Compte rendu la conférence en présentiel sur « l’état des lieux de notre Sécurité Intérieure. Un bilan mitigé » du 28 mars 2026
Sécurité intérieure : Un bilan catastrophique !
Le vertige des chiffres, le tourbillon des crimes et délits, l’incompétence de nos élus, la submersion migratoire régulière et irrégulière (plus d’un million de personnes par an en France), la menace islamiste, la montée de la violence partout et en tous lieux : les nombreux spectateurs présents à la conférence sur la sécurité intérieure proposée à Marseille ce samedi 28 mars au siège de l’association des anciens combattants et amis de la Légion Etrangère par le président Constantin Lianos sont restés pantois en écoutant le constat implacable dressé avec brio par le commissaire divisionnaire honoraire Claude Dupont.
Cette conférence a eu le mérite essentiel de se fonder sur des statistiques officielles du ministère de l’Intérieur, donc d’être crédible et audible. Elle s’est également déroulée sous l’égide de l’association Défense Police dont le président Gérard Curnier était présent ainsi que son adjoint Claude Dupont, auteur d’un « one man show » très éloquent sur le bilan catastrophique de nos forces de sécurité intérieure. Le commissaire, très modéré dans l’ensemble, avait intitulé sa conférence : « bilan mitigé », mais il s’est corrigé lui-même avec l’aide du lieutenant-colonel Constantin Lianos et a reconnu que le mot «catastrophique » était nettement plus approprié à la réalité de la situation française.
Il a commencé par citer Georges Clémenceau, créateur des « brigades du Tigre », c’est-à-dire de la police judiciaire, qui aimait à dire : « Le gouvernement a pour mission de faire que les bons citoyens soient tranquilles et que les mauvais ne le soient pas ». Les bons citoyens français peuvent-ils se promener tranquilles le soir dans les rues ? Réponse non. Les mauvais citoyens sévissent-ils en toute quiétude dans 1500 quartiers de non droit ? Réponse oui. Leur sentiment d’impunité est total. Et les « chocs d’autorité » préconisés par nos rituels candidats aux élections présidentielles finissent toujours en eau de boudin.
Tous les chiffres cités par le commissaire divisionnaire honoraire Claude Dupont sont au rouge vif. L’augmentation de la criminalité et de la délinquance est en hausse exponentielle chaque année. C’est ce qu’on appelle « l’ensauvagement » de la société française. Plus de trois millions 300 000 crimes et délits ont été constatés et des milliers ne l’ont pas été pour la bonne raison que de nombreuses victimes d’atteintes aux personnes ne vont même plus déposer une plainte car « cela ne sert plus à rien ». Seules les atteintes aux biens sont systématiquement signalées aux forces de l’ordre car les assurances exigent une plainte en bonne et due forme pour assurer le remboursement des victimes.
C’est ce qu’on appelle le « chiffre noir » de la délinquance, celui qu’on appelle dans le commerce la « démarque inconnue » : les atteintes aux biens et aux personnes non recensées multiplieraient facilement par trois les statistiques officielles. Il est vrai qu’on fait dire ce que l’on veut aux chiffres, il suffit de les tordre du bon côté disait Charles Pasqua. Mais aujourd’hui, le désordre en France est si évident, si manifeste, qu’on ne peut plus masquer grand-chose. Oui, le commissaire Dupont a raison de souligner que la délinquance des mineurs est de plus en plus violente avec ses attaques en meute au couteau pour des raisons anodines. Il a raison d’expliquer que le code de justice pénale instauré en 2021 à la place de l’ordonnance de 1945 a connu un « fiasco complet ».
Les mineurs semblent vivre d’après Claude Dupont dans un « monde virtuel », celui de Tik-Tok avec leur addiction aux jeux vidéo extrêmement violents où l’on tue sans ciller des dizaines d’individus à la minute. Lorsqu’ils saccagent les locaux de la mairie de Fresnes le soir du 27 mars 2026 pour mettre, semble-t-il, la pression sur le maire élu on voit très nettement sur les images de la télé-surveillance que l’un d’entre eux filme les exactions de ses camarades pour revivre ensuite le frisson en « live » de leurs « exploits ».
Les violences « urbaines » se multiplient aussi à la suite d’un refus d’obtempérer suivi d’une arrestation dans l’un des 1500 quartiers hostiles à la république française où les forces de l’ordre doivent battre en retraite neuf fois sur dix sur ordre express de leur hiérarchie. On piège les policiers ou les gendarmes dans des guet-apens « pour se faire du flic ». On a affaire, avec les « black-blocks » par exemple à des casseurs professionnels, des virtuoses de la guérilla urbaine dont le seul objectif est de blesser, voire de tuer, des policiers ou des gendarmes en utilisant contre eux des mortiers d’artifice, des projectiles contondants, des cocktails molotov ou des armes à feu.
Claude Dupont ne pouvait pas ne pas évoquer l’explosion du trafic de drogue partout en France, mais singulièrement à Marseille où la Mafia algérienne règne en maître. Le problème majeur de cette économie « parallèle » c’est qu’elle n’est plus parallèle du tout et qu’elle s’infiltre dans tous les interstices possibles et imaginables de l’économie réelle. On ne peut pas encore évaluer l’étendue de la corruption de fonctionnaires qui permettent aux trafiquants de drogue de s’en sortir à bon compte. Il ne s’agit pas seulement de graisser la patte de certains surveillants pénitentiaires, mais aussi de magistrats, de juges, d’avocats, de femmes de ménage, d’huissiers, d’élus, d’agents publics, de douaniers portuaires, de dockers, de policiers, de journalistes, tous peuvent avoir leur utilité opérationnelle pour les voyous qui gagnent un argent fou.
On pourrait croire que la guerre est déclarée en haut lieu contre le narcotrafic depuis l’instauration de la loi du 16 juillet 2025 visant les trafiquants et leurs biens accumulés grâce au blanchiment de l’argent sale. Ils réinvestissent le produit de leur trafic dans des échoppes de nuit, des laveries (comme Al Capone), des barbiers, des salons de coiffure, des Kébabs, des salles de sport ou de fitness. L’essentiel n’est pas de gagner de l’argent, c’est de blanchir au moins la moitié des sommes gagnées grâce aux toxicomanes qui font la queue en toute impunité dans les cités de la drogue pour acquérir leur « produit ».
L’ennui avec la nouvelle loi, très louable dans ses intentions, c’est que seulement six décrets d’application ont été signés sur 36 au total et ce, huit mois après sa promulgation ! On comprend que les hauts fonctionnaires s’arcboutent sur leurs prérogatives pour empêcher le législateur d’édicter des lois conformes aux vœux d’une majorité de Français exaspérés par le laxisme des juges.
Pour la répression des attentats potentiels, on a décrété « l’urgence attentats » en France : voyez-vous pour autant se multiplier les rondes de Vigipirate ? Réponse non. Voyez-vous les lieux de culte catholique, protestant, juif, ou bouddhiste mieux protégés par la police ? Réponse non. Avez-vous entendu parler des suites données aux attentats déjoués en France, notamment lors des jeux olympiques de Paris ? Que sont devenus leurs auteurs potentiels ? On n’en sait rien.
Face à ce tsunami permanent d’insécurité, les moyens engagés par le gouvernement ne sont pas à la hauteur. Ils sont même dérisoires au regard des enjeux. Le ministère de l’intérieur, en 2008, a totalement déshabillé les effectifs de la police, de la gendarmerie et de la douane. Et l’on n’a toujours pas réussi à combler le retard en recrutement. Comment voulez-vous lutter à armes égales ? Surtout quand on refuse aux forces de l’ordre d’instaurer enfin la présomption de légitime défense qui leur permettrait de ne plus hésiter à sortir leur arme de service en cas de danger pour leur propre vie.
Le général de brigade Jean-Paul Andreoli, toujours placide et modéré dans ses commentaires, a eu le mérite de conclure cette brillante conférence sans se laisser emporter par l’indignation. Il a avoué à demi-mot ne pas avoir de certitude sur les effets d’une répression accrue et sur l’ensemble des paramètres à maîtriser pour améliorer la sécurité et la tranquillité de nos compatriotes. Il a rappelé que l’armée contribue déjà à la lutte contre le trafic de drogue en mer et en l’air grâce à des interventions ciblées contre les trafiquants internationaux, en particulier dans les Caraïbes.
Il a déploré, comme le commissaire Dupont, la démotivation générale des effectifs policiers dont le travail est de plus en plus difficile : il suffit de voir la multiplication effrayante des refus d’obtempérer dans notre pays pour se rendre compte du déclin général de l’autorité. Le général Andreoli va plus loin : il reconnait honnêtement qu’il n’a pas de remède-miracle et qu’il ne voit poindre à l’horizon 2027 aucun homme providentiel susceptible de remettre en marche notre société : « non, le chantier est immense et je ne vois pas comment on va s’en sortie », a-t-il estimé.
Honnêtement, je ne vois pas non plus le bout du tunnel car toute remise en ordre énergique de notre pays entraînerait, de nouveau, des émeutes incendiaires dans les quartiers de la Nouvelle France et personne ne peut souhaiter que des portions entières du territoire soient à feu et à sang.
José D’Arrigo






Cérémonie :
Cérémonie aux Morts
À la mémoire :
- L’Adjudant-chef Jean-Jacques SCHWEBEL, ancien prisonnier de DBP à l’âge de 90 ans à l’hôpital de Gap
- de l'adjudant-chef Arnaud FRION en opération extérieure en Irak Mort pour la France.
- et du policier de la Compagnie Républicaine de Sécurité autoroutière de Champigneulles mort dans l’exercice de ses fonctions dans la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 mars 2026. Mort en service







Pour faire suite cette conférence-débat, j'ai l'intention d'inviter prochainement le Commissaire Général Frédéric LAUZE, Secrétaire général du Syndicat des commissaires de la Police Nationale, avec dédicaces de son livre, le titre est : «Insécurité : Stop à la descente aux enfers» Editions Fayard - octobre 2025. Co-écrit avec Frédéric PLOQUIN, journaliste d'investigation.


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