L’homme qui résista … et pas seulement aux Anglais ! Robert SURCOUF, Corsaire dans l’âme De la quille à la pomme du mât

Écrit par Jean-Noël BEVERINI le . Publié dans Culture.

L’HOMME QUI RÉSISTA … ET PAS SEULEMENT AUX ANGLAIS !

Robert SURCOUF, Corsaire dans l’âme

De la quille à la pomme du mât 

Demain 8 juillet sera l’anniversaire de la mort de Robert Surcouf.

Né le 12 décembre 1773, le dernier grand Corsaire de Saint-Malo mourut en 1827 à l’âge de 54 ans, un 8 juillet.

Dès 13 ans le voilà déjà pieds sur le pont d’un navire de commerce faisant voile vers Cadix. L’histoire, ni Luis Mariano, ne disent si la Belle eut des yeux de velours pour le jeune Robert ! Lui n’en avait  que pour la mer. 

Il ne me semble pas encore avoir entendu clamer à grands cris qu’il convenait de déboulonner sa statue élevée à Saint-Malo car notre fier corsaire pratiqua, un temps, au commerce la traite négrière.  La période est au déboulonnage.  

Quelle vie ! Plus qu’un roman. Toujours à la mer, commandant, chassant tous les navires battant pavillon ennemi et croisant sa route sur toutes les mers et les océans, principalement l’Indien. Mieux valait ne pas le rencontrer en mer ! Un nombre faramineux  de prises apportant ressources financières à l’État, blé, riz et autres denrées saisies pour un pays subissant blocus de ses ports et famine de sa population.     

(Surcouf, deuxième rangée, en couleur, en partant du bas sur la première de couverture de l’ouvrage d’Étienne Taillemite 


Une volonté sans pareille de vaincre

Ou disons la même que celle du grand Suffren dans la marine du Roi. On ne se bat pas  simplement pour combattre ; on combat pour vaincre. 
Le tonnage des bâtiments qu’il commande presque toujours inférieur, la faiblesse presque permanente de ses propres équipages, le nombre réduit de ses canons face à ceux de l’ennemi, redoublaient son ardeur. Il se jette littéralement sur les convois anglais en Océan Indien. Un simple boulet lancé d’en face le pique au vif. Surcouf, c’est l’audace. L’agressivité intelligente. « Il faut avoir une agressivité intelligente » disait à son État-Major un commandant de l’escorteur d’escadre La Galissonnière sur lequel, tout jeune commissaire, j’étais affecté.  Robert Surcouf avait ce gène d’agressivité intelligente dans son ADN.

Mais vaincre avec respect

La marine britannique le reconnaitra et le louera pour cela. Les prisonniers sont respectés. Les passagères des navires objets des prises ne subissent aucune atteinte, ni violence. Une discipline sans faiblesse. Un Chef.

Et détermination même devant les Tribunaux 

Notre corsaire n’a peur de rien. Accusé devant les Tribunaux pour des prises jugées illégales, il fait appel à la Presse et porte le différend sur la scène politique. Agressif et intelligent ! Il refusera le commandement d’une escadre proposé par Napoléon qui l’honore de la Légion d’honneur. Le corsaire malouin tient à son indépendance. Obéir n’est pas davantage dans ses gènes. 
Il meurt à Saint-Servan. Saint-Servan, ville de naissance du commissaire général de la marine Emmanuel Lourdelet dont il me plait de souligner ici, avec émotion, le grand souvenir.  
Ayons donc une pensée, demain 8 juillet, pour notre grand marin. Songeons à sa réplique superbe : 
À un officier anglais lui déclarant :

« Vous français, vous vous battez pour l’argent. Tandis que nous, Anglais, nous nous battons pour l’honneur ».
Surcouf de répondre :
- « Chacun se bat pour ce qui lui manque ».

À Marseille, le 7 juillet 2022

Jean-Noël Beverini

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Apparu en premier sur https://monsieur-legionnaire.org le 8 juillet modifié le 19 juillet 2022

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