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Monsieur Légionnaire

Molière !

Il y a quatre siècles naissait à Paris, en 1622,

Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière.

Tu nous manques, Molière !

Moliere

Quatre cents ans après, que ne naît un Molière,

Un nouveau Poquelin, un nouveau Jean-Baptiste

Pour à nouveau pourfendre d’une verve princière

Nos travers et nos mœurs par bien trop fantaisistes ?

Il est tant de ministres et tant de politiques

Que tu aurais, Molière, si grand plaisir à prendre

Pour de nouveaux modèles de tes vers satiriques

Et, sur tes chères planches, les choisir pour les pendre.

Qui serait aujourd’hui « Le docteur amoureux »

Qui n’a pas d’yeux plus doux que pour ses chers vaccins ?

Quel est en Pandémie le mot le plus heureux :

« Découvrez votre épaule » ou  « cachez moi ce sein ? »

L’illustre comédien n’aurait-il pas changé

Le titre de sa pièce  «  Le mariage Forcé »

Pour une autre version « Le vaccin obligé » ?

Nous aurions vu Scapin se faire transpercer

D’une aiguille le bras et tout fort s’écrier :

« Je me suis fait piquer, non par crainte de mort

Mais pour fuir la disgrâce d’être pestiféré,

D’être maudit de tous et de tous mis dehors ».

« Panulphe ou l’Imposteur » changerait-il de titre ?

Monsieur de Pourceaugnac devant ses médecins

Qu’il prenait, il est vrai, pour de sinistres pitres,

Pourrait-il déclarer : «  Mais je me porte bien ! » 

Molière, tu nous manques. Ne peux-tu revenir 

Pour mettre de l’audace, du rire et de l’humour

Dans ce triste présent et pour notre avenir ?

Imaginaires ou pas, serons-nous donc toujours

Des malades d’espoir, des malades d’amour ?

La seule issue, dis-nous, est-ce donc un vaccin

Cent fois multiplié ? Que dis-tu Poquelin ?

 

À Marseille, le 14 janvier 2022

Jean Lary de Fortuné

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