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Les actualités de
Monsieur Légionnaire

Le Sémaphore du 26 juin 2026 «Indopacifique et Taïwan : avancées»

Pour le Sémaphore du 26 juin 2026 : (Géopolitique)
«Indopacifique et Taïwan : avancées»
Focus du colonel André Dulou (membre à vie de l'AACLE).
 
La Chine est défiée par cette île, dont le nom ne lui est pas étranger, puisque Taïwan, en Chinois, se traduit par « Chine ».
La position stratégique de Taïwan, que ce soit en géopolitique, en économie ou en discipline de défense, est un défi, un enjeu, mais également une convoitise que l’on devrait qualifier de « naturelle ». Or, les voisins de Taïwan, iliennes et iliens, Japon et Philipines, portent leur intérêt vers cette île, car justement sa présence constitue dans ce que les spécialistes nomment l’Indopacifique, un élément majeur qui permet d’apprécier les conditions potentielles d’une menace, les avancées diplomatiques étant doublées la plupart du temps par des conditionnements de défense, économique, civile et militaire.
Taïwan a été comparée dans son essence, à l’Ukraine, et les positions chinoises à celles de la Russie. Est-ce vraiment dans ce genre de comparaisons qu’il faut puiser les avancées de Taïwan vers une paix à trouver, laquelle engloberait,  dans une évidence peut-être trompeuse, les voisins, qu’ils soient petits ou grands.
Le bellicisme affiché des continentaux, chinois, nords-coréens, et même indiens, se heurte aux conditions de défense des iliens, Taïwan compris. Et quand les Etats-Unis s’intéressent à Taïwan, c’est aussi dans une avancée industrielle de premier plan : les semi-conducteurs. 
Il apparaît une « montée des tensions » qui contraint les acteurs à trouver les parades opportunes, quelles soient de réarmement ou de « solidarité active ». Revoir et rectifier les écarts capacitaires est d’une complexité qui contraint les budgets à la révision en permanence, dans le cadre des économies de guerre. Aussi est-il d’un intérêt quasi mondial de prendre avec sérieux ces forces de toute nature, pour que l’Indopacifique ne s’embrase pas : et la devise de préparer la guerre si l’on veut la paix semble bien à l’ordre du jour.
Bonne réflexion ! 
PAGE D’HISTOIRE DU SEMAPHORE :
26 juin 1945 Fondation de l'ONU  (Hérodote, André Larané, 26 juin 2026)
Réunis à San Francisco, en Californie, les représentants de 51 pays fondent le 26 juin 1945 l’Organisation des Nations Unies (ONU).
Promise dès 1941 par Roosevelt et Churchill, l'ONU remplace la Société des Nations (SDN).
Issue de la Première Guerre mondiale, celle-ci avait failli dans sa mission de paix en partie parce que les États-Unis avaient renoncé à y entrer.
L'ONU naît alors que l'Allemagne vient de capituler et que se poursuit la guerre contre le Japon. Son siège est fixé à New York, preuve que les États-Unis sont cette fois décidés à assumer leurs responsabilités mondiales.
Les trois piliers de son organisation sont :
- 1) l'Assemblée générale (193 membres en 2023, avec le même droit de vote, qu'il s'agisse de l'immense Chine ou du micro-État de Nauru !),
- 2) le Secrétariat général, en charge de l'administration (10.000 fonctionnaires et un budget de 4 milliards de dollars),
- 3) le Conseil de sécurité.
Le Conseil de sécurité réunit dix membres tournants et des membres permanents. Aux quatre membres permanents de 1945 (États-Unis, URSS/Russie, Royaume-Uni, France) s'ajoute aujourd'hui la Chine.
Le Conseil peut sanctionner des États fautifs et même autoriser une action militaire comme ce fut le cas en 1991 suite à l'invasion du Koweit par l'Irak, mais sa capacité d'action est limitée par le droit de veto des cinq membres permanents.
À la différence de la SDN, l'ONU dispose d'une force militaire, les « Casques bleus ».
REVUE DE PRESSE DU SEMAPHORE : 
Relations internationales :
Les grandes manœuvres Chine/Japon/Philippines ont commencé autour de Taïwan (Asialyst, 19 juin 2026, Pierre-Antoine Donnet)
Le Japon et les Philippines ont annoncé fin mai la conclusion d’un accord de partenariat inédit portant sur la délimitation d’espaces maritimes dans des îles géographiquement sensibles car proches de Taïwan. Cet accord a suscité la fureur de Pékin qui a conduit peu après des manœuvres maritimes d’ampleur, dont certaines inédites. Des épisodes qui illustrent les tensions croissantes dans une zone devenue l’épicentre de rivalités géostratégiques mondiales.
Tout a commencé avec l’annonce le 28 mai à Tokyo par la Première ministre du Japon Sanae Takaichi et le président philippin Ferdinand Marcos Jr. d’un accord dont le but principal affiché est de délimiter les droits maritimes des Zones économiques exclusives (ZEE) des deux pays qui, à certains endroits, se chevauchent.
Une ZEE est une zone maritime s’étendant jusqu’à 200 milles marins à partir de la ligne de base d’un État côtier. Au sein de cette zone, les pays disposent de droits souverains pour explorer et gérer les ressources. En apparence, rien donc de plus normal.
Mais cet accord marque le lancement de négociations entre les deux pays voisins de Taïwan sur le tracé de leur frontière maritime, non résolu jusque-là entre les îles au sud-est du Japon et au nord des Philippines. Il prévoit également le partage de renseignements militaires, une aide logistique de nature militaire de la part du Japon aux Philippines et la possible livraison à ce pays de matériels militaires japonais.
Outre que cet accord consacre la poursuite d’un net rapprochement entre Tokyo et Manille, pour la première fois des négociations internationales portent sur des zones maritimes situées sur le flanc est de Taïwan, ce que Pékin n’aura pas manqué de noter avec inquiétude.
Taïwan va organiser cinq jours d'exercices de préparation au combat (Boursier, avec Boursorama, 22 juin 2026)
TAIPEI, 21 juin (Reuters) - L'armée taïwanaise organisera cette semaine un exercice de préparation au combat de cinq jours, a annoncé dimanche le ministère de la Défense, dans le cadre de ses plans de modernisation visant à réorienter son entraînement vers des exercices plus réalistes, simulant des situations de guerre.
Il y a dix jours, les autorités maritimes de l'île, sur laquelle la Chine revendique sa souveraineté, ont dit qu'elles ne toléreraient pas les tentatives de Pékin de donner l'impression qu'elle exerce sa juridiction sur les eaux de Taïwan.
Selon les autorités de Taïwan, les forces armées chinoises opèrent régulièrement dans les airs et en mer autour de l'île afin de faire pression sur celle-ci pour qu'elle accepte la souveraineté chinoise.
L'armée taïwanaise a commencé à baser certains de ses exercices sur un scénario selon lequel la Chine transformerait l'un de ses exercices réguliers autour de l'île en une véritable attaque.
ECONOMIE :
Budget européen 2028-2034 : la guerre des milliards est lancée ( Euractiv, Nicoletta Ionta/Victoria Becker, 23 juin 2026)
La bataille autour du prochain budget de l’UE entre dans une nouvelle phase, maintenant que certains chiffres sont enfin sur la table. Ceux relatifs aux dépenses, présentés par la présidence chypriote dans un « dossier de négociation », ont donné aux Vingt-Sept l’indication la plus claire à ce jour sur la manière dont un budget de près de 2 000 milliards d’euros pourrait être réparti.
Toutefois, il est très peu probable que ces chiffres restent inchangés, car la conclusion d’un accord budgétaire pour la période 2028-2034 est régulièrement décrite comme la négociation politique la plus difficile de l’UE, exigeant, selon les termes de hauts fonctionnaires, « du sang versé ».
Les batailles à venir opposeront les partisans de la rigueur budgétaire, désireux de réduire leurs contributions nationales à l’UE, aux pays qui bénéficient de ces dépenses, ainsi que les défenseurs des programmes de financement traditionnels, tels que les subventions agricoles, à ceux qui font pression en faveur de nouvelles priorités telles que la défense, la compétitivité et l’autonomie stratégique.
L’ambition de parvenir à un accord avant la fin de l’année devrait être réaffirmée par les dirigeants de l’UE, vendredi, lors du sommet européen à Bruxelles, même si le chemin à parcourir s’annonce long et semé d’embûches.
Les négociations ne pourront en effet aboutir que lorsque chacun des 27 dirigeants de l’UE, disposant tous d’un droit de veto, aura donné son accord sur un accord où des centaines de milliards sont en jeu.
Qui sont les principaux camps, et pour quoi se battent-ils exactement ?
Le club des « modernisateurs »
L’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche, la Finlande et la Suède, dits « frugaux », plaident en faveur d’un budget européen nettement réduit.
DEFENSE ET SECURITE :
ChapsVision choisi par la DGSI : un choix souverain important pour la France ( Le portail de l’IE, Adrien Ramel, 22 juin 2026)
Dans un contexte de montée en puissance des enjeux de souveraineté numérique, le choix de la DGSI de se tourner vers ChapsVision marque un basculement discret mais important dans l’appareil sécuritaire français. En remplaçant progressivement Palantir, entreprise américaine utilisée depuis 2015, par une solution française, l’État cherche à reprendre la main sur un outil devenu central dans le traitement de données massives liées au renseignement intérieur.  La DGSI a décidé de remplacer progressivement le logiciel d’analyse de données de l’américain Palantir par la solution Argonos du français ChapsVision, actant un tournant discret mais majeur vers une souveraineté numérique revendiquée. Annoncé le 16 juin 2026 par Sébastien Lecornu, ce choix intervient à peine six mois après le renouvellement pour trois ans du contrat avec Palantir, révélant un revirement rapide sous la pression du débat sur les dépendances critiques vis-à-vis des technologies américaines. Soutenue par l’État et déjà choisie par d’autres services européens, ChapsVision s’est imposée en quelques années comme un acteur central de l’OSINT et de l’analyse de données massives, en particulier après l’acquisition d’Owlint. En lui confiant le cœur de son « système d’exploitation de données », la DGSI cherche à ancrer ses capacités de corrélation et de visualisation de données sensibles dans un écosystème industriel français présenté comme plus maîtrisable juridiquement et techniquement qu’un acteur soumis au droit extraterritorial américain. Ce repositionnement relève autant d’une logique de sécurité nationale que d’une stratégie d’intelligence économique : l’État utilise ses besoins pour faire émerger un champion national capable de concurrencer les géants américains et de structurer un marché européen du renseignement numérique. Mais la transition reste entourée d’opacité sur le calendrier, la cohabitation avec Palantir et les garanties offertes en matière de libertés publiques, posant la question du contrôle démocratique de ces nouvelles « boîtes noires » souveraines. 
AUTRES ARTICLES A LA UNE :
-       « Imposture. Identifier les usurpateurs du débat public au temps des algorithmes », d’Aurélie Jean ( Revue Conflits, 23 juin 2026, Jojan Rivalland)
  • Dans ce livre instructif et rafraîchissant, Aurélie Jean éveille notre attention et nous invite à nous interroger sur l’identité et les compétences réelles de ceux que l’on présente trop souvent comme des experts.
  • Sur internet comme sur les plateaux de télévision, elle interroge les méthodes employées pour véhiculer quantité d’idées ou de prédictions dont les fondements ne sont ni avérés ni vérifiables.
  • Autrement dit, dès lors qu’on pousse l’analyse : ce que l’on peut appeler des impostures.
Aurélie Jean, Imposture. Identifier les usurpateurs du débat public au temps des algorithmes, Éditions de l’Observatoire, avril 2026, 160 pages.
Ce que l’auteur de ce livre dénonce ici, se basant sur sa propre observation de spécialiste de modélisation algorithmique, est la propension des médias à inviter par exemple – comme elle le raconte dès les premières lignes – un ensemble d’intervenants présentés à tort comme des experts à l’occasion d’un débat télévisé sur l’intelligence artificielle. Stupeur lorsqu’elle constate qu’aucun des huit invités n’est réellement expert en ce domaine. Pire, certaines des visions défendues sont d’ordre fantasmagorique ou catastrophiste, déconnectées de toute réalité. Comment, dès lors, prétendre informer les spectateurs ? Ne s’agit-il pas plutôt là en partie de désinformation, voire de manipulation de l’opinion ? L’affaire n’est pas si anodine qu’il y paraît, surtout quand cela touche de nombreux domaines et sujets de fond…
Des conséquences néfastes
Car, en effet, si la prédominance des idées et de ce qui façonne l’information et l’opinion est accordée à ceux qui maîtrisent le mieux l’art de la parole et de la posture, alors on se trouve bien dans le registre de… l’imposture. Un état de fait qui, selon Aurélie Jean, tend à se généraliser dans les nombreux médias qui, pour reprendre le titre d’un ouvrage d’Ingrid Riocreux de 2016, pratiquent ce que l’on peut appeler la destruction du langage et la fabrication du consentement.
Le remplacement des 6 frégates Floréal françaises, un sujet bien plus complexe qu’il n’y paraît ( Metadéfense, 23 juin 2026, Fabrice Wolf)
La séance du 21 avril à l’Assemblée nationale a confirmé la prolongation des frégates de surveillance au-delà de leur horizon initial et l’arrivée d’un nouveau patrouilleur outre‑mer à La Réunion en 2027. Derrière ces annonces, en apparence techniques, se joue l’équilibre d’une présence navale étendue sur trois océans avec des moyens hérités d’une autre époque, alors que les demandes de jours de mer augmentent et que les choix capacitaires, industriels et budgétaires se resserrent.
Les frégates de surveillances classe Floréal prolongée au-delà de 2032
La Marine nationale, seule en Europe à maintenir en permanence des bâtiments de surface dans l’Atlantique, l’océan Indien et le Pacifique, s’appuie sur des patrouilleurs outre‑mer et sur six frégates de surveillance de type Floréal. Conçues au début des années 1990 pour des zones dites de faible menace, ces frégates disposent d’une grande autonomie mais d’un armement limité à un canon de 100 millimètres, quatre missiles antinavires MM38 Exocet, de l’artillerie légère et d’un hélicoptère moyen. Elles ne sont dotées ni de défense antiaérienne, ni de capacités anti‑sous‑marines.
La montée des tensions dans l’Indo‑Pacifique et dans l’océan Indien met en lumière cet écart capacitaire. Dans ce contexte opérationnel, la ministre des Armées a rappelé la réalité du tempo dans la zone sud de l’océan Indien avec une donnée simple et vérifiable. « Aujourd’hui, 70 jours de mer par an sont assurés dans la zone sud de l’océan Indien par six bâtiments, qui mettent à profit l’ensemble de leurs missions, y compris les ravitaillements aux îles Éparses, pour contribuer à la surveillance de Mayotte » a déclaré Catherine Vautrin en commission, le 21 avril.
EN LANGUE ETRANGERE :
AU JOURNAL OFFICIEL :
Décret n° 2026-525 du 22 juin 2026 modifiant le code des juridictions financières
Décision n° CS-02 du 6 mai 2025 de la commission des sanctions de la Haute Autorité de l'audit portant modification de son règlement intérieur
 
Un  grand merci au Colonel André DULOU pour ce Sémaphore.  
Constantin LIANOS, Président-fondateur de l'AACLE
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