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Les actualités de
Monsieur Légionnaire

Assassinat et  prise en otage de citoyens français

Fermeté ou faiblesse ?

                  Prudence ou impuissance ?

                                   Décision ou inaction ?

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Des citoyens français, hommes, femmes et enfants, ont été tués il y a une semaine. D’autres, femmes, hommes et enfants également, sont pris en otage. Comment la France réagit-elle ? Que l’Histoire nous apprend-elle ?   Un exemple. 

 En août 1839, trois missionnaires français présents en Corée sont arrêtés, torturés puis décapités. Le gouvernement coréen vient de décider d’éradiquer le catholicisme de son sol. Vingt sept ans plus tard, en 1866, nous sommes sous le règne de Napoléon III, l’évêque de Corée, monseigneur Siméon-François Berneux est à son tour arrêté, torturé et décapité le 7 mars. Suivent les massacres de huit autres prêtres et de très nombreux fidèles et sympathisants. 

Face à l’absence de réaction en 1839 et devant ce nouveau massacre la France de Napoléon III décide alors de réagir, non par des déclarations grandioses et emphatiques, mais de façon énergique. L’amiral Pierre-Gustave Roze, pour qui l’affaire ne l’était pas, commandant la Division navale des mers de Chine, appareille le 11 octobre 1866 avec une escadre de sept bâtiments : une frégate, deux corvettes, deux avisos, deux canonnières et des jonques. Les fusillés marins de la Force, au nombre de 170, débarquent en Corée le 14 octobre 1866.

Réaction du chef de l’État, il y a 157 ans.

 Le 14 octobre 1866, il y a 157 ans, les fusiliers marins débarquent en Corée, se saisissent et occupent l’île coréenne de Ganghwa, poursuivent leur action sur d’autres îles et sur le continent avant de se retirer, l’amiral Roze déclarant :

Le meurtre de nos missionnaires a été vengé ». 

 Questionnement

 À la lumière de ce rappel historique est-il pertinent de s’interroger sur la réaction de la France face à l’assassinat de ses ressortissants et à la prise en otage de ses citoyens ?

Le meurtre hier du professeur de français Dominique Bernard, enseignant à Arras, les attentats du Bataclan le 13 novembre 2015, ceux de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher, le meurtre du Père Jacques Hamel égorgé le 26 juillet 2016, celui du colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame le 24 mars 2018, l’assassinat par décapitation du professeur Samuel Paty le 16 octobre 2020, sans parler de celui des moines de Tiberine … et la longue et sanglante liste des victimes françaises des attentats à Paris, à Nice et dans d’autres villes de France que je ne saurais ici énumérer mais non oublier, ne sont-ils pas de nature à nous interpeller sur la réponse apportée aujourd’hui par la France ?

Que vaut la vie d’un français ?

 Que vaut la vie d’une française, d’une mère de famille, d’un père, d’un fils et d’une fille de France ? Que vaut la vie d’un citoyen ? Que vaut la vie d’un enseignant ? Que vaut la vie d’un militaire ? « Tous les hommes naissent et demeurent égaux en droit ». Tous sont-ils égaux dans la protection que leur accorde l’État ?

Les paroles sont essentielles. Les actes ne le sont-ils pas davantage ? Être dans l’empathie pour les victimes, est-ce suffisant ? Est-ce noble ? Faire des minutes de silence, est-ce utile ou ridicule dans les circonstances ? Le silence est-il suffisant ? Et il ne dure qu’une minute !

Déployer la Force Vigipirate, si digne pour nos armées, est-ce une réponse admirable ? Ne convient-il pas de passer à un état d’action ? Le mot « action » a t-il encore un sens ? 

Plus que de meurtres et de prises d’otages français, c’est la France qui est assassinée et prise en otage. Quelle réponse ?

À Marseille, le 14 octobre 2023

Jean-Noël Beverini 

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