunal de guerre du Reich qui dissocia les dossiers. La procédure "NN" (Nacht und Nebel-Nuit et Brouillard) fut appliquée et Alfred JASSAUD "DARSAC" fut jugé le 9 juin 1944 par le 3e Chambre du Tribunal de guerre, présidée par le juge Karl SCHMAUSER qui le condamna à mort pour espionnage au profit d’une puissance ennemie. Alfred JASSAUD fut interné à la prison de Schwäbisch Hall (Bade-Wurtemberg), dans une cellule individuelle. Le jugement fut confirmé le 26 juin par l’amiral Max BASTIAN, président du Tribunal, et la grâce du Führer refusée le 17 juillet 1944.

Le 18 août, le directeur de la prison fit le tour des cellules pour prévenir les détenus qu’ils allaient être transférés dans la nuit du 20 au 21 août et que leurs affaires personnelles devaient rester sur place. Ils durent remplir une étiquette indiquant leur adresse en France pour les y envoyer.

Alfred JASSAUD et 23 autres codétenus furent conduits en camionnette par groupes de huit, le 21 août à l’aube, à la caserne Schlieffen, à Heilbronn (Bade-Wurtemberg)  au champ de tir de Heilbronn. Ils reçurent l’assistance d’un prêtre, refusèrent d’avoir les yeux bandés, et moururent courageusement en criant "Vive la France".

Furent fusillés :

BOYAT Jean

 

DELIRY Pierre

RIVIERE Gabriel

 

LEMOIGNE Joël

POULARD Julien

 

LEBRE René

RAMON Gabriel

 

CAPRAIS Jean Marie

BONNETAIN Jacques

 

PORTENAR Jean

RISS André

 

DALLAS Pierre

TRUMEL Marcel

 

de VILLENEUVE Alain

SNEGERS Jean Philippe

 

SIEGRIOT Ernest

de FOUGEROLLES Yves

 

BERNARD Marc

LEFEBVRE Philippe

 

HERMER Raymond

DELAGNOLO Ferdinand

 

de VILLENEUVE Yves

LEMAITRE Pierre

 

JASSAUD Alfred

 Ils furent inhumés dans le cimetière de Sonthein-Neckar et leur dernier vœu fut celui d’être enterrés en France. Celui-ci fut exaucé par le réseau "Alliance" qui rapatriera les corps en juin 1947, à Strasbourg.

Alfred JASSAUD obtint la mention "Mort pour la France" et la mention "Mort en déportation" par arrêté du 7 juillet 1994.

Son nom figure sur le mémorial national des scouts Morts pour la France, à Liévin (Pas-de-Calais).

Alfred JASSAUD repose aujourd’hui au cimetière Saint Pierre de Marseille (Bouches-du-Rhône), dans une tombe familiale.

 

Comité du Souvenir Français de Marseille

Maison du Combattant

50 boulevard de la corderie

13007 Marseille

04 91 55 53 77

 

 

" A   Nous  le  Souvenir  à  Eux  l'Immortalité  "

Le Souvenir Français 20 rue Eugène Flachat - 75017 PARIS

Téléphone 01 48 74 53 99

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.         www.souvenir-francais.fr

c'est avec tristesse que nous apprenons par le Lieutenant-colonel (er) Bernard Ghestin (Président de l'AALE 31 Toulouse), le décès de l'Adjudant-chef Jean Roure survenu le vendredi 1er septembre 2017 à Muret.

Ses obsèques ont eu lieu le mardi 5 septembre 2017 à 14 h30 en l'église Saint-Laurent de Cugnaux.

Un hommage lui a été rendu par ses camarades anciens légionnaires ainsi que par les associations : Légion d'honneur, médaillés militaires, souvenir français et la municipalité de Cugnaux.

Jean a servi au sein de la Légion étrangère en Indochine et en Algérie au 3ème REI, 13ème DBLE et 2ème REI.

Il a présidé l'Amicale de Toulouse pendant 14 ans et le Souvenir français de Cugneaux jusqu'en 2016.

Il était officier dans l'ordre de la Légion d'honneur, médaillé militaire,

Titulaire de la Croix de guerre TOE avec une citation étoile d'argent et de la Croix de la valeur militaire avec étoile vermeil et une étoile de bronze.

C'était en tout point de vu un homme remarquable et un camarade dévoué que nous voyons partir avec beaucoup de tristesse".

Le président et les membres de l'AACLE de Marseille - Provence présentent leurs condoléances à la famille du défunt et au Lieutenant-colonel Bernard Ghestin

Constantin LIANOS

Président AACLEMP

Roger LEDUCQ

Enfant de troupe 

Lieutenant-colonel de l'Infanterie parachutiste

                                           Commandeur de la Légion d'Honneur                                                                                                                                                                                       

           

Roger LEDUCQ est né le 19 janvier 1926 à Bertry, près de Cambrai dans le Nord. En 1938, âgé de 12 ans, il entre aux Enfants de Troupe en classe de 5ème, à l’Ecole Militaire Préparatoire d’Epinal. L’invasion allemande de 1940 entraine le déplacement de l’école, d’abord à Niort, puis à Montélimar. En 1941, Roger poursuit sa scolarité à l’Ecole d’Autun repliée à Valence. La rentrée 1943 se fait au camp de Thol dans l’Ain.

 

En avril 1944 de nombreux élèves rejoignent les maquis et début mai, l’école est fermée. Roger intègre pour quelques mois le maquis « Bélier » du mouvement « Libération Nord ». Au mois de septembre 1944, sergent FFI, il rejoint le Prytanée militaire de la Flèche où il prépare avec succès le concours de Saint Cyr.

 

 

Il fait partie de la promotion « Nouveau Bahut » (45-47) et termine sa formation au camp de Coëtquidan où le général de Lattre à décidé d’installer l’Ecole spéciale militaire interarmes.

 

Début 1948 il est au camp d’Auvours, près du Mans, à l’Ecole d’application de l’infanterie. En octobre, il est affecté aux troupes d’occupation en Allemagne. Le 18 juin 1949, il épouse Alice avec laquelle il aura deux filles.

 

Sa demande pour servir en extrême orient étant acceptée, il est muté en décembre au 1er REI de Sidi Bel Abbès et aussitôt affecté au 3ème Bataillon étranger parachutiste qui prépare à Sétif les renforts pour les 1er et 2ème BEP opérant en Indochine. En août 1950 il embarque pour le Tonkin et  débarque à Haiphong le 9 septembre.

 

Le bataillon est, depuis le 17 septembre, engagé sur la RC4 au sein de la colonne Lepage qui doit recueillir la colonne Charton évacuée de Cao Bang. Ces deux colonnes sont anéanties dans la région de Dong Khé par un ennemi très supérieur en nombre.

 

Le 8 octobre le lieutenant Roger Leducq saute sur That Khé au sein du bataillon formé à la hâte avec le 3ème BCCP et une compagnie de marche du 1er BEP, pour recueillir les combattants rescapés de la bataille de Dong Khé. Après une semaine de combats acharnés, il est fait prisonnier comme la presque totalité des survivants de cette opération. Il retrouvera, en captivité, deux camarades avec lesquels il décide de tenter l’évasion à la première occasion.

 

En attendant, ils sont exhibés dans les localités du voisinage, ils subissent les interrogatoires des commissaires politiques, ils connaissent la faim, les conditions sanitaires et hygiéniques lamentables, ils verront les camarades atteints par le paludisme ou la dysenterie, minés par les parasites, les décès et les inhumations de fortune. Le 15 décembre les trois lieutenants se lancent dans l’aventure.

 

Marchant la nuit et se cachant le jour, franchissant les obstacles avec aplomb et beaucoup de chance, ils progressent vers le sud et les positions françaises. Un des lieutenants sera repris, mais Roger et son camarade réussissent à faire croire à un officier vietminh qu’ils sont des prisonniers libérés. Ils sont conduits par l’ennemi au poste français le plus proche le 22 décembre, au terme d’un parcours incroyable de 130 km en zone ennemie.

 

Premiers officiers évadés après le désastre de la RC4, ils seront reçus et interrogés par tous les services et toutes les autorités françaises. Le lieutenant Leducq est alors affecté en février 1951 à la 1ère compagnie parachutiste du Laos. Chef de commando, il se distingue lors de multiples  opérations dans les régions de Paksé, Ban Natane et Lao Ngam.

 

En février 1952, il est muté au 2ème BEP et deux mois plus tard au 2ème BPC. Chef de section, il participe alors brillamment aux combats de Nam Dinh et Phu Ly en mai Hung Yen en juillet, du Kim son en août et septembre et de Bo Vi en octobre. Il se distingue encore en novembre lors des opérations de Lai Chau, à Ban Man Ginh et Luan Chau.

 

En février 1953, en fin de séjour, il rejoint la France et est affecté au 11ème bataillon de parachutiste de choc à Perpignan et Collioure. En avril 1954, il est mis en congé pour soigner une tuberculose contactée lors de sa captivité. En novembre 1956, il reprend son service et en octobre 1957, il est promu capitaine. Il est affecté  en février 1959 à la 11ème demi brigade en Algérie. Il s’illustre avec son commando en avril dans la haute Medjerda, en mai et en juillet à Ain Zana. En avril 1960, il retrouve le 11ème BPC à Perpignan.  

     

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

En janvier 1962, il est admis dans l’Infanterie de Marine. Dès le mois de juin, il part outre mer au Cameroun. Rapatrié début 1965, il est alors affecté à la mission militaire de coopération à Rabat au Maroc. Il est instructeur commando du 1er BIP et monte le centre commando de Skrirat. En avril 1967 il est promu chef de Bataillon et en octobre il est affecté à l’académie royale de Meknès comme instructeur combat. Il quitte le Maroc à l’été 1968, désigné comme officier de liaison à l’école des troupes aéroportées de Schongau (RFA).

 

En septembre 1971, il est affecté au 1er RPIMa à Bayonne, puis en septembre 1973 il rejoint le 6ème RIAOM à Fort Lamy (TCHAD). Promu lieutenant colonel en 1974, il rentre en France en septembre 1975. En fin d’année il quitte le service actif.

 

Il part alors comme adjoint du directeur des exploitations forestières de la compagnie forestière du Gabon de 1977 à 1985.

En 1985, il se retire à Villelongue de la Salanque ou il s’investit dans de nombreuses activités associatives. 

 

Le lieutenant colonel Roger LEDUCQ était : 

Commandeur de la Légion d’Honneur, 

Officier de l’ONM, 

Titulaire de la croix de guerre des TOE avec 5 citations, 

de la croix de la valeur militaire avec 1 citation,

de la médaille des évadés, 

de la médaille coloniale avec agrafe « extrême orient ». 

 

Je viens d’évoquer le passé glorieux du colonel LEDUCQ et je voudrais, pour terminer parler de notre ami Roger dont on admirait le charisme. Ce « père tranquille » que l’on voyait déambuler dans les rues de Villelongue de la Salanque, ne se vantait jamais de ses exploits militaires et menait une vie exemplaire en son domaine de « BUKAWA » se consacrant à son épouse Alice et à sa famille et prenant plaisir à recevoir de très nombreux amis pour des soirées pleines de joies et d’amitié.

 

Membre très actif du Lions Club, de la Légion d’Honneur, des AET, des Troupes de Marine, des Parachutistes, de la Légion Etrangère et de bien d’autres associations, il assistait à toutes les manifestations avec sa faconde naturelle, son sourire sa gentillesse et son humour et il faisait honneur à sa cravate de commandeur de la Légion d’Honneur.

 

Roger; les nombreux drapeaux présents aujourd’hui et le drap tricolore qui couvre ton cercueil sont le témoignage de la reconnaissance de la France, ta patrie, envers ceux qui l’ont servie, souvent au péril de leur vie. Les nombreux camarades qui ont tenu à t’accompagner aujourd’hui sont la preuve de l’estime et de l’amitié que nous te portions.

 

Adieu Roger, tu t’es battu jusqu’au bout, aidé par Alice, comme tu l’as toujours fait. Tu as ta place au paradis des héros, à toi la gloire, à nous la tristesse et le souvenir.

 

Alice, nous avons pour vous la même affection et la même amitié que nous avions pour Roger. Nous resterons à vos côtés et vous apporterons tout le soutien dont vous aurez besoin. Les membres des différentes associations patriotiques auxquelles Roger adhérait vous présentent ainsi qu’a tous les membres de votre famille, leurs condoléances sincères et attristées. 

 

*****

Obsèques du Lieutenant-colonel Roger LEDUCQ ont eu lieu le 3 août 2017 à Villelongue de la Salanque.
 
​C'est en présence de nombreux amis et Anciens des Associations patriotiques que nous avons conduit le lieutenant-colonel Roger LEDUCQ à sa dernière demeure. C'est, aussi, à la lecture de l'éloge funèbre prononcé par le Colonel Marcel STANGHELLINI que vous appréhenderez ce que fut la carrière de ce grand Soldat.


​"La Légion ne pleure pas ses morts, elle les honore". Pourtant en ce matin du 3 août 2017 nous étions quelques uns à être très tristes, pas de drapeau de l'amicale de la Légion Etrangère.


​Heureusement grâce à Guy RANVIER nous avons pu, au dernier moment, mettre sur le cercueil un fanion du 1er Bataillon Etranger de parachutistes avant de le conduire au cimetière de Villelongue de la Salanque.


​Au cimetière nous n'étions plus que 6 ( Le Col. STANGHELLINI, le président de l'UNP, G. RANVIER, 3 anciens de l'UNP et moi-même), pour rendre un dernier hommage à notre camarade en envoyant le "Boudin". 

​NB: Contrairement à ce que précisait l'avis de décès R.LEDUCQ n'était pas un Ancien de Dien Bien Phu, mais de la RC4.

 

Reçu par courriel de la part du Chef de Bataillon  Jacques BOQUEL

Membre AALE 66 et du réseau de Monsieur Légionnaire

 

Lcl Constantin LIANOS

Président-fondateur de Monsieur Légionnaire et ses réseaux