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Les actualités de
Monsieur Légionnaire

«Compte rendu de la visioconférence internationale du 12 septembre 2026 donnée par Madame le Professeur Blandine Chélini-Pont avec le thème « Les enjeux de la diplomatie du Vatican» 

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Une visioconférence internationale magistrale ! devant 734 auditrices et auditeurs.AACLE-12-09-26-Blandine-CHELINI-PONT1.png

Compte rendu du Commissaire en chef Jean-Noël BEVERINI:

LES ENJEUX DE LA DIPLOMATIE DU VATICAN

« Le pape, combien de divisions ? »

Telle est la question bien connue de Staline pour démontrer l’absence de puissance et le poids négligeable de la papauté sur l’échelle des États. Il n’y a pas, en effet, de plus petit État indépendant au monde que celui de la Cité du Vatican. D’une superficie de 0,44 km2 pour une population de 800 citoyens, le Vatican est, de plus, totalement enclavé au sein même de la ville de Rome. Combien de divisions ? L’effectif de la Garde suisse pontificale est de … 134 soldats ! 

Face à cet État lilliputien : 1,2 milliard de fidèles répartis sur toute la surface du globe. Et ce petit État entretient des nonciatures dans tous les pays du monde. S’il n’y en a pas en Chine, en Corée du Nord et dans les pays arabes, il existe, même en Afghanistan, des correspondants diplomatiques. C’est en cela que l’on peut précisément parler de diplomatie vaticane. Et de ses enjeux.  

La diplomatie est définie comme la science des rapports mutuels entre les États. Les historiens avancent qu’elle s’est précisément développée à mesure que le rôle de la papauté augmentait, en particulier à partir de la Renaissance. Nous sommes donc avec la diplomatie vaticane dans une très longue et passionnante histoire. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Quels sont, de nos jours, les enjeux de la diplomatie du Vatican ?

Telle est, à la demande du lieutenant-colonel Constantin Lianos, la question à laquelle nous invitait madame le professeur des Universités Blandine Chélini-Pont, ce 12 septembre dernier, en visio-conférence devant les membres de l’Association des Anciens Combattants et Amis de la Légion étrangère, sur le thème :

Les enjeux de la diplomatie du Vatican

Périmètre de la conférence

La conférencière précisait, tout d’abord, que son propos n’avait pas pour objet de traiter de l’insertion du Saint-Siège dans les relations entre États mais de porter sa réflexion sur les déplacements du pape Léon XIV et « sur ce qui se dessine de sa vision du monde derrière ses déplacements ». Ses premiers mots étaient consacrés à une présentation de l’actuel souverain pontife.

Un pape « créole » !

Très proche du pape François et choisi par le Conclave pour lui succéder, Robert Prevost allait poursuivre le travail engagé à la Curie où son prédécesseur l’avait appelé (choix, en particulier, des cardinaux à travers le monde). Nouveau pape, Léon XIV apparait « plutôt conservateur et plus conciliant que François ». Loin d’être un « animal de sang-froid », il possède et exprime une pensée « très carrée ». Le pape, ajoute le professeur, si fine connaisseur du Vatican (une évidence que sa conférence va confirmer) est « caractéristique de ce que l’église américaine peut produire ». Elle rejette l’idée selon laquelle Léon XIV serait un pape plus international qu’américain. Au contraire, affirme - t-elle, il doit beaucoup à cette catholicité américaine qui l’a nourri.  S’il fut pendant 30 ans missionnaire au Pérou, c’est bien un américain.  

Et la conférencière de préciser que ce sont les immigrés catholiques qui ont créé le catholicisme aux États-Unis. Les catholiques étaient, en effet, interdits dans les colonies britanniques. Le culte catholique fut autorisé avec la séparation de l’État et des religions. Robert Prevost descend d’ancêtres amérindiens, africains, italiens … « Un vrai patchwork américain ! ». L’expression est riche et forte. Un pape à double nationalité péruvienne t américaine.

Enfin, il ne faut pas oublier qu’il n’y a que 20% de catholiques aux USA. 

Les voyages pontificaux

Le premier voyage a eu pour destination la Turquie et le Liban. Il y a là une ligne de fracture idéologique et politique.

La Turquie

En Turquie Léon XIV participe au 1700 ème anniversaire du concile de Nicée. Mais tous les participants espérés ne sont pas présents : beaucoup d’églises orthodoxes ont, en effet, rejoint Moscou contre l’Ukraine. Le patriarche de Constantinople a accepté la création d’une église en Ukraine à l’encontre de celle existante. Il s’ensuit une division du monde orthodoxe. La guerre en Ukraine entraine également des conséquences très fortes sur le catholicisme. De plus en plus de pays sont concernés par cet affrontement régional. 

Le pape a défendu l’œcuménisme et la volonté de réunir tous les chrétiens : une géopolitique de l’œcuménisme à travers tous ceux qui sont venus en Turquie ou … qui ne sont pas venus.  

Le Liban

Le Liban est évidemment pris dans la tourmente du conflit avec Israël. L’idée centrale est celle d’une paix oecuménique. Or, les responsables religieux locaux ne favorisent pas la paix mais, au contraire, alimentent les feux : manière, d’un côté, de penser l’existence de l’État d’Israël : négation, de l’autre, du droit à exister pour les populations palestiniennes. Mettre les acteurs religieux du côté de la paix plutôt que de celui de la haine et de la disparition de l’autre !

Difficulté des relations avec les États-Unis d’Amérique

« Trump se verrait bien en pape » 

Et quelle image en illustration !

Léon XIV a pris position sur la politique intérieure américaine et sur la politique extérieure. Songeons à sa critique des déclarations du président des USA sur le Canada ou sur la capture de Maduro, ou encore sa pensée aux antipodes sur le Moyen-Orient. Les catholiques américains se placent du côté du pape. On doit constater une véritable crise au sommet avec les États-Unis. Donald Trump s’est permis de critiquer le pape en le qualifiant de « nul en relations internationales ». On assiste à un retour de l’anticatholicisme. Des mouvements recommencent à avoir un discours de « chasse au pape ».

L’Europe

Lors de son très prochain voyage apostolique en France et à l’UNESCO, Léon XIV se rendra à Metz. Que va-t-il dire ? Sur la paix en Ukraine ? 

Rappelons qu’il a proposé d’accueillir des pourparlers au Vatican. Souvenons-nous qu’il a reçu Zélinsky, qu’il a invité Trump à son couronnement. Il les a fait recevoir tous deux dans la basilique Saint-Pierre. Cela n’est pas sans raison, ni sans esprit. Ne va-t-il pas inviter les chrétiens à s’engager pour une paix en Ukraine ?

De plus, le pape manifeste clairement la volonté de sauver l’unité contre le nationalisme de l’église russe. Poutine a dû se rendre 5 ou 6 fois au Vatican. Les services diplomatiques du Saint-Siège continuent à entretenir des relations avec la Russie pour avoir un poids sur les négociations présentes et à venir. S’il n’y a aucune réponse de la Russie, le Vatican persiste à défendre :

- Le droit international pour instaurer la paix,
- Le droit humanitaire pour le respect des populations,
- La migration comme un droit humain,
- L’écologie et la mise en place de mécanismes économiques justes et conformes à la doctrine sociale de l’église.

Les fractures au sein du monde catholique

Une véritable fracture de fond s’est développée entre :

- « Le catholicisme de formation »
  et
- « Le catholicisme de mouvement ».

Être catholique, est-ce « être dans la société » ou conserver un patrimoine spirituel et ne pas toucher aux formes ? Des églises continuent aujourd’hui à se créer : si l’on fait le compte, avec les églises orientales, protestantes … on en dénombre 350. Les Pentecôtistes, par exemple, réuniraient 400 millions de fidèles.

« Ce serait un mythe de vouloir revenir au christianisme antique ». Et la conférencière d’éclairer le parcours de l’église catholique dans sa conquête d’indépendance à l’égard du pouvoir politique. L’analyste du temps présent laisse alors un instant la place à l’historienne.  Le plaisir d’écouter l’une est égal à celui d’écouter l’autre. Le pouvoir temporel de la papauté a été remis en cause après-guerre. L’église catholique est devenue indépendante. Indépendante des pouvoirs. Ce qui, par exemple, n’est pas le cas du Patriarcat de Moscou dépendant du Kremlin avec des conséquences très profondes sur le monde orthodoxe.

De fait, le pape se fait « le porte-parole d’un message qui ne dépend de personne ». Sa parole, en ce sens, ressemble à celle de l’ONU et cette parole qu’il délivre suscite la confiance. Sa volonté de dialogue repose sur une pensée claire et « carrée ». Ce n’est pas la première fois que la professeure qualifie de « carrée » l’expression de Léon XIV. À titre d’exemple supplémentaire, il a pu dire à l’Algérie : Arrêtez votre sentiment victimaire ! C’est très fort. 

Exemple supplémentaire : à la nomination d’évêques par la Fraternité saint Pie X, il convient de rappeler que la prérogative pontificale de nomination des évêques est fondatrice de l’unité de l’église. Sinon la rupture est actée.

À quelques jours de la visite de Léon XIV en France et à l’UNESCO, cette conférence s’avère particulièrement bienvenue. Hasard du calendrier et de la programmation des visio-conférences par le président Constantin Lianos?  Hasard, également, que cette réflexion si riche soit délivrée par la conférencière douze jours avant le départ de son père en date du 24 septembre 2024, le si connu et regretté professeur Jean Chélini ? 

Qu’il me soit permis de souligner ici la profonde admiration et l’amical attachement que je portais  et porte au professeur Jean Chélini dont il est inutile de rappeler la hauteur de l’historien, la qualité de l’enseignement, la profondeur des ouvrages et son investissement  dans de si nombreuses actions et responsabilités dont je ne citerai qu’une : celle d’avoir fait rayonner la si digne Académie des Sciences, Lettres et Arts de Marseille lorsqu’il présidait à ses destinés en tant que Secrétaire perpétuel. J’ai reconnu dans sa fille la digne héritière de son père.

Que madame le professeur Blandine Chélini-Pont soit remerciée pour son intervention sur un thème peu abordé au sein de notre association mais si indispensable à la compréhension de notre monde.

Et merci également à notre cher président, le lieutenant-colonel Constantin Lianos.

À Marseille, le 12 septembre 2026
Jean-Noël Beverini

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Ci-après le lien vers les photos de la visioconférence du 12 septembre réalisé par le Lcl Christian SABATIER :
Remerciements :
Un grand merci au Professeur Blandine CHELINI-PONT pour son intervention, au Cre en chef Jean-Noël BEVERINI pour con compte rendu et à tous les auditrices et auditeurs qui on suivivi en direct cette visioconférence internationale.
Fleche 2Prochaine visionconférence internationale aura lieu le samedi 10 octobre 2026 avec le thème : 

Nos visioconférences sont non publiques et gratuites, l'inscription est obligatoire en acceptant les conditions de (l'application Zoom version gratuite) et les consignes de l'organisateur. 

- Inscription auprès du Lcl Constantin LIANOS à son adresse courriel : constantin.lianos(at)monsieur-legionnaire.org
- Le compte rendu écrit sera réalisé par le Professeur José d'ARRIGO,
- La couverture photos sera assurée par le Lcl Christian SABATIER,
Messages de soutien :
Le 17 sept. 2026 à 06:18, Didier Chabaillé  a écrit :
Je remercie notre président pour cette visioconférence et le rapporteur pour le résumé.
Évidemment mes remerciements à la conférencière. 
Didier CHABAILLÉ
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Fidèlement, 
Constantin LIANOS, 
Président-fondateur de l’AACLE, de la CSALG, de ML et ses réseaux. 
Texte et photos © Constantin LIANOS et Monsieur-Légionnaire
Appeared first in https://monsieur-legionnaire.org  September 12th 2026
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